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/V 448422
f4f\
3780
Bas
LES
MOSAÏQUES CHRÉTIENNES
DU MÊME AUTEUR
ET POUR PARAITRE SUCCESSIVEMENT
I^s Mosaïques chrétiennes
Eomc,
MIUd,
EavcDDe,
¥cDlse,
Palcrmc,
Florence.
PARIS.— IMPRIMBBIB PE J. CLAYE, RD B S AINT-B KNOIT , 7.
LES
MOSAÏQUES CHRÉTIENNES
DES
BASILIQUES ET DES ÉGLISES
DE ROME-.
DÉCRITES ET EXPLIQUÉES
PAR
HBjraitf BAHBST BS JOUT
/HBjrai^
CONSERVATEUR ADJOINT DES ANTIQUES ET DE LA SCULPTURE MOBERNE
AU MUSÉE IMPÉRIAL DU LOUVRE
PARIS
LIBRAIRIE ARCHÉOLOGIQUE DE VICTOR DIDRON
RUE SA1NT-D0M1NIQIJE-SAINT-6FRMAIN , 23.
MAI MDCCCLVII
•■5/
A/A
37Sû
3^3
INTRODUCTION
J'ai voulu me rendre utile aux Français
qui visitent Rome, en écrivant pour eux une
description des mosaïques chrétiennes ; s'il
m'eût été possible de publier les dessins en
même temps que le texte, j'ambitionnerais,
dès à présent, de diriger l'attention de tous
ceux qu'intéresse l'archéologie des arts sur
des œuvres peu connues hors de l'Italie, et
dont l'étude jette de vives clartés sur des
temps fort obscurs.
Les premières mosaïques chrétiennes de
Rome datent du iv siècle, je parle de celles
qui, exécutées publiquement sous la protec-
tion de l'empereur Constantin, ont toujours
vu le jour, car assurément les cimetières sou-
terrains en possèdent d'antérieures, et l'on
peut, dès à présent, désigner la très-curieuse
mosaïque du cimetière de Saint-Hermès, re-
?;
VI INTRODUCTION.
présentant la résurrection de Lazare et le
prophète Daniel. Ce point de contact entre
les origines de l'art chrétien, dont les cata-
combes renferment le mystère^ et les pre-
mières manifestations publiques de cet art
qui se transformait, n'a pas été le moindre
attrait de mon travail. Je crois que l'examen
attentif des mosaïques exécutées dans les
églises de Rome, depuis le iv' siècle jus-
qu'au x% est Tune des études préliminaires
qui permettront de classer comparativement
les divers âges des peintures des catacombes.
Il n!est pas douteux que beaucoup ont été
ajoutées successivement, lorsque la piété a
fait descendre les papes et les fidèles aux
tombeaux des martyrs, et les a consacrés par
de saintes images. L'intérêt sera grand de
dégager de ces mélanges posthumes la part
qui appartient au iii% peut-être au ii" siècle
de Jésus-Christ, car ce n'est qu'alors qu'on
saisira clairement le caractère touchant de
ces œuvres inspirées par une religion nais-
sante. Les courants divers de l'art n'ont
toute leur pureté que près de leurs sources ;
le type chrétien plus qu'aucun autre, et son
INTRODUCTION. vu
expression la plus délicate, produit de l'u-
nion de la forme antique et des sentiments
purs du christianisme, a été promptement
altérée. On la chercherait en vain dans les
monuments que je dois décrire : les plus rap-
prochés des temps primitifs sont les mosaïques
du baptistère de sainte Constance, que Con-
stantin créa à la demande de sa sœur, et où
celle-ci reçut le baptême avec la fille de
l'empereur; Jésus-Christ y est représenté deux
fois^ et Tune des deux compositions où, assis
sur le globe du monde, il remet les clés à
l'apôtre saint Pierre^ existe peinte dans la
catacombe dite Platonia. Dans la mosaïque et
la fresque, la disposition, l'action et le mouve-
ment sont semblables, la pose de saint Pierre
est identique, mais l'expression des têtes dif-
fère complètement, et tout l'avantage est du
côté de la peinture empreinte d'une exquise
douceur. Il semble que le mosaïste de sainte
Constance n'eut point encore perdu l'habitude
de faire la tête de Jupiter ; son œuvre n'a de
chrétien que le sujet et le costume; d'ailleurs
peu habile, elle accuse une main mal exer-
cée et une époque de décadence. Au iv' siècle
vin INTRODUCTION.
de notre ère^ la mosaïque, comme toutes
les autres branches de Tart antique, avait
accompli ses destinées; ses origines se con-
fondent avec l'histoire des peuples de l'Asie :
on lit dans la Bible, au livre d'Esther, que
dans le palais d'Assuérus était « un pavé de
« porphyre et de marbre blanc, embelli de
a plusieurs figures avec une admirable va-
« riété. » L'on croit que l'usage s'en répandit
de Perse en Assyrie, et assurément les fouilles
persévérantes que notre siècle a vu commen-
cer et poursuivre en Orient, nous apprendront
un jour ce qu'ont été les mosaïques assy-
riennes. Nous savons ce que furent celles des
Égyptiens, celles des Grecs et des Romains;
l'emploi que ces peuples en ont fait d'abord
pour la décoration des pavés, et le degré de
perfection qu'y ont atteint leurs artistes. Lors-
que le luxe des Romains se développa dans
les derniers temps de la République et sous
les premiers empereurs, les mosaïques s'é-
tendirent du sol sur les murs, et en raison
d'une destination nouvelle, les matières qui
les composaient pouvant être modifiées , des
cubes de verre coloré furent substitués aux
INTRODUCTION. ix
diverses nuances des silex. Pline, décrivant le
théâtre que fit construire, pendant son édilité,
Marcus Scaurus^ qui fut gendre de Sylla, dit :
« La partie inférieure de la scène était de
c< marbre, l'intermédiaire de verre, genre de
« luxe qui ne fut même pas répété ; la partie
« supérieure dorée. » Et ailleurs en parlant
d'Agrippa : « Il eût fait, sans aucun doute, des
« chambres de verre, si c'eût été déjà in-
cc venté, ou que ce fût des parois de la scène
c< de Scaurus, parvenu dans les chambres. »
Ce que Pline supposait, Sénèque le signale :
« Maintenant, a-t-il dit, l'on se croît pauvre
c< ou avare si l'on n'a des murailles ornées
c< de disques étincelants, si la chambre n'est
« cachée sous le verre. » L'historien Flavius
Vopiscus, qui vivait au commencement du
IV* siècle, détermine mieux encore les mo-
saïques de verre ^ au sujet de Firmus, l'un
des quatre tyrans qui s'attaquèrent à l'empe-
reur Gallien : c< On parle beaucoup de ses ri-
« chesses, dit-il, et l'on prétend qu'il a revêtu
« sa maison de carrés de verre enchâssés dans
« du bitume et d'autres apprêts. » La défini-
tion est fort exacte. Ajoutons que, mieux que
X INTRODUCTION.
tous les textes, les fouilles du royaume de
Naples nous ont rendu ces brillantes orne-
mentations de Tantiquité : le musée Bourbon
conserve de grands pilastres et des pans de
murailles décorés en cubes de verre colorés,
et des voûtes semblables, qui ont abrité des
fontaines, sont encore à leur place, dans la
ville de Pompéi. Lorsque Constantin appliqua
à la décoration des églises et à l'expression
des idées nouvelles le revêtement en mo-
saïques dont l'emploi devint, à Constantinople
comme à Rome , général et bientôt exclusif,
cette branche de l'art avait, je le répète, ac-
compli une première carrière et subi la loi de
dépérissement commune à toutes les autres.
L'empereur chrétien qui fut le fondateur des
basiliques de Latran, du Vatican et de Saint-
Paul, n'avait point introduit une forme nou-
velle en architecture ; il adapta à un usage
sacré la disposition de la basilique antique.
Sainte Agnès (sur la voie Nomentane), moins
altérée par les réédifications, peut mieux que
les grands monuments, donner une juste idée
d'une église chrétienne sous Constantin. Si
l'on en veut comprendre l'ornementation, qui
INTRODUCTION. xi
n'eut rien non plus d'innové, il faut, par
l'étude, réunir des fragments épars et re-
constituer par la pensée un ensemble qui
n'existe plus. Pour trouver un monument paré
de toutes ses mosaïques, il nous faudra at-
tendre le XII* siècle et nous éloigner de Rome ;
dans la ville des papes, nous ne rencontre-
rons en général que celles des images saintes
qui doivent leur conservation au respect
qu'elles ont inspiré et à la place consacrée
qu'elles occupent, l'arc triomphal dominant
et encadrant l'autel, la voûte de l'abside re-
couvrant le sanctuaire. Les réédifîcations ont
détruit le reste; ce n'est qu'à Sainte-Marie -
Majeure que nous signalerons les mosaïques
disposées en une suite de tableaux décorant
cette partie de l'entablement qui, dans les ba-
siliques antiques, était désigné par le nom de
Pluteus, et c'est un hasard heureux qui, à
Sainte -Sabine, a fait survivre quelques ves-
tiges de décorations mosaïques placées en un
lieu de l'église qu'on ne voit en aucune autre
orné de la sorte. Tel est à Rome l'aspect des
mosaïques chrétiennes ; elles ne forment point
un ensemble, ne s'y rencontrent qu'isolément.
XII INTRODUCTION.
et n'y peuvent être qu'un sujet d'étude. En
suivant, pour les visiter, l'ordre chronologi-
que que j'ai adopté pour les décrire, on
verra succéder aux œuvres presque informes
du règne de Constantin, de meilleurs tra-
vaux entrepris dans la basilique libérienne,
sous le pontificat de Sixte III; quelques es-
sais heureux d'ornementation sous le pape
Hilaire P""; au vi* siècle, une composition plus
habile et une exécution meilleure se mani-
fester dans l'église des saints Cosme et Da-
mien. Au viii' siècle et au pontificat d'Adrien V^
appartient la mosaïque chrétienne , qui de
toutes celles existant à Rome, est la plus re-
marquable : on la peut voir dans l'église de
Sainte-Pudentienne. La disposition en est im-
posante : une sorte d'hémicycle, que forme
un portique assez bas pour laisser dominer les
monuments d'une ville, contient une réunion
de saints; Jésus-Christ bénissant, la préside et
occupe le centre, vêtu d'une robe d'or, assis
sur un trône éclatant; seul il est vu jusqu'aux
pieds, les apôtres Pierre et Paul, qui sont à
ses côtés, étant représentés en buste et de
profil; sainte Praxède, martyre, place une
INTRODUCTION. xiii
couronne au-dessus de la tête de saint Pierre ;
Sainte Pudentienne, sa sœur^ rend un même
hommage à saint Paul ; huit hommes d'âges
et d'expressions divers complètent la pieuse
assemblée et se rattachent à l'action par un
heureux accord des attitudes et des physiono-
mies. J'ai dit que la disposition générale était
imposante ; la composition est habile, le dessin
ferme et expressif. Sainte Praxède est remar-
quablement belle, la tête de saint Pierre est
d'un grand style, et, pour retrouver des exem-
ples d'un type aussi austère, il faut se repor-
ter aux images du prince des apôtres déco-
rant ces précieux fragments de verre doré et
travaillé à la pointe, qu'on a rencontrés dans
les catacombes près des sépultures des pre-
miers chrétiens. Un fait acquis à l'histoire
de l'art est le progrès qui a signalé le siècle
d'Adrien, qui est celui de Charlemagne ; ce fait
est confirmé par la mosaïque de sainte Puden-
tienne, et l'on a peine à comprendre qu'une
œuvre si élevée fasse immédiatement suite à
des travaux comparativement médiocres, et
précède presque sans transition ceux du pape
Paschal, qui témoignent plus en faveur de la
XIV INTRODUCTION.
piété du pontife, qu'ils ne font honneur aux ta-
leiits de ses artistes. Ce n'est qu'après de longues
hésitations que j'ai cru devoir admettre la tra-
dition qui place sous le pontificat d'Adrien P'
l'exécution de cette œuvre importante ; mais
il en est une autre que j'ai accueillie volon-
tiers : « Poussin, dit-on, admirait beaucoup
la mosaïque de sainte Pudentienne. Hélas 1
pourquoi n'a-t-il pas essayé pour l'un des chefs-
d'œuvre de l'art chrétien ce qu'une autre ad-
miration l'a porté à faire en faveur d'une pein-
ture de l'antiquité 1 Séduit à juste titre par
l'élégante simplicité des noces aldobrandines,
il nous en a laissé une copie qui est tout à la
fois une reproduction exacte et une interpré-
tation individuelle ; on aimerait à rencontrer
dans le palais de la noble famille des Pam-
phili Doria, en regard d'une étude de l'anti-
quité qui souvent a si bien inspiré le plus
grand de nos peintres , ce souvenir du chris-
tianisme dont il a toujours noblement exprimé
le caractère sublime.
Une opinion assez habituelle, que je crois
erronée et que ne partagent pas les Italiens,
confond sous le nom d'œuvres byzantines la
INTRODUCTION. xv
plupart des mosaïques chrétiennes. Pour la
période comprise entre le iv* et le ix' siècle,
rien n'est moins motivé que ces attributions
d'ailleurs très-vagues : les mosaïques exécu-
tées depuis Constantin jusqu'au pontificat de
Nicolas V^ n'ont pas le caractère byzantin . Ce
que je dis de Rome, je l'ai observé à Milan,
en présence de Saint- Victor au ciel d'or et de
la chapelle de Saint- Aquilin, où existe une
composition très-intéressante représentant Jé-
sus-Christ et les apôtres, et qui offre de
grandes analogies avec une peinture primitive
du cimetière souterrain de Saint-Hermès. A
Ravenne même, où par des causes historiques
trop connues pour que je les rappelle ici,
refluèrent incontestablement des influences
orientales, le style du dessin des plus an-
ciennes mosaïques n'est pas grec. Avec des
modifications locales, le caractère particulier
de ces œuvres latines se reconnaît à Milan
comme à Rome, à Rome comme à Ravenne.
Muratori, dans son vaste ouvrage des Anti-
quités italiennes y cite un manuscrit latin de
la bibliothèque des chanoines de Lucques, que
notre Mabillon a examiné et qu'il croit du
XVI INTRODUCTION.
viir siècle : il contient des instructions détail-
lées sur la fabrication des mosaïques de verre;
les textes sont donc ici d'accord avec les mo-
numents pour attester la pratique nationale,
en Italie, de cet art religieux et décoratif,
pendant la première période du moyen âge.
Il est un autre texte qui a été souvent rap-
pelé : Léon, évêque d'Ostie, chroniqueur du
monastère du Mont-Cassin, dit qu'au xi* siè-
cle (1066) «l'abbé Didier dirigea des envoyés
« sur Constantinople pour y engager des ou-
c< vriers habiles en l'art des mosaïques et des
« incrustations, les uns pour décorer l'abside,
« l'arc et le vestibule de la grande basilique,
« les autres pour assembler dans le pavé de
c< toute l'église les variétés diverses de pier-
c< res. C'est par les œuvres de ces maîtres
« qu'il convient de juger le degré de perfec-
« tion qu'ils pouvaient atteindre; les figures
ce en mosaïques semblent vivantes, et la diver-
a site des marbres de toutes nuances imite un
c< parterre de fleurs. Et comme, depuis plus
c< de cinq cents ans le génie de ces arts s'était
c< éteint en Italie, par ses soins, sous l'inspi-
c< ration et l'aide de Dieu, afin que la pra-
INTRODUCTION. xvii
c< tique n'en pérît pas en Italie, cet homme
« prudent s'appliqua à faire instruire des
a enfants du monastère en ces deux arts; et
« il ne s'en tint pas à ces deux-là seulement,
« il fit former parmi les siens de très-studieux
« ouvriers dans toutes les œuvres qui em-
« ploient l'or ou l'argent, l'airain, le fer, le
c< verre, l'ivoire, le bois, le gypse ou la
ce pierre. » Ce document, qui constate le dé-
périssement des arts en Italie depuis le vi* siè-
cle, vérité incontestable, néglige l'exception,
la lueur momentanée qui s'est produite au
temps d'Adrien P', que nous aimons à nom-
mer le siècle de Charlemagne ; elle est attes-
tée par la belle mosaïque de Sainte-Puden-
tienne ; elle est confirmée par une œuvre d'un
autre genre , exécutée en une autre partie de
l'Italie, l'autel d'or de Saint-Ambroise, d'un
dessin très-expressif, d'une exécution parfaite,
de la main de Volvinius, qui vivait en 835,
et assurément n'était pas grec. Ce que révèle
l'étude. des monuments, c'est qu'il n'existe à
Rome aucun vestige de mosaïques exécutées
de 868 à 1130. A une date comprise entre
ces deux termes (1066), Didier, abbé du
xvui INTRODUCTION.
mont Cassin, fit venir des ouvriers de Con-
stantinople; à une date qui se confond presque
avec celle-là (1071), le doge Domenico Selvo
fit commencer les incrustations et les mo-
saïques de l'église Saint-Marc, à Venise. Au-
cun texte ne dit qu'il ait eu recours, comme
l'abbé du mont Cassin, à des ouvriers grecs,
et le souvenir que j'ai conservé des mosaïques
de Saint-Marc n'est pas tel que je croie incon-
testable l'intervention des Byzantins en leur
exécution. Je veux parler des plus anciennes,
de celles qui peuvent dater du xi* siècle, car
la nationalité des autres n'est pas douteuse,
mais pour celles-là même, et en les compa-
rant aux figures émaillées de la Palla d'oro,
l'identité n'est pas frappante.
Au xiV siècle c'est à Palerme, par l'impulsion
victorieuse des princes normands, que se ma-
nifesta, sous son expression la plus élégante,
l'art de décorer une église par la mosaïque.
Soustraite depuis plus de deux siècles à la
domination des empereurs d'Orient, longtemps
soumise aux infidèles, la Sicile renaissait au
culte de Jésus-Christ et recouvrait à la fois
sa religion et son indépendance. Sous ce ciel
INTRODUCTION. xix
ardent, sur cette terre féconde où les Grecs,
les Arabes, les Italiens, avaient fait dominer
tour à tour leur influence et pratiqué simul-
tanément leur civilisation, le mouvement spon-
tané qu'imprimèrent aux arts le triomphe de
la foi et rétablissement d'une race royale, pro-
duisit un style d'architecture et un goût d'or-
nementation qui, participant d'éléments divers,
les unirent en une même pensée et un harmo-
nieux ensemble. On y reconnaît l'esprit et la
main des trois races : ce sont des Grecs qui
ont exécuté les mosaïques de Sainte-Marie-
de- l'Amiral, des Grecs qui ont commencé
celles de la chapelle Palatine; mais déjà dans
ce monument, des Italiens leur sont venus en
aide et des Arabes ont sculpté le plafond.
Chacun des peuples a dessiné avec un carac-
tère particulier et a inscrit sa langue près de
son œuvre. La langue grecque se lit seule à
Sainte-Marie-de-r Amiral, la latine domine
dans la chapelle Palatine et plus encore dans
la cathédrale de Montréal qui, construite qua-
rante ans plus tard, atteste davantage la col-
laboration des Latins. La plus ancienne des
trois églises, connue aujourd'hui sous le nom
XX INTRODUCTION.
de la Martorana, fut fondée et dédiée à la
Mère de Dieu par l'amiral Georges d'An-
tioche; des transformations modernes ont
fait disparaître la plus grande partie des mo-
saïques, mais l'intérêt historique a sauvé
deux panneaux que Ton peut étudier comme
des types purs de Ce style grec de Byzance
dont la finesse et la distinction sont révélés
par quelques monuments conservés en Eu-
rope , tels qu'un ivoire précieux de la biblio-
thèque du Vatican 5 un émail cloisonné du
trésor de Saint-Marc. L'un de ces deux pan-
neaux qui, détachés, ont été placés comme
tableaux d'autel, représente le roi Roger cou-
ronné par Jésus -Christ, et l'autre l'amiral
Georges d'Antioche prosterné aux pieds de
la Vierge; Marie adresse à son divin Fils,
en faveur de ce fondateur de l'Église, une
prière inscrite sur un volumen déroulé qu'elle
tient à la main. J'ai dessiné aussi fidèle-
ment qu'il m'a été possible les caractères de
cette inscription, dont les lettres sont liées et
souvent confuses. Je la transcris ici comme
un spécimen particulier de paléographie du
x\V siècle. Je dois à l'habileté et à l'obli-
INTRODUCTION. xxi
geance^ également inépuisables, de l'illustre
professeur M. Hase, d'y pouvoir joiudre la
restitution et la transcription en caractères
courants, avec la traduction française :
fv^flON/VTiCToNKKo'w
♦v>ÂTTol€wKKfe
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Tôv ix Padpuv ^etpiavTa Tov^e fj.ot ^of;.ov
£u6uvov 011 -jppôç TOV àpx&v[T*] tôv oXwv,
Ts'jcvov. 4>uXàTTCiç wavYEvsi iraov); pXa€r,;,
Nê^aciç te trv Xûrpeixnv âc(i.apTDu.àT6*v.
Êx«;7àp '<^ùv, wç twoOç, (1.0V0Ç, Ao-ye.
[« Celui qui m'a bâti cette maison depuis les fondements^ conduis-
le, 6 mon fils^ près du maître de tous. Préserre-le avec sa famille
de tout mal , accorde-lui le pardon de ses fautes^ car, comme Jésus ,
toi seul as la puissance^ 6 Verbe. »]
Celle curieuse inscription, qui n'a pu être
tracée que par un Grec fort exercé, açcom-
XXII INTRODUCTION.
pagne des figures d'une rare élégance; l'on
comprend^ en les voyant, ce que l'art chré-
tien empnmtera aux Byzantins , ce qu'il per-
dra par cet emprunt de son caractère pri-
mitif dont quelques peintures des catacombes
de Rome, des verres gravés, quelques sculp-
tures, quelques portions de mosaïques nous
ont transmis le souvenir, digne d'admiration
et de regrets.
Si au sortir de la Martorana l'on se trans-
porte dans la chapelle palatine de Palerme,
et qu'on en examine les mosaïques au point
de vue de la décoration, les mélanges même
que j'ai signalés ajoutent à la richesse et
charment par la variété. Le pavé, en mar-
bre blanc , est brodé d'enlacements ingé-
nieux où le porphyre alterne avec le serpen-
tin. C'est encore le marbre blanc qui recouvre,
comme un lambris d'environ quinze pieds
de hauteur, les murs de la chapelle; des
panneaux y sont dessinés par des incrusta-
tions de pierres dures imitant un galon, et
l'amortissement est une délicieuse bordure
dans le goût charmant de l'Orient. Les formes
naturelles des fleurs, l'épanouissement des
INTRODUCTION. xxiii
feuillages, y sont habilement ramenés à des
combinaisons géométriques. Au-dessus com-
mencent les peintures en mosaïque représen-
tant, avec toutes les nuances des pâtes de
verre et sur des fonds dorés les scènes de
Tancien et du nouveau Testament. La cha-
pelle entière resplendit, le livre de vérité
s'y déploie en images brillantes. Lorsqu'on
approche du sanctuaire, les peintures pren-
nent un caractère plus sacré : ce sont la nais-
sance, la vie, la passion du Sauveur, la figure
vénérée de la Mère de Dieu, les saints apô-
tres, et en la place où se portent instinctive-
ment les yeux de l'homme qui, priant devant
l'autel, invoque par un élan du cœur qu'ac-
compagne le regard, le pardon ou l'assistance
du Tout-Puissant, l'IMAGE DE DIEU qui bé-
nit, plus grande, plus imposante que celles qui
l'entourent et combinée pour produire sur
l'âme l'effet d'une apparition miraculeuse.
C'est encore l'image de Dieu qui ressort au
point culminant de la coupole où les archan-
ges, mêlés aux séraphins, forment un cortège
céleste digne du séjour des élus dont ce cou-
ronnement de l'église est l'imitation symbo-
XXIV INTRODUCTION.
lique. Le roi Roger, qu'une inscription grecque
de la coupole désigne comme fondateur de la
chapelle Palatine, qu'il dédia, en 1143, à
l'apôtre saint Pierre, y dut employer l'artiste
habile de la Martorana. Les mosaïques, qui,
dans cette église, appartiennent au règne de
ce prince, sont de beaucoup les meilleures,
et, sous ce rapport, la chapelle entière est
très-supérieure à la cathédrale de Montréal,
où l'on remarque plutôt l'influence que la
main des Grecs, si bien que l'on peut croire
qu'elle fut en grande partie l'œuvre d'ouvriers
Siciliens instruits par leurs leçons ou leurs
exemples. Quelque chose de semblable dut
se passer à Rome, où nous retrouvons des
mosaïques exécutées de 1130 à 1143. L'obser-
vation confirme le texte de Léon d'Ostie; on
comprend qu'une école dut se former en Italie,
influencée par le goût et le costume des Grecs,
mais que bientôt les ouvriers et les maîtres
ont été des Italiens. Deux œuvres du pontifi-
cat d'Innocent II existent à Sainte-Marie-in-
Trastevere; l'une est la façade où sont repré-
sentées les vierges sages et les vierges folles,
l'autre est l'arc de la Tribune. Dans la pre-
INTRODUCTION. xxv
mière, rintervention des Grecs peut encore
se soupçonner; on ne remarque dans l'autre
que l'altération de l'ancien style et l'influence
dû nouveau. Entre l'arc de Sainte -Marie-in-
Trastevere et celui de Saint-Clément, qui est
une œuvre du xni* siècle, il existe des analo-
gies de composition et de détails, mais dans
le dernier le dessin diff^ère plus encore de la
manière byzantine, et deux épigraphes réu-
nissant les deux langues agios pavlvs, agios
PETRvs, perdues au milieu de longues inscrip-
tions latines , représentent assez bien la très-
faible proportion de pratique grecque persis-
tant dans une œuvre qui déjà manifeste des
tendances vers un meilleur style. L'influence
de l'art de Constantinople sur l'art italien ne
fut pas heureuse dès le principe, car à part
les œuvres purement byzantines qui ont un
genre de beauté spécial, le style mixte qu'elle
a créé d'abord n'a produit, pendant deux
cents ans, que des travaux sans mérite.
Le xiii* siècle fut un temps de renaissance ;
il est illustre dans l'histoire de la peinture, et
les hommes qui furent les premiers maîtres
de l'art moderne ont été mosaïstes en même
XXVI INTRODUCTION.
temps que peintres. Vasari cite les travaux
des Florentins Andréa Taffî, Gaddo Gaddi,
qui ont exécuté des mosaïques en Toscane,
dans les mêmes temps que Jacques de Tôrrita,
frère Jacques de Camerino, et la famille des
Cosmati décoraient les monuments de Rome :
les œuvres signées de ces trois noms se dis-
tinguent des travaux anonymes qui Içs pré-
cèdent par un meilleur dessin, des attitudes
plus naturelles, des expressions plus vraies,
et dénotent en tous points un progrès sensible,
que, dès le commencement du siècle, le sculp-
teur Nicolas de Pise avait révélé en taillant à
Bologne le tombeau de saint Dominique. Est-il
besoin d'en signaler la cause? Le style précieux
de l'antiquité , qui avait été l'un des éléments
de l'art chrétien dans les Catacombes, rendait,
à dix siècles de distance , une vie nouvelle à
cet art appauvri et dénaturé. Je laisse parler Va-
sari : c< Lorsque Nicolas, de Pise, travaillait
c< sous des sculpteurs grecs qui ont taillé les
c< figures et autres ornements de la cathédrale
« de Pise et du temple de Saint-Jean, parmi
« beaucoup de marbres conquis et rapportés
c< par la flotte des Pisans, se trouvèrent quel-
INTRODUCTION. xxvii
qiies morceaux antiques qui sont aujour-
d'hui dans le Campo Santo de cette ville. 11
y en avait un entre autres fort beau où était
sculptée d'une très-belle manière la chasse
de Méléagre et le sanglier de Calydon; les
nus et les draperies y étaient traités avec
beaucoup d'art et un très-parfait dessin
Nicolas, considérant la bonté de cette œuvre
qui lui plut beaucoup, mit tant de soins
et de zèle à imiter cette manière et celle
de quelques autres bonnes sculptures qui
étaient au nombre de ces morceaux anti-
ques, qu'il fut estimé bientôt le meilleur
sculpteur de son temps. » La réforme que
Nicolas de Pise inaugura dans la sculpture,
les mosaïstes de Rome l'introduisirent dans
la pratique plus rebelle de leur art, et s'écar-
tant de la routine des Grecs ils y firent preuve
de grand talent, avant que Giotto y mani-
festât son génie. C'est à ce peintre expressif,
dont les fresques du couvent d'Assise et de la
précieuse chapelle de l'Anuunciata delF Arena
à Padoue, ont fait vivre jusqu'à nous le sen-
timent religieux, qu'est due la mosaïque cé-
lèbre sous le nom de la nacelle de Saint-
XXVIII INTRODUCTION.
Pierre. Voici en quels termes en parle
Fbistorien que j'aime à citer : « De sa main
a est aussi la nacelle en mosaïque qui est au-
« dessus des trois portes du portique dans le
a cortiliB de Saint- Pierre. Elle est vraiment
« miraculeuse et louée à juste titre par tous
ce les beaux esprits, parce qu'en elle, outre le
ce dessin, il y a la disposition des apôtres qui
« de diverses manières subissent la tempête
ce de la mer, tandis que les vents soufflent en
ce une voile, qui a tant de relief, qu'une véri-
ce table ne serait pas autrement : et il est très-
ce difficile d'avoir fait avec des morceaux de
ce verre une union comme est celle que l'on
ce voit dans les blancs et les ombres d'une si
ce grande voile, telle qu'avec le pinceau et
ce quand on y mettrait tous ses efforts^ on
ce aurait peine à y atteindre ; sans parler d'un
ce pêcheur qui pêche à la ligne sur un écueil,
ce dont l'attitude montre une patience extrême
ce qui est propre à cet art, et sur le visage,
ce l'espérance et la volonté de prendre. » On
chercherait en vain à Rome la nacelle de la
main du grand peintre; la mosaïque qu'on
appelle encore de nos jours la Nacelle de
INTRODUCTION. xxix
Saint -Pierre, du Giotto, n'est qu'une repro-
duction d'une œuvre plusieurs fois restaurée.
Cependant l'on peut voir dans l'église des
Capucins un carton qui dut être fait d'après
l'original^ lorsque la mosaïque fut renouvelée
sous la direction du chevalier Bernin^ et ce
dessin fort intéressant a conservé beaucoup
mieux que l'incrustation d'Orazio Mannetti
l'esprit du vieux maître. La terreur s'y lit
sur le visage des apôtres ; la scène est vivante,
comme est la description de Vasari, et l'on
comprend, en la regardant, que les pèlerins
arrivés au but du pieux voyage, avant de péné-
trer dans la basilique du bienheureux Pierre,
se retournaient vers l'orient, tombaient à ge-
noux et rendaient leur premier hommage à la
Nacelle de Giotto. Après lui, un peintre romain
que Vasari dit avoir été son élève et qui tout
au moins appartient à son école, Pietro Caval-
lini, a fait en mosaïque, dans l'église de
Sainte-Marie-in-Trastevere, une suite de ta-
bleaux de la vie de la Vierge, extrêmement
agréables : le naturel et le goût en sont les
qualités dominantes^ qualités charmantes qui
animent et distinguent les miniatures et les
XXX INTRODUCTION.
peintures murales du xiV et du xv siècle, qui
se retrouvent à un haut degré dans la mosaïque
que Ghirlandajo a apposée en 1490 sur une
porte latérale de la cathédrale de Florence,
Le temps est venu où l'histoire des mosaïques
serait l'histoire des peintres ; par une rencon-
tre heureuse, celui qui fut le plus séduisant
de tous, Raphaël, a fait pour la chapelle Chigi,
dans Sainte-Marie du Peuple, à Rome, une cou-
pole que je n'ai pu, malgré son adorable exé-
cution, comprendre au nombre des mosaïques
chrétiennes : bien que Dieu le Père occupe le
centre et soit entouré d'enfants dont la grâce
n'est point indigne des chérubins, encore qu'un
Ange abrite de ses ailes l'une des divisions
du firmament, les sept autres ont pour repré-
sentants Jupiter, Vénus, Apollon, Mars, Sa-
turne, Mercure, Diane, et les génies du ciel
qui accompagnent les divinités païennes se
relient harmonieusement à chacune d'elles
par une grâce sensuelle et un mouvement
passionné. Le symbolisme chrétien est tombé
en oubli ; l'art moderne est créé dans sa per-
fection par un artiste inimitable.
DESCRIPTION
MOSAÏQUES CHRÉTIENNES
LES
MOSAÏQUES CHRÉTIENNES
DES BASILIQUES ET DES ÉGLISES
DE ROME
QUATRIÈME SIÈCLE
SAINTE-CONSTANCE
Dans l'église de Sainte-Constance (sur la voie
Nomentane), dont la fondation est attribuée
à l'empereur Constantin *, deux compositions
sacrées décorant la partie supérieure des
niches cintrées qui sont pratiquées dans le
mur d'enceinte.
1. « Fecit Gonstantmns basili- Constantin fit la basilique d'A-
cam Sanctae martyris Agnetis^ ex gnès , sainte et martyre , à la
rogatu ConstantiaB filiae snse^ et demande de Constance sa fille ^ et
baptisterium in eodem loco, nbi un baptistère dans le même lien,
et baptisata est soror ejus Cens- où fut baptisée par Tévèque Syl-
tantia cum filia Augusti a Syl- vestre Constance sa sœor^ avec la
vestro episcopo. » fille d'Auguste.— Livre pontifical.
f
s MOSAifOUBS CHRÉTIENNES.
1* Jésus 'Christ est représenté assis sur
le globe du monde , tenant un volumen sous
la main gauche et de la droite présentant
une clef à saint Pierre qui s'incline et
avance les mains que recouvre Textrémité de
son manteau; deux palmiers sont figurés près
de saint Pierre, et Ton en compte sept du
côté opposé, symboles de la terre de Judée ^.
2* Jésus j debout, bénit de la main droite
et tient de la gauche un volumen déroulé
sur lequel sont tracés le monogramme du
Christ et les mots dominvs pacem dat [« le
Seigneur donne la paix » ] , en souvenir des
paroles 2 que Jésus-Christ adressa aux apô-
tres Thomas et Philippe; ce sont ces deux
disciples qui, posés aux côtés du Sauveur,
en des attitudes exprimant l'attention et le
respect, recueillent la parole du maître.
Quatre agneaux, figurant les fidèles, sont
disposés en deux couples au premier plan et
1. Des médailles de Vespaslen et de Titus portent au revers une
femme assise près d'un palmier, avec cette épigraphe : iyd^ea capta.
[« La Judée prise. »]
2. « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix; je ne vous la
donne pas comme le monde la donne... » — Evang. selon saint Jean ,
chap. XIV.
QUATRIÈME SIÈCLE. 3
près de trois courants d'eau qui sont un sou-
venir incomplet^ des fleuves du Paradis, de
même que deux édicules presque informes,
abrités par un palmier, occupant vers les
extrémités les places consacrées dans des mo-
numents plus complets aux villes de Bethléem
et Jérusalem, sont ici l'indication première
et mal déterminée des deux cités sanctifiées
par la naissance et la mort du Christ.
Nota. Dans les mosaïques de Sainte-Constance^ le Christ
seul est nimbé. Le nimbe est un grand disque nuancé de
plusieurs tons de bleu qui dégradent du clair au foncé. Le
Christt bénit en élevant la main dont les cinq doigts sont
ouverts. Les Apôtres sont habillés de blanc, a Vous avez
quelque peu de personnes qui n^ont point souillé leurs
vêtements; ceux-là marcheront avec moi habillés de blanc,
car ils en sont dignes. Celui qui sera victorieux sera ainsi
vêtu d'habits blancs, et je n'effacerai pas son nom du
livre de vie. » — Apocalypse, chap. m.
1. « De ce lieu de délices il sortait un fleuve pour arroser le paradis,
qui de là se divise en quatre canaux. » — Genèse, chap. ii.
CINQUIÈME SIÈCLE
SAÏNTE-SABÏNE
Dans Téglise de Sainte-Sabine, une in-
scription et deux figures, seuls restes d'une
ornementation exécutée vers 424, sous le pon-
tificat de Célestin Y\ (Quelques parties qui
existaient encore à la fin du xvii* siècle sont
connues par l'ouvrage de J. Ciampini, Vetera
Monimenta, P. 1, tab. xLvn et xlviu.)
L'inscription, en lettres d'or sur fond bleu
lapis, est composée de sept vers, qui sont :
GVLMEN APOSTOLIGVM CVN CAELESTINVS HABERET
PRIMVS ET IN TOTO FVLGERET EPISCOPVS ORBE
HAEG QVAE MIRARIS FVNnAYIT PRESBYTER VRBIS
ILLTRICA DE GENTE PETRVS VIR NOMFNE TANTO
DIGNVS AB EXORTV GHRISTI NVTRITVS IN AVLA •
PAVPERIBYS LOGYPLES SIBI PAYPER QYl BONA YITAE
PRAESENTIS FYGIENS MERYIT SPERARE FVTVRAM.
[a Lorsque Gélestin occupait le trône apostolique et bril-
lait dans tout Tunivers de Téclat attaché au souverain pon-
tife, les travaux que tu vois furent fondés par un prêtre de
CINQUIÈME SIÈCLE. 5
la ville, originaire d^Ulyrie^ du nom de Pierre et digne d'un
si grand nom^ nourri dès sa naissance en la maison de
Dieu, riche pour les pauvres, pauvre pour lui-même, qui,
dédaignant les biens de la vie présente, mérita Tespoir de
la vie future. »]
Les deux figures sont sur fond d'or et cha-
cune d'elles occupe l'une des extrémités de
la zone allongée qui contient l'inscription;
ce sont des figures de femmes debout, dra-
pées, portant un livre; l'une est désignée
par les mots : eglesia ex circvmcisione [c< l'église
des Circoncis»], et l'autre par ceux-ci : ecle-
su EX GENTiBvs [« Téglisc dcs Gentils»]. EUeis
étaient motivées dans l'ensemble de la compo-
sition par leur rapprochement des apôtres
Pierre et Paul qui étaient représentés debout
au-dessus d'elles, sans rien de plus qui les
pût faire reconnaître, saint Pierre ayant été
l'apôtre des Juifs , et saint Paul celui des Gen-
tils 4.
1. « Celui qui a agi efficacement dans Pierre pour le rendre apôtre
des circoncis, a agi aussi efficacement en moi pour me rendre apôtre
des Gentils. » — Ëpltre de saint Paul aux Galates^ chap. ii.
MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
SAINTE-MARIE-MAJEURE.
Dans la basilique de Sainte-Marie -Majeure
(basilique Libérienne), fondée par le pape
Liberius^ (352-366) ^ rétablie ^ et décorée
par Sixte III (432-440), deux suites de
tableaux empruntés à VAncien Testa-
ment ^ décorant les attiques au-dessus des
colonnes de la nef, et le grand arc en avant
1. « Hic fecit Basilicam nomini suo juxta Macellum liviœ. »
[« Il fit la basUicpie de son nom, près le marché de Livie. »— Livre
pontifical.]
y
2. « VlRGO MaRU TIM X?STV8 NOVA TECTA DICAVIT
DiGNA SALVTIFERO KVmSRA VENTRE TVO
Tv 6ENITRIX I6NARA VIRI TE DENIQVE FiETA
VlSCERIBVS 8ALVI8 EDITA NOSTRA 8ALV8
ECCE TVI TE8TB8 VTERI SIBI PRfHIA PORTAIfT
SVB PEDIBVS QVE lACET PASSIO CVIQVE SVA
FeRRVM FLAMHA FERiS FLVVIVS S^VVMQVE VENENVM
Tôt tamen bas mortes vka corona manet. »
Jani Gruteri Corpus inscriptionum, t. ii, p. H70, 7.
Cette inscription se lisait au-dessus de la porte principale de Sainte-
Marie-Majeure; les derniers vestiges ont disparu dans les restaurations
ordonnées à la fin du xvii« siècle par le cardinal Pinelli.
CINQUIÈME SIÈCLE. 7
de V abside j exécutés sous le pontificat de
Sixte IIP,
Les compositions tirées du Nouveau Tes-
tament qui ornent le grand arc, sont répar^
ties en quatre zones que je distinguerai par
les chiffres i,ii, m, iv; la zone supérieure (i)
est la seule qui, dominant l'ouverture de la
baie, ne soit pas interrompue et se développe
sur toute l'étendue du mur; mais les deux
scènes qui y sont figurées, Y Annonciation
et la Présentation au temple sont séparées
par un médaillon central qui surmonte le
milieu de Tare, et occupe sur ce monument
triomphal et sacré la place habituellement
réservée à l'image de la Divinité dont il est
une représentation symbolique : c'est le trône
de Dieu^, sur lequel est placé un volumen
1. <f Beatus Siztus fecit basili- Le bienheureux Sixte a fait la
cam sanctissimae Dei Genitricis basilique de la très- sainte mère
Mariae cognomento majorem , de Dieu Marie > surnommée Ma-
quœ et ad PraBsepe dicitur, et jeure, dite aussi ad Prœsepe, et
ipse tam in metallis aureis quam- Ta décorée en métaux dorés et di-
gue in diversis historiis, sacris vers tableaux, d'images sacrées.—
decoravit imaginibus. » Lettre d'Adrien IwàCbarlemagne.
t. « Et ayant été soudain ravi en esprit, je vis au même instant un
trône dressé dans le ciel... Je vis ensuite dans la main droite de celui
qui était assis sur le trône un livre écrit dedans et dehors, scellé de
sept sceaux... » — Apocalypse de saint Jean, chap. iv et ▼.
8 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
fermé de sept sceaux; plus haut est une croix
noire recouverte d'un voile, une couronne
au-dessus, et en arrière une croix plus grande
qui est posée sur un trône orné de pierre-
ries, ainsi que le sont la grande croix et la
couronne; un coussin recouvre l'assise du
trône et l'on remarque vers ses extrémités
deux médailles où sont figurés en buste les
apôtres Pierre et Paul. Ce sont les mêmes
saints qui sont représentés en pied et debout,
occupant, à droite et à gauche du médaillon
symbolique, les places qu'occupent les tenants
aux côtés d'un écu héraldique : l'aigle, l'homme,
le bœuf, le lion*, ailés et à demi cachés par
des nuages, sont placés au-dessus comme
les pièces d'un cimier, et l'épigraphe xistvs
EPiSGOPVS PLEBi DEi [«l'évêquc Sixto au peuple
de Dieu»], inscrite sur une bandelette dé-
roulée se lit au-dessous du trône,. Plus bas
et au centre de la bordure qui décore le sof-
fite de Tare est le monogramme du Christ,
1. ... « Au milieu du bas du trône et alentour il y avait quatre ani-
maux... Le premier était semblable à un lion^ le second était semblable
à un yeau^ le troisième a^ait le visage comme celui d'un homme ^ et
le quatrième était semblable à un aigle qui vole. » — Apocalypse de
saint Jean, «hap. iv.
CIN^JUIÈME SIÈCL-E. 9
accompagné des lettres a et o^ (première et
dernière de Talphabet grec). Si du centre
on reporte la vue vers l'angle gauche de
Tare, la première scène qu'on y remarque
est \ Annonciation : la vierge Marie y est
figurée assise; l'Esprit Saint, sous la forme
d'une colombe, vole au-dessus de sa tête;
on voit Yarchange Gabriel planant dans les
airs, et le même parlant à Marie en présence
de deux anges placés derrière elle comme
des serviteurs. Plus à droite, un ange du
Seigneur annonce à Joseph la conception
immaculée de Marie, et un autre ange est
placé près de lui comme un assistant; l'édifice
que Ton distingue auprès est le temple de
Jérusalem. Dans la scène suivante qui occupe
toute la droite de la zone supérieure (i), l'on
retrouve encore deux anges près de la vierge
Marie qui présente Xenfant Jésus au prêtre
du temple, en présence diAnne la prophétesse
et de Joseph derrière lequel on voit de même
un ange; le prêtre est suivi d'une foule
1. « Je sois Talpha et l'oméga > le commencement et la fin, dit le
Seigneur, qui est, qui était, et qui doit venir> le Tout-Puissant. » —
Apocalypse de saint Jean, chap. i.
10 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
nombreuse, et l'on remarque près du seuil du
temple les colombes qui rappellent le présent
offert par la Vierge. La seconde zone (u),
coupée par le sommet de l'arc, est ornée de
deux scènes : \ Adoration des Rois et la
Dispute de Jésus et des Docteurs, En la
première, on voit le divin enfant assis sur
un trône, une étoile est au-dessus de sa tête;
les trois rois l'entourent, deux anges assis-
tent, Marie est debout vers la gauche, et à
droite sont deux serviteurs des rois qui por-
tent des présents. Dans l'autre composition,
Jésus encore enfant est debout, et ses parents,
accompagnés de trois anges, sont groupés
près de lui; les docteurs sont réunis du côté
opposé, et Ton voit près d'eux les murs et les
habitations de Jérusalem. Les deux divisions
de la troisième zone (ni) sont les moitiés d'une
même scène, le Massacre des Innocents y que
la figure d'Hérode , coupée en toutes deux
par la section des murs, relie l'une à l'autre.
La première syllabe du nom, he, nous indi-
que que c'est à droite qu'il faut chercher
le commencement, où le prince est repré-
senté assis, ordonnant à ses gardes le mas-
CINQUIÈME SIÈCLE. il
sacre des enfants nouveau -nés. Si Ton se
reporte de l'autre côté, on y retrouve le même
personnage ayant, au-dessus de sa tête, la
dernière syllabe du nom, des (les deux réu-
nies et complétées forment he[ro]des.) Trois
hommes s'éloignant du prince dont ils vont
exécuter les ordres, se dirigent vers un
groupe de femmes qui tiennent en leurs
bras des petits enfants. Les deux villes sain-
tes, désignées par les mots hiervsalem et
BETHLEEM, occupent Ics dcux fragments de la
zone inférieure (iv). Ce sont les cités sancti-
fiées par la naissance et par la mort du
Christ.
Nota. Les anges qui sont figurés dans ces mosaïques
sont nimbés. Le nimbe de l'enfant Jésus est marqué d'une
petite croix. Hérode, roi des Juifs, est nimbé.
Je désignerai par des lettres les scènes de
l'Ancien Testament qui décorent la nef, en
commençant par la plus rapprochée du grand
arc et par le côté de l'évangile.
12 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
A. Melchisédech oflFre à Abraham le pain
et le vin en présence du Seigneur.
B. Abraham adore trois anges qui lui ap-
paraissent; il ordonne à Sara de préparer
des pains et les présente aux anges assis près
d'une table.
C. La séparation d'Abraham et de Loth.
(Trois tableaux, reliant ces premiers à ceux
qui suivent, ont dû exister dans la décora-
tion primitive, et auront été détruits piar l'ou-
verture de l'arc qui donne accès à la c'/iapeUe
Borghèse.
D. Isaac bénit Jacob au lieu d'Ésaû que l'on
voit plus bas revenant de la chasse , et présen-
tant à son père le plat qu'il a préparé pour
lui.
E. (La mosaïque du v® siècle a été rem-
placée à la fin du xvi* par une peinture re-
présentant le songe de Jacob ^. )
1. Le cardinal Pinelli, faisant remplacer par des peintures les tableaux
en mosaïque de Sainte-Marie-Majeure ^ que le temps avait détruits,
en confia l'exécution à des artistes habiles qui furent Orazio Genti-
leschiy Gio. Battista Novara^ le cav. Ventura Salimbeni.
On lit au-dessus d'une porte intérieure du portail :
DOMimCYS. 8. R. E. GARD. PINELLVS ARCHIPRESBTTBl. ORNA VIT.
AN. DOM. MDXCUI.
CINQUIÈME SIÈCLE. 13
F, Jacob, accueilli par Laban, son oncle,
père de Rachel, lui demande sa cousine et
reçoit en échange Lia.
G. Jacob se plaint d'avoir été trompé et
demande de nouveau Rachel .
H. Laban promet Rachel à Jacob pour sept
années de travail, et Ton voit au-dessous la
célébration du mariage.
I. Jacob fait avec Laban une convention
pour le partage des brebis à naître, et en ré-
clame Texécution qui lui est favorable,
J. Jacob reçoit de Dieu Tordre de retourner
près de ses parents, et quitte avec sa famille
la maison de Laban.
K. (La mosaïque du v* siècle a été rem-
placée à la fin du xvi* par une peinture re-
présentant les frères de Joseph qui annoncent
à leur père Jacob la mort de son enfant pré-
féré.)
L. Des messagers de Jacob se présentent
à Ësaû pour obtenir son pardon, et Ton
voit plus bas la réconciliation des deux
frères.
M. (La mosaïque du v* siècle a été rem-
placée à la fin du xvi* par une peinture
14 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
représentant les apprêts du sacrifice d'A-
braham.)
N. Émor et Sichem demandent à Jacob, en
présence de ses fils, de donner Dinah pour
épouse au jeune prince qui lui a fait violence;
Ton voit au-dessous Sichem mis à mort, Lévi
et Siméon racontant à leur père comment ils
ont vengé leur sœur.
0. Jacob reproche à Lévi et à Siméon, en
présence de leurs frères, leur cruauté et leur
ordonne de se préparer au départ.
P. Q. R. (Les trois tableaux qui suivent
sont, ainsi que ceux du portail, des peintures
exécutées à la fin du xvi® siècle en remplace-
ment des mosaïques du v®. )
Si Ton se reporte près du grand arc et au
côté de Tépître, en désignant les tableaux cor-
respondant à ceux qui sont déjà décrits par
des lettres semblables :
A. (La mosaïque du v*^ siècle a été rem-
placée , à la fin du xvi% par une peinture re-
présentant une sainte qui reçoit des mains
d'un ange la couronne et les palmes du mar-
tyre.)
B. La fille de Pharaon remet le jeune Moïse
CINQUIÈME SIÈCLE. 15
à sa mère. Moïse ayant tué un Égyptien, est
réprimandé par les hommes de sa nation.
C. Mariage de Moïse et de Séphora, et
plus bas, le jeune Moïse gardant les troupeaux
de Raguel, son beau -père.
(Trois tableaux, reliant ces premiers à ceux
qui suivent, ont dû exister dans la décora-
tion primitive , et auront été détruits par
l'ouverture de Tare qui donne accès à la
chapelle Sistine.) .
D. Le passage de la mer Rouge.
E. Les Israélites se plaignent à Mo'ise qui
a recours à Dieu, et l'on voit au-dessous le
miracle des cailles.
F. Les Israélites s' étant plaints de nouveau,
Moïse s'adresse à Dieu et frappe les rochers
d'où sortent des eaux. Plus bas, on voit Josué
qui part pour combattre les Amalécites.
G. Combat contre les Amalécites ; Moïse est
représenté priant sur la montagne, ayant à
ses côtés Aaron et Ur.
H. Datan, Cor et Abiron se plaignent à
Moïse et à Aaron ; le peuple , furieux de leur
châtiment, poursuit Moïse et Aaron qui^ avec
leur sœur Marie, s'enfuient vers le temple.
16 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
La main de Dieu les protège contre la fureur
du peuple en les enveloppant d'une nuée.
L Moïse confie le livre du Deutéronome
aux lévites; il meurt sur le mont Nabo. Dé-
part des Israélites, qui emportent l'arche et
sont commandés par Josué.
J. Les Hébreux portant l'arche traversent
le Jourdain, et plus bas on voit Josué qui
envoie deux espions reconnaître la ville de
Jéricho.
K, Josué, à la tête de son armée, rencontre
et adore un ange du Seigneur; au-dessous
on voit les deux espions échappés de Jéricho^
qui racontent à Josué comment une femme
les a aidés à s'enfuir.
L. La destruction de Jéricho; l'arche est
portée autour de la ville, les prêtres soufilent
dans des trompettes au commandement de
Josué.
M. Suite des combats de Josué, qui invoque
le Seigneur.
N. Josué, à la tête des Hébreux, protège
les Gabaonites contre le roi de Jérusalem et
quatre autres rois; La main de Dieu inter-
vient en faisant tomber une pluie de pierres.
•eiir
nie
[)é-
et
at
CINQUIÈME SIÈCLE. 17
0. Josué arrête le soleil.
P. Les rois prisonniers sont conduits de-
vant Josué, qui ordonne le partage du bu-
tin.
Q et R. (Les deux tableaux qui terminent
la ligne sont des peintures exécutées à la fin
du XVI* siècle , en remplacement des mosaï-
ques du v^.)
48 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
SA1NT-PAUL-H0R8 LES MURS.
(REPRODUCTION)
Dans la basilique de Saint -Paul (sur la
voie Ostienne), fondée par Constantin, rebâ-
tie sur un plan plus vaste par les empereurs
Valentinien II, Théodose, Arcadius; terminée
par Honorius, leur successeur; détruite pres-
que en entier par un incendie dans la nuit du
1 5 au 1 6 juillet 1 823 , et rétablie depuis par les
soins des pontifes qui se sont succédé jusqu'à
ce jour; le grand arc, dit de Placidie, dont
l'incendie de 1823 n'avait rien épargné, a été
refait de nos jours à l'imitation de celui que le
pape Léon P' (440-461 ) avait orné de mosaï-
ques*. La gloire de Dieu y est figurée avec les
1. « InBasilica B. Pauli^S. Léo Dans la basilique du bieuheu-
Arcnm ibidem majorem fàciens reux Paul, saint Léon faisant le
et musivo depingens salvatorem grand arc et y représentant en
Dominum nostruin Jesum Chri- mosaïque le Sauveur N.-S. Jé-
stum, seu viginti quatuor senio- sus -Christ, et les vingt -quatre
CINQUIÈME SIÈCLE. 49
principaux symboles de la vision de saint
Jean : au centre est Jésus^ Christ ^ colossal
et en buste, bénissant de la main droite et
tenant un bâton dans la gauche, entouré de
rayons et d'un arc-en-ciel*. Au-dessus et à
demi cachés par des nuages , sont placés les
quatre animaux mystérieux, en l'ordre sui-
vant : le bœufj \ homme ^ le lion^ \ aigle;
au-dessus du Christ deux anges , l'un à
droite, l'autre à gauche, inclinés, chacun
d'eux tenant un bâton. Sur la même ligne
que les anges, les vingt -quatre vieillards 2,
distribués en deux groupes de douze , sur
deux rangs, tous en une même pose, de-
res, Domine suo yersibus déco- vieillards^ a mis son nom dans
ravit, et a tune nsque hactenus les vers qui le décorent^ et depuis
fideliler a nobis veneratur. » — lors jusqu'à nos jours il est l'objet
Hadrianns Papa ad Carolum ma- de la vénération des fidèles. -
gnum. Lettre du pape Adrien à Cbarle-
magne.
1. « Il y avait autour de ce trône un arc-en-ciel qui paraissait sem-
blable à une émeraude. »
« Autour de ce même trône il y en avait vingt-quatre autres, sur les-
quels étaient assis vingt-quatre vieillards vètos de robes blanches^
avec des couronnes d'or sur leurs tètes... Il y avait quatre ani-
maux^ et lorsque ces animaux rendaient gloire, honneur et action
de grâces à celui qai est assis dans le trône...»
2. a Les vingt-quatre vieillards se prosternaient... et ils adoraient
celui qui vit dans les siècles des siècles, et ils jetaient leurs couronnes
devant le trône, en disant... n — Apocalypse de saint Jean, chap. iv.
20 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
bout, inclinés, les mains recouvertes de
leur manteau, présentant une couronne au
Sauveur du monde. Deux figures de saints,
debout, occupant la partie inférieure de
Tare, de l'un et l'autre côté, complètent la
décoration : l'un, appuyant la main gauche
sur une longue épée, est sai7it Paulj et deux
vers que l'on lit au-dessus de sa tête, le dé-
signent clairement :
PERSEQVITVR DVM VASA DEI FIT PAVLVS HONORIS
VAS* SE DELECTVM GENTIBVS ESSE PROBAT*.
[a Tandis quMl poursuit les élus de Dieu^ Paul devient
un vase d'élection, et prouve aux Gentils que Dieu Ta choisi
pour tel. »]
L'autre saint, portant en la main gauche
deux clefs qui désignent le double pouvoir
d'ouvrir et de fermer, est Pierre ^ et les deux
vers rétablis en son honneur sont :
1. « Celui qui a agi efficacement dans Pierre pour le rendre ap6tre
des circoncis, a aussi agi efficacement en moi pour me rendre apôtre
des Gentils. » — Épitre de saint Paul aux Calâtes, chap. ii.
2. L'arc de Placidie était fort altéré par le temps, lorsque J. Ciam*
pini le fit dessiner au xyii« siècle, et Tinscription en l'honneur de saint
Paul était incomplète :
PBRSBQYITVR TVM VASA DEI FIT VAS..
KT OBLECTVM GENTIBVS
CINQUIÈME SIÈCLE. 21
VOCE DEI FIS PETRE [)EI PETRA CVLMEN HONORIS
AVLE GELESTIS SPLENDOR ET HOMNB DECVS ^
[c( Pierre sois , à la voix de Dieu , la pierre de Dieu , le
comble d'honneur, toute splendeur et gloire de la cour
céleste. »]
Ces inscriptions ne sont pas les seules qui
se lisent sur la mosaïque refaite de nos jours :
Tune, de deux vers écrits sur une même ligne,
en majuscules, de couleur blanche sur fond
bleu lapis, occupe le sommet de Tare triom-
phal; l'autre, également de deux vers, suit la
courbe qui en détermine l'ouverture. Toutes
deux se complètent :
TEODOSIVS CEPIT PERFEGIT HONORIVS AVLAM
DOCTORIS MVNDl SACRATAM CORPORE PAVLI ^.
[« Théodose a commencé^ Honorius a terminé le temple,
sanctifié par le corps de Paul, le docteur du monde. »]
PLACIDIAE PIA MENS OPERIS DFXVS HOMNE PATERNI
GAVDET PONTIFICIS STVDIO SPLENDERE LEONIS.
[a L'âme pieuse de Placidie se réjouit de Téclat que les
soins du pontife Léon ajoutent à l'œuvre de son père. »]
1. Llnscription à la gloire de saint Pierre n'avait pas été épargnée :
DEI PETRA CULMEN HONORIS
OR ET OMNE DECVS
a. Ces deux vers manquaient complètement^ mais ils étaient connus
par le livre des inscriptions chrétiennes de Gruytere. (t. ii, p. 1170, 6.)
M iMOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
ORATOIRE
SAINT-JEAN-L'ÉVANGÉLISTE.
Dans l'oratoire de Saint-Jean-l'Évangéliste,
attenant au baptistère de Saint -Jean -de- La-
tran, la décoration de la voûte, exécutée
sous le pontificat de Hilare* (461-467).
La voûte est à arêtes, sur un plan qua-
drangulaire, le fond est d'or; l'Agneau ^
occupe le centre et est renfermé dans un
cercle de fleurs qu'encadre une bordure d'or-
nements formant un carré; la même bordure
est prolongée en croix, les arêtes de la voûte
sont ornées de rinceaux, et quatre guirlandes
de fleurs, coupées en leur milieu par la pro-
jection des bordures, relient les quatre au-
1. Ou lisait aa-dessus de la porte: Liberatori syo Beato Jobanni
EvANGELisTiE HiLARVs Episcopvs Fahvlvs xPi. — Cardinal Rasponus,
Basilica et Patriarchium Lateranense^liv. m, chap. 9.
2. « Jean vit Jésus qui venait à lui, et il dit : Voici T Agneau de Dieu,
voici celai ({ui ôte les péchés du monde. » — Évangile selon saint Jean,
chap i«f.
CINQUIÈME SIÈCLE. t3
gles du cadre central. Les sections des fonds,
au nombre de huit, sont uniformément dé-
corées de couples d'oiseaux qui se dirigent
vers un vase rempli de fruits : elles sont sem-
blables deux par deux; les oiseaux, d'un ex-
cellent dessin^ sont des canards, des perro-
quets, des pigeons, des perdrix.
Nota. L'agneau, qui est une des représentations symbo-
liques du Christ, est nimbé. l\ est placé comme au centre
du monde: les vases remplis de fruits rappelant, dans les
idées chrétiennes , la lerre que les païens désignaient par
une corne d'abondance. Les quatre variétés d*oiseaux ex-
priment les éléments : le canard^ Teau; la perdix^ la terre;
le pigeon^ Tair; le perroquet^ le feu. Jésus-Christ^ sous la
forme d'un agneau, rappelle les paroles de saint Jean le
précurseur : « Ecce agnus Dei, ecce qui tollit peccata
mundi. » Isaïe aussi avait dit : « Sicut ovis ad occisionem
ducetur et quasi agnus coram tendente se obmutescet^ et
non aperiet os sum, » 53. 7. — Un agneau, avec un filet de
sang qui s'écoule de sa poitrine en un calice et se réunit à
quatre courants s'écoulant des pieds, représente Jésus-Christ
crucifié et les cinq plaies. J. Ciampini cite une lettre de Pau-
Unus Nolanus où sont ces deux vers : « Sub cruce sangui-
nea niveo stat Ghristus in agno — Sanctam fatentur crux et
agnus victimam. » Il assure que la coutume de peindre
Jésus-Christ sous la forme d'un agneau se conserva jusqu'au
concile qui fut assemblé l'an 692 (suivant Petavius Tan
707), où il fut décrété qu'à l'avenir le Christ sur la croix ne
serait plus représenté par un agneau, mais figuré à l'image
d'un hooune.
SIXIÈME SIÈCLE
SAINTS COSME ET DAMIEN
Dans l'église des Saints -Cosme- et -Damien,
(sur la Voie sacrée), construite par le pape
Félix IV4 (526-530), sur remplacement d'un
temple païen dont la Cella, de forme cir-
culaire, à été conservée et sert encore de
vestibule, Varc et la voûte de V abside.
La décoration de l'arc est Finterprétaliou^
par des images, de l'une des visions de saint
Jean : au centre, un agneau^ posé sur un
trône gemmé que surmonte une croix et dont
le degré porte un livre ouvert*; im disque
1. « Hic fecit Basilicam SS. Il fit la basilique des saints
Cosmaeet Damianiln urbe Roma^ Gosme et Damien^ dans la ville
inloco quiappellatur Via Sacra, de Rome^ an lieu nommé Voie
juxta templum nrbis Roms. » Sacrée, près le temple de la yille
de Rome. — Livre pontifical.
2. (c Je regardai, et je vis au milieu du trône et des quatre animaux
et au milieu des vieillards un agneau conmie égorgé... »
3. « Et il vint prendre le livre..., et après qu'il Teut ouvert, les quatre
animaux et les vingtrquàtre vieillards se prosternèrent devant TAgneau,
et ils chantaient: Vous êtes digne, Seigneur, de prendre le livre et
SIXIÈME SIÈCLE. 25
lumineux forme comme un nimbe qui en-
cadre cette représentation symbolique de
Dieu qui a souffert la mort pour racheter les
hommes. D'un côté trois candélabres, de
l'autre quatre, complètent le nombre sept*.
Deux anges ^ à gauche, deux anges à droite,
debout, vêtus de blanc, marchant sur des
nuages; à l'extrémité gauche, Y ange, sym-
bole de l'évangéliste Mathieu; du côté op-
posé, l'aig^/e, symbole de l'évangéliste Jean :
l'un et l'autre à demi cachés par les nuages.
Le Bœuf et le Lion auront, lorsque l'église a
été modernisée, disparu par la diminution de
l'arc, de même que le groupe des vingt-
quatre vieillards qui sont encore indiqués par
deux bras couverts d'un manteau et suppor-
tant une couronne, aux extrémités inférieures
de l'arc.
Les figures de la voûte hémisphérique de
l'abside sont de plus grande proportion que
d'en ouvrir les sceaux, parce que vous avez été mis à mort et que par
votre sang vous nous avez rachetés pour Dieu... »
1. « Il y avait devant le trône sept lampes allumées qui sont les sept
esprits de Dieu. »
2. « Je regardai encore et j'entendis autour du trùne, et des animaux
et des vieillards^ la voix de plusieurs anges. » — Apocalypse de saint
Jean, chap. iv etv.
26 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
celles de Tare. Jésus-Christ y est représenté
debout, marchant sur des nuages, bénissant de
la main droite, pressant un volumen de la main
gauche ; il domine deux groupes de person-
nages debout et placés trois à trois de Tun et
Tautre côté : les plus rapprochés de Jésus-
Christ sont les apôtres Pmil et Pierre pré-
sentant au Sauveur l'un saint Cosme^ l'autre
saint DamieHy qui, dans une attitude respec-
tueuse, tiennent en leurs mains la couronne
des martyrs. Vers l'extrémité gauche est le
pape saint Félix , portant un édicule qui
n'est autre que la basilique des Saints-Cosme-
et-Damien dont il est fondateur. Son nom est
écrit près de la tête : sang, feliî. papa, de même
que les mots sanc. theodorvs, le sont près de
celle de saint Théodore qui, placé à l'extrémité
opposée, porte sur ses mains, que recouvrent les
plis d'une riche chlamyde, une couronne d'o-
blation. Le sol de la Judée, que foule cette as-
semblée de saints , est désigné par le nom du
fleuve lORDANES et par les palmiers qui s'élè-
vent en arrière de saint Théodore et du pape
Félix. Un symbole que l'on rencontre en
cette mosaïque pour la première fois, mais
SIXIÈME SIÈCLE. 27
que Ton retrouve ailleurs, est un oiseau dont
la tête se détache sur une étoile rayonnante :
les interprètes y voient un phénix et une
image de la résurrection. Au-dessous de cette
composition s'étend, sur toute la longueur,
une zone étroite : Jésus-Christ y est figuré
sous la forme à^un agneau nimbé, debout
sur un monticule d'où s'écoulent les quatre
fleuves du Paradis désignés par leurs noms :
GION. FYSON. TIGRIS. EVFRATA. LeS apÔtrCS SOUt
représentés par douze brebis ^ disposées en
deux troupeaux de six, qui se dirigent vers
l'Agneau rédempteur, et semblent sortir des
villes saintes hiervsalem et bethleem qui oc-
cupent l'une et l'autre extrémité. Plus bas
sont inscrits sur deux lignes , six vers en let-
tres d'or sur bleu lapis :
AVLA dÎ CLARIS RADIAT SPEGIOSA METALLIS
IN QVA PLVS FIDEI LVX PRETIOSA MICAT
MARTYRIBVS MEDICIS POPVLO SPES CERTA SALVTIS
VENIT ET EX SACRO CREVIT HONORE LOCVS
OPTVLIT HOC DNÔ FELIX ANTISTITE DIGNVM
MVNVS VT AETHEBIA VIVAT IN AMCE POLI
[« La Maison de Dieu brille de Téclat des métaux les plus
purs , et la lumière de la foi y resplendit plus précieuse.
Les martyrs de la Médie ont assuré le salut du peuple, et
28 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
un honneur sacré a été attaché à ce lieu. Le pontife Félix
a offert au Seigneur ce don digne de lui^ atin de vivre dans
les demeures célestes. »]
Nota. Jésus- Christ et les anges sont nimbés. On remar-
quera que des deux symboles des évangélistes, un seul a le
nimbe, parce qu'il est ange. Le Christ bénit en élevant la
main dont les cinq doigts sont ouverts.
Pompeius Ugonius, cité parJ. Ciampini, Vet. Mon.,
P. il, f<» 60, raconte en son livre des stations des églises de
la ville, qu'au temps de Grégoire XIII (1572-1585) la figure
du pape Félix, détruite par les ravages des siècles, fut rem-
placée par une peinture où Ton substitua le visage de
Grégoire le Grand à celui de Félix IV , mais que sous le
pontificat d'Alexandre VU et par les soins du cardinal
François Barberini la figure fut refaite en mosaïque, et le
visage de Félix rétabli. Cette figure est donc un travail du
xvn» siècle, et la tète n'a pas l'authenticité d'un portrait
contemporain de Félix IV.
SIXIÈME SIÈCLE. W
SAINT-LAURENT HORS LES MURS
Dans la basilique de Saint -Laurent (hors
les murs) , fondée par Constantin, réédifîée
parle pape Pelage II* (577-590), le grand
arc y faisant face aujourd'hui à l'autel 2.
Jésus-Christ y est représenté assis sur le
globe du monde, bénissant de la main droite
et tenant de la gauche un bâton pastoral que
termine une croix ; des inscriptions désignent
les saints personnages qui sont placés debout
aux côtés du Sauveur. A sa droite, ses. petrvs.
SCS. laurentivs. pelagivs. episc. ; à sa gauche,
SCS. PAVLVS. SCS. stephanvs. sgs. yppolitvs.
Saint Pierre porte de la main gauche une
1. a Hic fecit supra corpus B. II fit sur le corps du bienheu-
Laurentii martyris basilicam, a reux Laurent, martyr, une basi-
fundamento constructam. » lique qu'il éleva depuis les fonde-
ments. — Livre pontifical.
2. L'entrée de la basilique de Pelage II était où Ton voit aujourd'hui
le trône épiscopal. L'arc, orné de mosaïques, précédait la tribune, con-
formément à Tusage; la position inaccoutumée qu'il occupe actuelle-
ment résulte des travaux d'Adrien I«', qui changea l'orientation de
l'église; plus tard Honorius III l'agrandit (1216-1227) et y ajouta la
grande nef.
30 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
longue croix, telle qu'est celle du Christ. Il
en est de même de saint Laurent qui tient
en outre un livre ouvert où sont écrits les
mots : DisPERdiT, DEDIT PAyPERiBvs^[«Il a répandu
ses biens avec libéralité sur les pauvres »].
L'évêque Pelage porte un édicule qui est la
basilique de Saint- Laurent qu'il a reconstruite
et ornée. Si nous nous reportons du côté op-
posé, le personnage le plus rapproché du
Christ est saint Paul tenant en la main gau-
che un volumen. Après lui saint Etienne ^ qui
porte un livre ouvert sur lequel on lit :
Kbs&xï ANIMA MEA^ [<c Mou âme s'est attachée à
vous suivre »]. Le dernier est saint Hippolyte
tenant une couronne gemmée. Les deux villes
saintes sont figurées vers les retombées de
l'arc, et désignées parleurs noms hiervsalem,
BETHLEEM (ellcs out été cu grande partie re-
faites). On lit autour de l'arc : martyrivm
FLAMMIS OLIM LEVITA SVBISTI. IVRE TVIS TEMPLIS
Lvx BENERANDA DEDIT * [« Autrcfois tu as subi le
1. David ^ psaume cxi, 9.
2. David ^ psaume lxu^ 9.
3. A la fia du xyii» siècle , cetto iuscription était eu partie détruite,
ou liaait seulement :
LBVITA SVBKSTI. IVRB TVIS TEMPLIS LVX BEI...
SIXIÈME SIÈCLE. 31
martyre par les flammes, c'est avec raison, ô
Lévite, qu'un éclat honorable est rendu à
tes temples »]. Le soflBte est orné d'une guir-
lande de fleurs et de fruits reliée par un
ruban, et au milieu est le monogramme du
Christ.
Nota. Le Christ^ les apôtres et les saints sont nimbés. Le
nimbe de Jésus-Christ est crudfère. Il bénit en joignant le
pouce aux deux derniers doigts, Tindex et le médium étant
droits.
La figure du pape Pelage II a été restaurée; la tête seule
existait avec Tépigraphe^ et tout le corps détruit^ à Texcep-
tion des pieds, avait été remplacé par une peinture^ lorsque
J. Ciampini, à la fin du xvii® siècle, publia dans ses Vêlera
Hîonimenta une planche de la mosaïque de Saint-Laurent-
hors-les-Murs. Le bras droit de saint Laurent, qui dans la
planche que je rappelle ici soutient une basilique, y est éga-
lement indiqué comme ayant été repeint^ mais on y remar-
que très -clairement que si une portion de la basilique est
peinte, la portion la plus considérable adhérente à la poi-
trine du saint martyr fait partie de la mosaïque et se rat-
tacherait difficilement à la figure du pape Pelage. Toutefois
Cianipini a pensé que c'était par une erreur du peintre que
la petite basilique était passée des mains de Pelage en
celles de saint Laurent^ et son opinion a été prise en consi-
dération lorsque la restauration en mosaïque a été entre-
prise. Dans rétat actuel, c'est Pelage qui porte, comme
fondateur^ la basilique de Saint -Laurent, et je ne sais si
cette prétendue restitution n'est pas une innovation erronée,
car la basilique, dans les mains du martyr saint Laurent,
38 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
était d'accord avec l'inscription citée par Gruyteré. —
Praesule Pelagio martyr Laurentius olim templa sibi sta-
tuit...
SEPTIÈME SIÈCLE
SAINTE-AGNÊS
Dans l'église de Sainte -Agnès (sur la voie
Nomentane), fondée par l'empereur Constan-
tin, restaurée par le pape Symmaque* (498-
514), réédifiée et ornée par le pape Hono-
rius P'2 (626-638), la voûte hémisphérique
de r abside.
Sainte Agnès ^ debout, tient en ses mains
le livre de vérité; elle est couronnée d'un
\ . « Absidam B. Agnetis ^ cui n renouvela l'abside de la bien-
rnina imminebat et omnem basi- heureuse Agnès ^ qui menaçait
licam renoyavit. » ruine, et toute la basilique. —
Livre pontifical.
2. «Fecit et ecclesiam B. Agne- Il fit aussi l'église de la bien-
tis martyri^, milliario ab urbe heureuseAgnès, martyre, au troi^
tertio, via Numentana, a solo, sième mille hors de la ville, sur
ubi requiescit, quam undique la voie Nomentane, au lieu où
ornavit, et exquisivit , ubi posuit elle repose; il l'orna et Tembellit,
multa dona... Fecit absidam ejus- y plaça beaucoup de dons... Il fit
dem basilics ex musivo. » l'abside de la même basilique en
mosaïque. — Livre pontifical.
3
34 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
bandeau gemmé, et vêtue d'im riche cos-
tume grec. Des flammes et une épée sont
placées près des pieds de la sainte pour rap-
peler les instruments de son martyre, et la
main de Dieu, déposant au-dessus de sa tête
la couronne qui en est la récompense, forme
le point culminant de la composition. Deux
papes sont représentés debout aux côtés de
sainte Agnès : l'un, qui porte en ses mains
la basilique, est Honorius; Vautre, tenant un
livre, est Symmaque dont les travaux de
réédification avaient précédé ceux d'Hono-
rius. Le nom de la sainte, sca agnes, est le
seul inscrit, le seul qui fasse connaître indu-
bitablement la figure qu'il accompagne. Une
riche guirlande de fruits et de fleurs, com-
prise entre deux galons de pierreries, en-
cadre la composition; une croix en forme
comme la clef. Au-dessous des personnages
est une inscription de douze vers, en lettres
d'or sur fond bleu lapis, partagée en trois
sections égales :
AVREA CONCÏSIS SVRGIT PICTVRA METALLIS
ET CQMPLEXA SIMVL CLAVDITVR IPSA DIES
FONTIBVS E MIBEIS CREDAS AVRORAS VRIRE
SEPTIÈME SIÈCLE. 35
CORREPTAS NVBES RVRIBVS AEVA RIGANS
VEL QVALEM INTER SIDERA LVGEM PROFERET IRIM
PVRPVREVS QVE PAVO IPSE COLORE NITENS
QVI POTVIT NOCTIS VEl LVGIS REDDERE FINEM
MARTTRVM E BVSTIS HINC RIPPVLIT ILLE CHAOS
SVRSVM VERSA NVTV QVOU CVNCTIS CERNITVR VNO
PRAESVL HONORIVS HAEG VOTA DICATA DEblT
VESTIBVS ET FACTIS SIGNANTVR ILLIVS ORA
AECET (sic) ET ASPECTV LVCIDA CORDA GERENS
[a Des métaux taillés produisent une peinture d'or^ et la
lumière du jour y semble comprise et renfermée. On croH
rait que Taurore, rassemblant les nuages à des sources
liquides, brûle et répand la vie sur les campagnes. Telle la
lumière que produit Tarc-en-ciel entre les astres, tel l'éclat
empourpré des couleurs du paon. Le chaos, qui a pu mettre
un terme à la nuit comme au jour, a sorti le martyr des
tombeaux. Sur un signe d'en haut qui est vu de tous, le
pontife Honorius a fait connaître ces vœux. Ses vêtements
et ses actes le désignent^ son visage laisse deviner un cœur
pur. »]
Nota. La sainte est nimbée. Les deux têtes des papes
Symmaque et Honorius avaient été détruites par les ravages
du temps et ont été refaites. (Voir J. Ciampini, Vêlera Mo-
nimenta, P. if, p. 405, pi. xxix.)
36 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
ORATOIRE
SAINT-VENANCE.
Dans Foratoire de Saint- Venange*, attenant
au baptistère de Saint -Jean- de -Latran, Varc
et la voûte de la tribune , exécutés sous le
pontificat de Jean IV 2 (639-642).
En la partie centrale et supérieure de Tare
sont les animaux symboliques j disposés en
deux groupes : à gauche, l'ange de saint
Mathieu, le bœuf de saint Luc; à droite, le
lion de saint Marc et Faigle de saint Jean.
1. Martyr décapité à l'âge de quinze ans, sous l'empereur Dèce et le
gouverneur Antiochus.
2. « Fecit ecciesiam beatis mar- Il fit une église pour les bien-
tyribus Venantio , Anastasio, heureux'martyrsVenance, Anas-
Mauro et aliis multis martyribus. tase , Maure et beaucoup d'autres
Quorum reliquias de Dalmatia et martyrs dont il avait fait rapporter
Istria adduci prseceperat et recon- les restes de Dalmatie et distrie,
didit eas in ecclesia suprascripta et il les renferma dans ladite
juxtafontemLateranensemJuxta église, près le baptistère de La-
Oratorium B. Joannis Evange- tran et l'oratoire du bienheureux
listae, quam ornavit... » Jean l'évangéliste; il l'orna... —
Livre pontifical.
SEPTIÈME SIÈCLE. 37
Chacun d'eux, à demi caché par des nua-
ges, tient le livre des Évangiles richement
omé. Les villes saintes de Bethléem et Jé-
rusalem sont figurées vers les extrémités.
Quatre saints, debout, sont placés à gauche
en l'une des portions inférieures de l'arc, et
quatre à droite répétant la même disposition :
leurs noms, inscrits au-dessus des têtes, dé-
signent chacun d'eux : à gauche, ses. anas-
TASIVS ses. ASTERIVS SGS. TEUVS SCS.
PAVLiNiANvs. A droite, ses. mavrvs — ses. sep-
TIMIVS ses. ANTIOeHIANVS SCS. GAIANVS.
Saint Anastase ^ porte une couronne de
martyr, saint Aster un volumen, saint Tell
^i saint Paulinien une couronne. Saint Maur
et saint Septime ont en leurs mains le livre
de vérité, saint Antiochien et saint Gaien
une couronne.
Si l'on examine la voûte, on remarque
en la partie supérieure où sont indiqués
des nuages, l'image en buste de Jésus^
Christ bénissant, et des anges à ses côtés;
. 1. Les saints martyrs Anastase et ses compagnons endurèrent la mort
dans la persécution de Dèce^ sons le goaTemeur Antiochns. Ils ne sont
connus que par les actes de saint Venance.
38 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
en la partie inférieure, la Mère de Dieu de-
bout, les mains élevées, ayant à sa droite
saint Paul y à sa gauche saint Pierre; puis
à la droite de saint Paul, deux saints dési-
gnés par leurs noms qui sont écrits près des
têtes: SCS. iohannis ev^. — ses, venantivs, et
un dernier qui est le pape Jean IV. J'ai dit
que saint Pierre était placé à la gauche de la
Vierge; deux saints qui suivent sont désignés
par leurs noms : ses. iohannis ba — ses.
DOMNio. Le quatrième est le pape Théodore,
successeur de Jean IV. La Mère de Dieu
est représentée dans la pose des adorantes.
Saint Paul, saint Jean évangéliste et saint
Venance tiennent de la main droite, l'un
le livre des Évangiles, les deux autres un
missel posé sur la gauche que recouvre le
manteau ou la dalmatique. Jean IV porte
sur les deux mains, qui sont cachées sous
son vêtement pontifical, un édicule repré-
sentant l'oratoire par lui consacré à saint Ve-
nance. Du côté opposé, saint Pierre tient
de la main droite une clef et de la gauche
une croix portée par un long manche; saint
Jean- Baptiste un long bâton qui se termine
SEPTIÈME SIÈCLE. 39
^n croix; saint Domnio^ appuie la main droite
sur un missel soutenu par la gauche que re-
couvre sa dalmatique, et un livre semblable
est posé sur les mains du pape Théodore ca-
chées sous son manteau sacerdotal. Au-des-
sous de la réunion des saints règne, sur deux
lignes et divisée en trois sections, une in-
scription de six vers qui sont :
MARTIRTBVS XPI DNÎ PU VOTA lOHANNES
REDDIDIT ANTISTES SAGRIFIGANTE DEO
AT SACRI FONTIS SIMILI FVLGENTE METALLO
PROVIDVS INSTANTER HOG COPVLAVIT OPVS
QVO QVIS QVIS GRAOIENS ET XPM PRONVS ADORS
EFFYSAS Q PREGES IMPETRAT ILLE SVAS
[c( Le pontife Jean^ pendant le sacrifice divin , a fait un
voeu pieux pour les martyrs de Notre Seigneur Jésus-Christ,
et poursuivant avec persévérance, il a formé cet ouvrage
dont réclat métallique brille à l'égal des eaux sacrées;
quiconque s'en approche, s'incline et adore le Christ, ob-
tient Taccomplissement des prières sorties de son âme. »]
Nota. JésusrChrist, les anges, la Mère de Dieu, les deux
apôtres, les saints, les pontifes et Tévéque sont nimbés.
1. Évéque de Salone, en Dalmatie.
40 MOSAÏQUES CHRÉTIENNE
SAINT-ÉTIENNE.
Dans l'église de Saint -Etienne (sur le mont
Cœlius), /a voûte d'un autel consacré aux saints
Prime et Félicien^, au lieu où leurs corps
furent transférés par le pape Théodose P'^
(642-649).
Au sommet est une main qui tient la cou-
ronne des martyrs; plus bas, une image en
buste du Sauveur; au-dessous, une grande
croix gemmée qui descend jusque sur le sol.
Les saints Prime et Félicien sont représentés
1. Martyrisés sous les empereurs Dioclétien et Maximieu. — Marty-
rologe romain, 9 juin.
2. « Eodem tempore relevata Dans le même temps furent re-
suntcorpora sanctorummartyrum levés les corps des saints martyrs
Primi et Feliciani quae erant in Prime et Félicien^ qui étaient
arenario sepulta, via Numentana, dans l'arenaire^ ensevelis sur la
etadductasuntinurbemRomam. voie Nomentane^ et ils furent
Quae et recondita sunt in basi- apportés dans la ville de Rome et
lica B. Stephani Protomartyris ils furent renfermés dans la ba-
ubi et doua obtulit. » silique du bienheureux Etienne
protonnartyr, où il offrit des dons.
— Livre pontifical.
: SEPTIÈME SIÈCLE. 41
debout de Tun et l'autre côté de la croix, sou-
tenant de la main droite un volumen appuyjé
sur la main gauche que recouvre leur man-
teau; l'un et l'autre sont désignés par leurs
noms qui se lisent près des têtes : + ses. pri-
Mvs. + ses. FELiGiANDS. Lcs terrains sont garnis
de plantes fleuries, et une inscription règne
au-dessous sur toute la longueur :
ASPICIS AVRATVM CAELESTI CVLMINE TECTVM
ASTRIFERVM QVE MICANS PRAECLARO LVMINE FVLTVM*.
[a Tu vois ce lieu dont le faîte céleste est doré et ce divin
visage brillant d'une clarté lumineuse. »]
Nota. Les deux saints sont nimbés. La- tète du Sauveur
est renfermée dans un disque qui en est à la fois le nimbe
et le cadre.
l. Jani Gruteri Corpus inscriptioniim , t. ii, p. 1164, 19.
it MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
SAINT-PIERRE-AUX-UENS.
• Dans l'église de Saint-Pierre -aux-Liens,
une image de saint Sébastien, placée à la
suite d'une peste qui ravcigea Rome en l'an
680 ^
Saint Sébastien y est représenté debout,
soutenant de la main droite sa couronne de
martyr qui est posée sur la gauche recouverte
de sa chlamyde. Le nom du saint : ses. sebas-
TiANVs , est inscrit en lettres superposées sur
deux lignes parallèles à la figure.
Nota. Le saint est nimbé. Son costume est celui des
hommes nobles de Gonstantinople. Le manteau est agrafé
sur répaule droite, les jambes sont cachées par un panta-
lon et les pieds sont chaussés.
1. Voir Paulus Diaconus, De Gestis Longobardoram, lib. v.— Baro-
ûius , No 52. — Bollandus ad diem Januarii , N*» 25. — Cités par J . Ciam-
pini, Vet. Mon., P. ii, fol. 114-116.
Elle fut dans l'origine placée près de la porte, à gauche, et en 1683
transportée où on la voit aajourd'hui , deuxième autel à gauche.
HUITIÈME SIÈCLE
SAINTE-MARTE-IN-COSMEDIN.
Dans la sacristie de Téglise de Sainte -Marie-
iN-CosMEDiN, on voit un tableau en mosdique^,
fragment d'une composition qui a dû être
Y Adoration des Mages et provenant d'une
chapelle que le pape Jean VII (705-708)
avait érigée, en l'honneur de la Mère de
Dieu, dans la basilique ancienne de Saint -
Pierre -AU -Vatican .
La Vierge Marie y est représentée assise,
ayant sur ses genoux son divin enfant qui
avance les mains; une boîte et le bras qui
la porte sont tout ce qui reste d'un roi mage.
Saint Joseph est debout, près du siège de la
Vierge, et, du côté opposé, un ange tenant
un long bâton. Une inscription du xvii® siècle
explique l'origine de cette mosaïque et la date
i. Uyaété placé en 1639.
44 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
de sa translation en l'église de Sainte -Marie -
in-Cosmedin.
VrBANO VIII. p. M.
VETYSTISSIMAS HAS MVSIYAS IMAGINES IN ORATORIO DeI
GENITRICIS INTRA B. PeTRI BaSILICAM A lOANNE VII AD ANNVM DCCV
EXiEDIFICATO OLIM EXTANTES ET IN EIVSDEM BASILICS SVBPaVLO V
AmPLIFICATIONE pie SERVATAS hic An PERPETVVBf REI SACRiE
HONVMENTVM lo. AnT.GhEZZIVS HOM. HVIVS DlACONl^ CaNONIGVS
DONAVIT ET AFFIGENDAS CVRAVIT ANNO SALVTIS MDCXXXIX.
[a Sous le ponlîficat d'Urbain VHI, ces très-anciennes
images en mosaïque qui, autrefois, étaient dans l'oratoire
de la Mère de Dieu, édifié dans la basilique du bienheureux
Pierre, par Jean VII, en l'année 705, et avaient été pieu-
sement conservées dans l'agrandissement de cette même
basilique sous Paul V, ont été , pour perpétuer un monu-
ment sacré, données à cette église et placées en ce lieu par
les soins de Jean- Antoine Ghezzi, romain, chanoine de ce
diaconat, Tan de grâce 1639. »]
Des fragments, provenant du même oratoire, ont été
placés dans les cryptes du Vatican, avec des inscriptions
qui les font reconnaître :
HAEC. B. VIRGINIS. MVSIVA. IMAGO. ERAT. AD. SACELLVN.
lOANNis. PAPiE VU. [a Cette image en mosaïque de la bien-
heureuse Vierge était dans la chapelle du pape Jean VII »].
IMAGO. PETRI. PRJIDIGANTIS. ROMANIS. EX. SACELLO. lOANNIS.
VU. PAPiE. PAVLO. V. PONT. MAX. [« Image de Pierre prê-
HUITIÈME SIÈCLE. 45
chant les Romains^ provenant de la chapelle du pape
Jean VII, placée ici sous le pontificat de Paul V»].
IMAGO. lOANNIS. VII. P. M. EX. SVO. SACELLO. HIC. REPO-
siTA. ANNO. MDCix. [ « Image du souverain pontife Jean VII^
provenant de sa chapelle^ placée ici en Tan i609»]. Le
nimbe carré et le petit édicule que porte le pontife^ dési-
gnent le portrait d'un personnage vivant et du fondateur
d'un lieu saint.
46 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES
SAINT-THÉODORE.
Dans l'église de Saint-Théodore, érigée par
le pape Adrien P' (772-795), sur les ruines
du temple de Vesta, une voûte hémisphé-
rique en arrière de F autel.
Au sommet est la main de Dieu tenant
une couronne au-dessus de la tête de Jésus-
Christ représenté assis sur le globe du monde,
bénissant, et portant de la main gauche une
longue croix. Deux groupes sont disposés sur
les côtés : à la droite du Christ, saint Paul
debout, un volumen dans la main, présente à
son divin maître un jeune homme qui tend
vers Jésus-Christ ses deux mains soutenant une
couronne posée sur une riche étoflfe. Du côté
opposé, c'est saint Pierre^ portant une clef,
qui présente à Jésus-Christ saint Théodore^;
1. Il est représenté ici avec le même costmne d'étoffe et de coupe
orientales que dans la mosaïque des saints Gosme et Damîen, où il est
désigné par son nom.
HUITIÈME SIÈCLE. 47
celui-ci, de même que le saint déjà décrit,
étend vers le Sauveur la couronne d'obla-
tion.
Nota. Le nimbe du Christ est crucifère; celui des apô-
tres est formé par un double trait^ noir et blanc. Jésus bé-
nit en joignant le pouce aux deux derniers doigts, Tindex
et le médium étant droits. Le Christ et les deux apAtres
ont, suivant Tusage constant, les pieds nus et des sandales;
les deux personnages habillés en laïques ont des bas et des
souliers.
48 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
SAINTE-PUDENTIENNE.
Dans Téglise de Sainte-Pudentienne , (peut-
être la plus ancienne de Rome), fondée Tan
154 par le pape Pie P% d'Aquilée, sur l'em-
placement de la maison du sénateur Pudens,
restaurée par Adrien P' (772-795), la voûte
de la tribune.
JésuS'Christ occupe le milieu, assis sur un
trône richement orné; il bénit de la main
droite et tient de la gauche un livre ouvert,
sur lequel sont écrits les mots : dominvs gon-
SERVATOR EGCLESIAE PUDENTIANAE [« le ScignCUr
conservateur de Téglise de Pudentienne »].
Les animaux symboliques, Y ange j le lion^ le
bœuf et V aigle sont figurés dans des nuages,
et une grande croix gemmée, dont le pied
repose sur une montagne, s'élève en souve-
nir du Calvaire à l'arrière du Sauveur. Les
apôtres saint Paul et saint Pierre sont re-
présentés à mi-corps, le premier à droite.
HUITIÈME SIÈCLE. 49
le second à gauche de leur divin maître.
Tous deux sont vus de profil : saint Paul est
désigné par un livre sur lequel on lit : liber
GENERATiONis ^, ct unc femme, qui est sainte
Pudentienne y tient au-dessus de sa tête la
couronne des martyrs. C'est en raison d'une
même idée que sainte Praxède est représen-
tée, du côté opposé, couronnant, par une ac-
tion semblable, l'apôtre saint Pierre. Près de
cet admirable groupe, est un vieillard de qui
les cheveux blancs et la barbe blanche sont
les seuls indices qui puissent faire recon-
naître Pudens^j père des deux saintes et de
Novatus et Timothée qui, sans doute, sont
mêlés aux personnages vus en buste vers les
extrémités, rien ne distinguant ceux-ci des
autres. On en compte trois à la gauche de
Pudens, quatre à la droite de saint Paul.
i. « Car je ne rougis pas de l'Évangile^ parce qu'il est la vertu de
Dieu^ pour sauver tous ceux qui croient : premièrement les Juifs et
puis les Gentils. » — Épltre de saint Paul.
2. Il était Romain et sénateur^ et fut converti à ia foi avec toute sa
famille et ses domestiques par Tapôtre saint Pierre qui habita sa mai-
son^ lorsqu'il vint à Rome en Tan 44, et y célébra la messe sur un
autel privé.
50 MOSAÏQUES -CHRÉTIENNES.
TRICLINIUM DU LATRAN.
(HÏPlODBiCTIOV)
Sur la place de Saint-Jean-de-Latran, près
de l'escalier saint, est une sorte de tribune
où a été rétablie, sous le pontificat de Be-
noit XIV (1740-1758), la mosaïque dont le
pape Léon III (795-816) avait orné une salle
du palais de Latran, connue sous le nom de
Triclinium. Elle se compose S! un arc et
d^une voûte.
Deux groupes sont disposés sur les côtés
de l'arc. Si l'on regarde à gauche, l'on voit
Jésus -Christ assis, tenant deux clefs de la
main droite et de l'autre un étendard que
surmonte une croix; deux personnages sont
agenouillés aux pieds du Sauveur : l'un est le
pape Sylvestre^ et les clefs que lui présente
le Fils de Dieu le désignent comme le succès-
HUITIÈME SIÈCLE. 51
seur de saint Pierre; l'autre, couronné, armé
d'une épée et serrant contre sa poitrine l'é-
tendard du Christ, est Vempereur Constan-
tin dont le ïioni se lit près de la tête : r.
cosTANTiNvs. Si l'ou porte les regards à droite,
l'on reconnaît, dans une disposition semblable,
le prince des Apôtres ^ désigné par une in-
scription ; SCS. PETRvs; il présente un pal-
lium au pape Léon III dont le nom se lit
près de la tête : + scimvs dn leo pp [« Sanc-
tissimus Dominus Leo Papa »], et soutient un
étendard que porte de la main droite Char-
lemagne^ désigné par cette inscription : dn
CARLo REGI. La réuniou des deux membres de
la phrase, le très-saint seigneur et pontife
Léon au seigneur Charles roi y présente
cette partie historique d'une décoration sa-
crée comme un hommage du pape Léon à
l'empereur Charlemagne. L'inscription qui
se lit au-dessous du groupe, renfermée en
une tablette , ajoute quelque chose de plus :
BEATE • PETRE • DONA • VITA • LEON • PP •
E • BICTORU • GARVLO • REGI • DONA [ C< BicU-
heureux Pierre, donne la vie au pape Léon et
la victoire au roi Charles >:>]; on lit autour de
52 MOSAÏQUES CHRÉTIENiNES.
l'arc : gloria • in • excelsis • deo • et •
IN • terra • PAX • OMNIBVS • BONE • BOLVN-
TATis [c< Gloire à Dieu au haut des cieux,
et paix sur la terre aux hommes de bonne
volonté »].
La scène représentée sur la voûte est \ Ap-
parition aux onze apôtres après la Résur-
rection. Tous les personnages sont debout,
Jésus-Christ occupe le centre, bénissant, te-
nant un livre ouvert sur lequel sont tracés les
mots PAX voBis, qui sont ceux qu'il prononça
d'abord^ en se présentant au milieu d'eux;
il est placé sur un monticule d'où s'échap-
pent quatre courants qui font allusion aux
fleuves du Paradis. Cinq apôtres sont posés
à la droite du Sauveur, et le plus rapproché
de lui est saint Pierre, qui porte une clef et
une longue croix ; six sont à gauche , et
ceux-là, de même que les autres, ont les
mains cachées par leur manteau. U inscrip-
tion qui règne au-dessus renferme les pa-
roles de Jésus-Christ aux onze apôtres ^ :
1. ËvaDgile selon saint Luc^ chap. xxiy, 86.
2. Évangile selon saint Mathieu^ chap. xxyiii, 19 et 20.
HUITIÈME SIÈCLE. Ô3
DOGETE OMNES GENTES VAPTIZANTES EOS IN NOMINE PATRIS
ET FILII ET SPIRITVS SGS ET EGGE EGO VOfilSCYM SYM
OMNIBVS DIEBYS YSQYE AD GONSYMATIONEM SEGVLI.
[a Allez et instruisez tous les peuples^ les baptisant au
nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit Et assurez-
vous que je serai toujours avec vous jusqu'à la consomma-
tion des siècles. r> ]
Le monogramme du pape Léon III se re-
marque au milieu de la guirlande de feuil-
lages et fruits qui forme l'encadrement de
l'arc.
L'origine et les transformations de la mo-
saïque du Triclinium sont relatées dans trois
longues inscriptions^ qui se lisent sur les murs
de la tribune, restaurée sous la direction de
l'architecte Valadier et du peintre Camuc-
cini.
4.9 Léo papa tertius fecit in Le pape Léon III a fait dans
patriarchio Lateranensi tricli- le patriarchat de Latran un
nium maj us super omniatricli- triclinium. grand par dessus
nia nominis sui magnitudine tous, et qui dut plus d'éclat
decoratum ponens in eo funda- encore à la grandeur de son
menta Grmissima et in circuitu nom ; l'établissant sur des fon-
laminis marmoreis omavit atr déments solides, il en orna le
que marmoribus in exemplis tour d'un revètissement de
stravitetdiversiscolumnistum marbre incrusté de pièces
porphyreticis quumque albis et d'autres marbres. Il le décora
sculptiscumvasisetliliissimul de diverses colonnes tant de
54
xMOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
positisdecoravit. Cameram cum
apsida de musivo et alias duas
apsidas diversas historias pin-
gens marmorum incrustatione
pariter in circuitu decoravit. »
(Ex Anastasio bibliotheca-
rio.)
Franciscus S.*AgathiB, diac.
cardinalis Barberinus triclinii
a Leone III rom. pontefice con-
structi a Leone lY successore
sexagesimo post anno reparati
nostra tandem œtate pêne di-
ruti partem banc illustriorem
in qua utraque imperii romani
translatio redditaque urbi pax
publica continetur parietibus
hinc inde suffulsit, camerae
musivum restauravit labansque
olim dextrum apsidis emblema
antiquariorum diligentia colo-
ribus exceptum penitus deinde
collapsum ad priscum exem-
plum summa fide ex musivo
restituit anno jubilei 4625.
Benedictus XIV P. M. anti-
quissimum ex vermiciilato opère
monimenturo in occidentali ap-
porphyre que blanches et sculp-
tées avec des vases garnis de
lys. Il décora également une
voûte en abside et deux autres
absides par des mosaïques,
reproduisant diverses histoires
par des marbres incrustés.
(Extrait d'Anastase le biblio-
thécaire. )
François, diacre de Sainte-
Agathe, cardinal Barberini, a
fait maintenir sur ces murailles
cette portion du Triclinium,
construit par le pontife ro-
main Léon m, réparé soixante
ans après par son successeur
Léon IV, presque détruit de
notre temps ; elle en est la plus
illustre , contenant le transport
des deux pouvoirs de l'empire
romain et le souvenir de la
paix pubh'que rendue à la ville.
Il a restauré la mosaïque de la
voûte et a rétabli avec une
grande bonne foi le côté droit
de l'abside qui jadis menaçant
ruine, avait été soutenu par
les soins des antiquaires qui
l'avaient fait peindre, était
ensuite tombé en entier. Il l'a
fait refaire tel qu'il avait existé
jadis, l'an du jubilé 1625.
Benoit XIV , souverain pon-
tife, remplissant les vœux des
hommes éradits, a rendu à
HUITIÈME SIÈCLE.
55
side Lateranensis cœnaculi a
Leone III sacro cogeudo sena-
lui aliisque solemnibua pera-
gendis extructi quod ad templi
arcam laxan^am Glemens XII
integrum loco moveri et ad
proximum S. Laurentii orato-
rium coUocari jusserat vel arti-
ficum împeritia vel rei difli-
cultate diffractum ac penitus
disjectum ne illustre adeo pon-
tifici» majestatis authoritatis-
que argumentum literariae rei-
publicse damno interiret ad
fidem exempli ipsius démen-
tis providentia stantibus adhuc
parietinis accurate coloribus
expressi et simillime in Vati-
cano codice veteris \)icturaB
nova apside a fundamentis ex-
citata eruditorum virorum vo-
tis occurrens urbi aeternas res-
tituit anno 1743 pont, sui 3.
la ville étemelle le très-anti-
que monument en mosaïque
de Tabside occidentale du cé-
nacle de Latran , construit par
Léon III pour réunir le sacré
collège et pour d'autres solen-
nités. Gément XII, afin d'a-
grandir, la cour du temple,
l'avait changé de place entière-
ment et ordonné qu'il fût placé
près l'oratoire de Saint-Lau-
rent. L'inhabileté des ouvriers
ou la difficulté de l'opération en
avait entratné la rupture et la
destruction presque totale. Ne
voulant pas qu'un monument
si illustre de la majesté et de
l'autorité pontificale pérît au
détriment de la république des
lettres, suivant l'exemple du
pape Clément, tandis que les
murailles étaient encore de-
bout, la faisant reproduire
exactement par la peinture et
s'aidant d'un ancien dessin de
la bibliothèque du Vatican , il
a rétabli la mosaïque sur une
abside nouvelle, construite de-
puis les fondations, l'an 4743,
troisième de son pontificat.
A la bibliothèque du Vatican^ une tête d'apôtre et un
fragment d*une autre téte^ provenant du triclinium de
Saint- Jean-de- Latran^ sont indiqués par ces mots : Frag-
menta musivi veteris triclinii lateranensis a Leone m tem-
56 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
poribus Garoli magni constructi [ « Fragments de Tantique
mosaïque du triclinium de SainWean-de-Latran ^ construit
par Léon III, du temps de Charlemagne »].
Nota. Une lettre du pape Adrien I" à Tempereiu» Char-
lemagne renferme toute la pensée exprimée par son succes-
seur sur la voûte du triclinium de Latran : et Et comme aux
a temps du bienheureux Sylvestre^ pontife romain^ par la
a largesse du très -pieux et grand empereur Constantin de
a sainte mémoire^ la sainte église de Dieu^ catholique^ apos-
"i tolique et romaine, a été élevée et exaltée, et sa puis-
ce sance étendue dans ces parties de THespérie; de même
p, S ^ 7 . « en votre temps très-heureux et le nôtre , la sainte église
a de Dieu et du bienheureux Pierre, apôtre, a été doublée
a et étendue, et reste de plus en plus exaltée, si bien que
a toutes les nations qui en sont informées s'écrient : Do-
a mine salvum fac Regem et exaudi nos in die qua invo-
a caverimus te [a Seigneur, protège le Roi et exauce en ce
« jour nos prières »], parce que voici qu'un nouveau Con-
« stantin, empereur très-chrétien, s'est levé en ces temps,
a par qui Dieu a daigné répandre tous ses biens sur sa
et sainte église du bienheureux Pierre, prince des apôtres. i>
NEUVIÈME SIÈCLE
SAINTS-NÉRÉE-ET-ACHILLÉE.
Dans Féglise des Saïnts-Nérée-et-Achil-
LÉE^, réédifiée et ornée par le pape Léon IIP
(795-816), rare de la tribune.
La Transfiguration y est représentée :
Jésus 'Christ y debout et bénissant, occupe le
centre d'une gloire de forme ovale; les pro-
phètes Moïse et Elie sont à ses côtés, et les
1. Ils étaient frères^ ennuqnes au service de Flavia Domitilla; ils
fuient eiilés avec cette femme chrétienne an temps de la persécution
de Domitien. Ils refusèrent d'immoler aux idoles et eurent la tète
tranchée.
2. « Hic a Deo inspiratus vene- Ce yénérable et illustre pontife ,
rahilis et prceclarus pontifex, con- inspiré de Dieu^ considérant Té-
spiciens ecclesiam beatorum mar- glise des bienheureux martyrs
tyrum Nerei et Achillei prœ ni- Nerée et Achillée qui tombait déjà
mià jam vetustate deflcere , atque de vétusté et se remplissait d'eau^
aquarum inundantia repleri , près de la même église^ en fonda
juxta eamdem ecclesiam noviter et construisit une nouvelle, en
a fundamentis in loco superiore un lieu plus élevé, très-grande^
Ecclesiam construxit miras ma- et qu'il embellit et décora. —
gnitudinis et pulchritudinis de- livre pontifical.
coratam. »
58 MOSAÏQUES CHRÉTINENES.
apôtres Pierre, Jacques et Jean sont pro-
sternés à ses pieds. Vers les extrémités sont
deux groupes où la vierge Marte est figurée
deux fois, accompagnée diun ange : à gauche,
au moment de l'Annonciation ; à droite ,
comme mère de Dieu, tenant sur son sein
l'enfant Jésus.
NBUVIÈMË SIÈCLE. • 59
SAINTE-MARIE-DE-LA-NACELLE.
Dans l'église de Sàinte-Marie-della-Navi-
GELLA ( autrefois Samta-Maria -in -Dohiniga ) ,
réédifiée par le pape Paschal P'^ (817-824),
la partie supérieure de F arc et la voûte de
V abside.
Au sommet de l'arc est l'image de Jésus-
Christ assis , la main gauche appuyée sur un
livre, renfermée en une gloire de forme ovale ;
un ange est debout à la droite, un ange à la
gauche, et à la suite de chacun d'eux six et
1. « Ecclesitm sancts Dei Geni- L*égli86 ^e la très-sainte Mère
tricis^ semper que Virginie Manœ de Dieu et toujours Vierge Marie^
Domina nostrae quaB appellatur notre reine, qui est appelée Do-
Dominica, olim constmctam et minica, construite autrefois, me-
jam ruina proximam solerti vi- naçait ruine; ledit pontife, en
gilantiaprffifatusPontifexamplio- son habile sollicitude, relevant
rem, melioremque quam antea ses fondements, la renouvela plus
fuerat, a fnndamentis sdiflcans grande et meilleure qu'elle n'avait
renova vit. Absidamque ejusdem été, et il décora d*une belle mo-
Ecclesis musivo mirifice déco- salque Tabside de la môme église,
ravit » — Livre pontifical.
60 • MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
SIX apôtres y également debout, portant le
livre des évangiles, à l'exception du premier
à droite, que deux clefs désignent comme l'a-
pôtre saint Pierre.
La voûte est ornée d'une figure de la
vierge Marie assise, tenant sur ses genoux
le divin enfant; le pape Paschal, agenouillé
sur le tapis du trône, tient en ses mains le pied
droit de la Vierge. Sur les côtés sont dispo-
sés deux groupes à' anges qui se pressent vers
la Mère de Dieu. La guirlande de feuillage
qui encadre la composition a pour clef un
médaillon central, contenant le monogramme
du pape Paschal, et son nom est rappelé
dans les vers qui se lisent au-dessous des
figures :
ISTA DOMVS PRIDEM FVERAT GONFRACTA RVINIS
NVNG RVTILAT 1V6ITER VARflS DECORATA METALLIS
ET DECVS ECCE SVVS SPLENDET CEV PHOEBVS IN ORBE
QVI POST FVRVA FVGANS TETRAE VELAMINA NOGTIS
VIRGO MARIA TIBI PASGHALIS PRAESVL HONESTVS
GONDIDIT HANG AVLAM LAETVS PER SABGLA MANENDAM.
[ c( II y a quelque temps que cette maison tombait en
ruines, maintenant elle brille à toujours de Téclat varié des
métaux^ et sa gloire resplendit telle que Phœbus dans Tu-
NEUVIÈME SIÈCLE. 61
nivers^ lorsqu'il se dégage des voiles ténébreux de Tobscure
nuit. Vierge Marie ^ c'est pour toi que le vénérable pontife
Paschal a bâti avec joie cette demeure qui vivra dans les
siècles, d]
62 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
SAINTE-PRAXÈDE.
Dans l'église de Sainte -Praxède, (l'une des
plus anciennes de Rome), fondée dans le
n* siècle de l'ère chrétienne, sur l'emplace-
ment de la maison du sénateur Pudens qui
reçut le baptême des mains de l'apôtre Pierre,
avec Novatus et Timothée ses fils, Praxède et
Pudentienne ses filles, et quatre-vingt-dix
domestiques; renouvelée par Adrien P'^ (772-
795); réédifiée par Paschal P^ (817-8214),
l.ffTitulumveTosanctaePraxe- Il renouvela en entier l'église
dis ex parte ruentem in integrum de Sainte-Praxède , qui s'écroulait
renovavit. en partie.
S.aEcclesiametiambeatissimœ L'église de la bienheureuse
Christi Martyris Prazedis^ qu» martyre en Jésus-Cbrist Praxède,
quondam priscis aediflcata tem- bâtie dans les anciens temps ^ dé-
poribus nimio jam lassata senio^ truite par la vieillesse^ prête à
ita ut a fundamentis casnra^ rui- tomber par ses fondations ^ me-
nam sui minaretur^ idem vene- naçait ruine; ce vénérable pon-
rabilis Pontifez... in alium non tife...^ en changeant quelque peu
longe demutans locum in melio- ^a place, Téleva en meilleur état
rem eam quam dudum fuerat^ qu'elle n'avait été. Il décora de
erezit statum. Absidam vero ejus- couleurs variées Tabside de la
dem ecclesiœ musivo opère exor- môme église ornée d'une mosal-
NEUVIÈME SIÈCLE. 63
1*" un grand arc; 2* l'arc et la voûte de
l'abside; 3** la chapelle de saiut Zenon.
La décoration de l'arc triomphal représeoite
la vision de saint Jean^. Une enceinte de
murailles, entourant un espace de forme ovale,
contient les serviteurs de Dieu : Jésus-Christ
occupe le centre , debout, tenant de la main
gauche le globe du mond^. sunnonté d'une
croix; un ange est à sa droite, un ang^ à sa
gauche. Sainte Praxède et sainte Puden-
tienne sont à ses pieds; PudenSj leur père,
natam variis decenter coloribus que^ et de la même manière il
decoiavit. Simili modo, et ai- acheva merveineaiemait et à
cmn triumphalem eisdem me- l'aide des mômes émaux un arc
taUis mirum in modum perficiens triomphal... En outre , il fit dans
compsit... Quinimo , et in ead«m la même égtiee Teratoim du hiai-
ecclesia fecit oratorium B. Zeno- heureux Zenon, martyr en Jésus-
nis Oirtsti martyris, ubi et sa- Christ, et y plaçant «on corps yé-
cratissimum ^us coipus ponens nérô il Toma de mosaïques ayec
musivo amplianter omavit. » profusion. •— Livre pontifical.
1. « JeTis quatre anges anx quatre «ornsde la terre, qui retenaient
les quatre vents du monde... Je vis encore un autre ange qui montait
du côté deVorient, ayant le sceau du Dieu vivant, et il cria d'une forte
voix au quatre anges qui avaient reçu le pouvoir de frapper de plaies
la terre et la mer, en disant : Ne frappez point la terre, ni la mer> ni
les arbres, jusqu'à ce que nous ayons marqué au front les serviteurs
de notre Dieu. £1 j*entendis que le nombie de «eux qui avaient été
marqués était de cent quarante-quatre mille, de toutes les tribus des
eofaïKls d'Isiaâ... Je vis ensuite une grande mtfKitiide , que penemie
ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple
ot de toute langue. Us étaient debout... vôtiu de roèes iiUiifihes et ayant
des palmes à la maio. » — Àpaoei^pte^^^iap. m.
64 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
vers l'extrémité à gauche; Novatus et Timo-
thesy leurs frères, à l'extrémité opposée; au
premier rang, les élus du Seigneur, six à
droite, sept à gauche, portant en leurs mains
les couronnes d'oblation. Les deux portes de
la cité sainte sont gardées par deux anges ;
l'un d'eux est placé de manière à en défendre
Feutrée; l'autre, plus rapproché de la foule
qui se presse de l'un et de l'autre côté, est
celui qui choisit, pour les marquer au front,
les serviteurs de Dieu. Ceux-ci, qui ne sont
point encore élus, sont sans nimbes, et si
Ton examine le groupe de droite, on remar-
que qu'un personnage en est détaché et di-
rigé vers l'entrée de la ville par l'ange , qui
est assisté de saint Pierre, placé à sa gauche
et nimbé. Dans les portions inférieures de l'arc
sont disposées deux masses de personnages^
figurant une grande multitude, vêtus de robes
blanches et ayant des palmes à la main.
La décoration de l'arc de la tribune est
également empruntée à l'Apocalypse de saint
Jean*. Au centre, Jésus-Christ, sous la forme
i . «c Je regardai, et je vis au milieu du trône et des quatre animaux et
au milieu des yieillards^un agneau égorgé...»— Apocalypse^cbap. y, 6.
NEUVIÈME SIÈCLE. 65
d'un agneau j nimbé, posé sur un trône qui
est orné de pierreries et surmonté d'une
croix; sept flambeaux^ (trois à gauche,
quatre à droite); des ànges^, placés deux à
deux de l'un et de l'autre côté. Vers les ex-
trémités, les animaux^ symboliques , tenant
le livre des évangélistes que chacun d'eux
représente , sont à demi cachés par des nua-
ges. Plus bas, sont distribués en deux groupes
égaux et sur trois rangs, les vingt-quatre
vieillards \ vêtus de blanc , et tenant élevée
une couronne que supportent leurs mains
recouvertes du manteau.
Voûte de l'abside. Au sommet est la main
de Dieu qui tient une couronne ; au centre ,
la figure du Christ debout, le bras droit
levé, la main gauche portant im volumen;
1. « Et il y avait devant le tr6ne sept lampes allumées, qui sont
les sept esprits de Dieu. » — Apocalypse, chap. iv, 5.
2. « Je regardai encore, et j'entendis autour du trône et des animaux
et des vieillards, la voix de plusieurs anges... » — Chap. v, 11.
3. « 11 y avait quatre animaux... Le premier animal était sem-
blable à un lion, le second était semblable à un veau, le troisième
avait le visage comme celui d'un bomme , et le quatrième était sem-
blable à un aigle qui vole. » — Chap. iv, 8.
4. « Les vingt-quatre vieillards se prosternaient devant celui qui est
assis sur le trône, et ils adoraient celui qui vit dans le siècle des siè-
cles, et ils jetaient leurs couronnes devant le trône:.. »—Caiap. iv, 10.
5
66 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
SOUS ses pieds est écrit le mot lORDAi^ESy dési^
gnant le fleuve et la terre de Judée que sym-
bolisent en outre deux palmiers placés vers
les extrémités. Trois personna^s sont à la
droite du Sauveur et trois à sa gauche ; à sa
droite est saint Paul^ qui attire vers Jésus la
jeune Praxède portant une couronne que ses
mains ne touchent qu'à travers la draperie
qui les recouvre. Le diacre qui les suit est le
paf)e Paschdj désigné par le nimbe carré
comme personnage vivant , et par l'édicule
qu'il porte comme bienfaiteur de l'égUse
de Sainte-Praxède qu'il réédifia et fit orner
de mosaïques. L'on remarque sur l'une des
branches du palmier qui surmontent la tête
du pontife et s'inclinent sur celle de sainte
Praxède, un oiseau nimbé : c'est le Phénix,
emblème de l'immortalité de l'âme, que l'on
a déjà vu dans la mosaïque de l'église des
Saints-Cosme-et-Damien. Du côté opposé,
l'action est semblable, mais c'est l'apôtre
saint Pierre qui présente à Jésus-Christ
Ptidentienne j sœur de Pwix:èdie, ayant un
même costume et pod;€^t de la même ma-
nière une pareille offrande. I^rèâ d'eux est
NBUYIÈMB SIÈCLE. 87
smnt Zenon tenant le liype des éyangiles.
An -dessous de cette composition règne une
zone allongée, au centre de laquelle le Sau-
veur du monde est figuré sous la forme d'tm
agneau nimbé, debout sur un tertre d*oû dé-
coulent les quatre fleuves du paradis terres-
tre. Douze brebiSy qui désignent les apôtres,
se dirigent six par six vers Tagneau, et sem-
blent sortir des villes saintes de Bethléem et
Jérusalem qui occupent les extrémités. Plus
bas encore, se lit une inscription de six
vers distribués en deux groupes, sur trois
lignes :
EMICAT AVLA PIA E VARIIS DEGORATA METALLIS
PONTIFIGIS SVMMI STVDTO PASCHALIS ALVMNl
PLTRIMA SCÔRYH SVBTER HAEG MOEMA PONIT
PRAXEDIS Em SYPER AETHRA PLAGEflTIS HONORE
SEDIS APOSTOLICAE PASSIM QVi GORPORA GONDENS
FRETVS Vr HIS LIMEN MEREATYR ADIRE POLORYM
{« Cette demeure pieuse brille de Téclat des métaux
Yariés^ par les soins du souYerain pontife Paschal; il*
place sous ces murs les corps de plusieurs saints : celui de
Praxède^ aimée du Seigneur dans les cieux; pour la
gloire du siège apostolique^ leur donnant la sépulture aYCC
confiance de mériter par eux racoès du séjour céleste. »]
L*encadrement de tout l'ensemble est une
68 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
guirlande de feuillages formant, entre deux
galons de pierreries, un arc dont la clef est
un médaillon circulaire qui contient le mono-
gramme du pape Paschal.
Chapelle de Saint-Zénon^. L'ornementa-
tion extérieure surmonte la porte : elle est
composée d'un double rang de médaillons
disposés sur des lignes semi- circulaires; ces
médaillons contiennent des effigies en buste,
assez semblables à des monnaies : on en
compte treize décrivant la ligne la plus éloi-
gnée du centre, et celui du milieu forme
comme un nimbe crucifère au visage de Jésus-
Christ^ de même que les douze autres servent
de nimbes aux têtes à! apôtres qui sont pla-
cés six par six aux côtés de leur divin maître.
Onze médaillons forment la ligne intérieure :
celui du sommet est décoré de l'image de la
Vierge Marie avec V enfant Jésus. Aux côtés
de la Vierge sont Novatus et Timothée , frè-
1. Elle date de la réédification de Téglise par le pape Paschal I«r
(817-824). Nous avons déjà cité, page 63, le texte du Livre pon-
tifical^ qui est confirmé par deux vers gravés sur le marbre formant
l'architrave de la porte : Paschalis prssulis opus décor fulgit in aula
quod pia optulit vota studuit reddere dô. ps. cal. — Cette chapelle
renferme, depuis le xiu« siècle, la colonne de la flagellation, rap-
portée d'Orient par le cardinal Jean Golonna.
NEUVIÈME SIÈCLE. 69
res des saintes Praxède et Pudentienne ^ qui
sont figurées plus bas, et au-dessous des
saintes Ton compte trois et trois effigies de
femmes portant le même costume qu'elles et
sur la tête une couronne semblable. Deux mé-
daillons sont placés vers le haut et en dehors
du galon gemmé qui détermine Tare : Pudens,
père des saintes Praxède et Pudentienne est
figuré dans l'un, et dans l'autre saint Zénorij
titulaire de l'oratoire. Au-dessous de la ligne
où sont représentés Jésus -Christ et les douze
apôtres, l'on voit deux cadres renfermant
des têtes sans aucune authenticité : ce sont
des peintures faites en remplacement des
mosaïques qui déjà n'existaient plus à la fin
du XVII® siècle *.
L'intérieur de la chapelle est entièrement
revêtu de mosaïques : la voûte est décorée
d'une image du Christ représenté en buste,
tenant un volumen, et le cadre circulaire qui
la contient est soutenu par quatre anges vus
de face, les deux bras élevés.
Au-dessus de l'autel, la Vierge Marie ^ as-
1. J. Giampim, Vetera monimenta^ P. ii^ p. 151.
70 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
sise, porte sur ses genoux ïenfant Jésus qui
bénit de la droite et tient de la gauche un
volumen déroulé sur lequel on lit : Efio* svm
Lvx^ [«Je suis la lumière »}. Près delà tête
de la Vierge est écrit le monogramme : mr oh
(jjLT^Tïjp ©eoû) [ce La mère de Dieu »]. C'est
également par l'inscription des noms sga
PRAXEDis, SGA PVDENTUNA, quo sout désignées
les deux saintes, Praxède et Pudentienne ,
debout et en adoration, aux côtés de l'enfant
divin. L'entablement de l'autel cache presque
entièrement la scène représentée sur cette
partie de la muraille : elle me semble être
la Transfiguration; mais on ne distingue
bien que la figure du Christ qui occupe le
centre, debout et bénissant^ désigné par un
nimbe crucifère et par les lettres c h. (Chris-
tus). Plus haut , aux côtés de la fenêtre, sont
deux figures debout que les inscriptions sôk
MARIA, ses iohannis fout reconnaître pour la
mère et le précurseur de Dieu.
Côté droit. Les apôtres Jean, André et
Jacques sont représentés debout, le premier
1. « Ego sam lux mundi. »— EvangUA Mlon^saint Jean^ chap. vui^ 12.
NEUVIÈME SIÈCLE. 71
portant le livre des évangiles ; leurs noms sont
inscrits près de chacun d'eux : ses iohannis,
SCS ANDREAS; SGS lAGGOBVS.
Côté gauche. On y voit trois femmes : Agnès ^
Pudentienne et Praxède^ désignées par les
inscriptions sga agnes, sga pvdentiana, sga
PRAXEDis, debout et portant des couronnes
d'oblation. Plus bas Jésus-Christ est repré-
senté sous la forme dUtrn agneau nimbé, de-
bout sur un monticule d'où découlent les
fleuves du paradis, et quatre cerfs qui sont
le symbole des fidèles ^ se désaltèrent en leurs
eaux.
Au-dessus de la porte. Le trône de Dieu^
les saints Pierre et Paul debout, désignés
par leurs noms : ses petrvs, ses pavlvs.
1. « Qoemadmodam desiderat Gomme le cerf soupire après
cervus ad fontes aquarun... » les eaux, de môme mon cœur
soupire vers vous^ 6 mon Dieu.
^ Psaume su, t.
It MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
SAINTE-CÉCILE.
Dans l'église de Sainte-Cécile, fondée par
le pape Urbain P (223-230), sur remplace-
ment de la maison de sainte Cécile, recon-
struite et ornée par Paschal P ^ (817-824), la
voûte de V abside.
Au sommet l'on voit la main de Dieu tenant
une couronne au-dessus de la tête de Jésus-
Christ qui j debout, bénit de la main droite
et presse de la gauche un volumen roulé.
Saint Paul, portant le livre des évangiles, est
à la droite du Sauveur; saint Pierre y tenant
. 1. « Cum quadam die, ora- Un jour qu'il se rendit pour
tionis studio, ad sanct» Dei Vir- prier dans l'église de Sainte-Cé-
ginis, Christi que martyris Ceci- cile, vierge et martyre en Jésus-
lis ecclesiam adveniret, nimio Christ, voyant les murs de cette
jam quassata senio ecclesîae, ejus- église délabrés par la vétusté,
dem mœnia, etiam a fundamentis prêts à tomber en ruines, il y
ruitura, videns... dato studio ope- porta ses soins, commença à éle-
ris, eodem in loco, magnifico ver dans le même lieu une nou-
opère, novam construere eccle- velle église et s'appliqua à la
siam caepit et perficere satis me- rendre plus belle qu'elle n'avait
liorem quam fuerat studuit... » été. — Livre pontifical.
NEUVIÈME siècle! 73
une clef, est à la gauche. A la suite de saint
Paul, on voit sainte Agathe ^ qui appuie la
main droite sur Tépaule du pape Paschal^
que le nimbe carré et une petite basilique
posée sur ses mains désignent comme un per-
sonnage vivant et l'ordonnateur de l'œuvre.
De même, à la suite de saint Pierre, sont
placés Valérien et sainte Cécile, tous deux
portant avec respect sur les deux mains, que
recouvre leur manteau, la couronne du mar-
tyre. Le sol que foulent les saints est émaillé
de fleurs, et à chaque extrémité s'élève un
palmier, arbre symbolique de la terre de
Judée; sur l'une des branches de celui qui
abrite le pape Paschal , on remarque un oi-
seau dont la tête est entourée d'une auréole
1 . Vx Pro quorum sanctornm Pour la gloire des mêmes saints^
honore videlicet et opitalatione il construisit un monastère en
construxit monasterium in hono- l'honneur des vierges et martyres
rem virginum^ seu martyrum Agathe et Cécile ^ près de son
Agaths et Cecilis juxta^ ipsius église. — Livre pontifical,
ecclesiam. »
2. « Qui sauctissimus Praesul Le très-saint pontife , en son
amore Venerandorum sanctorum amour pour ces saints vénérés,
fecit in ornamentis ipsius ecclesiae fit dans les embellissements de
absidam musivo opère décora- cette église l'abside décorée de
tem... » mosaïques. — Livre pontifical.
74 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
rayonnante; c'est le phénix, emblème de
rîmmortalité de Fâme.
Au-dessous règne une zone allongée où Je*
sus -Christ est représenté sous ta forme à^un
agneau nimbé, debout sur un tertre d'où dé*
eoulent les fleures du Paradis, et les douse
apétres, figurés par six et six brebis, sortent
des villes saintes de Bethléem et Jérusalem^
se dirigeant vers leur divin maître.
Plus bas est rinscription, en lettres d*or
sur fond bleu, composée de neuf vers qui
forment trois groupes de trois ; ces vers
sont :
HAEG DOMVS AMPLA MICAT VARIIS FABRICATA MRTALLIS
OLIM QVAE FYERAT GONFRACTA STB TEMPORB PRISCO
CONUIOIT IN MELI^S PÀSCKAilS MiABSVt OPIMVS
HANG AVLAM DNÎ FORMANS FVNUAMINË CLARO
AVREA GEMMATIS RESONANT HAEG DINDIMA TEMPLI
LABTVS AMQRB DEI Hi€ GONIVNXIT GORPORA âCÂ
CAECILIAE ET SOGII RVTILAT HIC FLORE lYYENTVS
QVAE PRIOBH IN GRYPTIS PAVSABANT MEMBRA BEATA
ROMA RE8VLTAT 0VAN8 SEMPER ORNATA PER AEVV^
[a Cette spacieuse demeure brille de réclat varié des mé-
taux dont elle est fabriquée. Jadis elle s'affaissait sous les
ravages du temps. Celui qui Ta relevée est le grand pontife
i. J&ni Grateii Corpus inseriptionum^ t ii.— Ghristiana^ p. 1164, 14.
NEUVIÈME SIÈCLE. 7»
Paschal^qiii a raffermi la maison du Seigneur H s'est
piu^ pour Tamour de Dieu, à réunir ici les saints corps de
Cécile et de son compagnon. Ici la jeunesse brille en sa fleur
et Rome joyeuse triomphe en voyant ornés pour l'éternité
ces corps bienheureux qui^ jadis^ reposaient dans les cata-
combes. »]
En outre, au sommet de Tare formé par
une ^Irlande de fleurs qui encadre la mo*
saîque, est un médaillon circulaire contenant
le monogramme du pape Pctscha].
76 mosaïques chrétiennes.
SAINTE-FRANÇOISE-ROMAINE.
Dans Féglise de Sainte-Françoise-Romaine
(autrefois Santa -Maria- Nova) , reconstruite
par le pape Léon IV (847-855), décorée par
le pape Nicolas P' ^ (858-868), la voûte de
V abside.
Au centre est la Vierge Marie assise sur
un trône richement orné, tenant Y enfant Jé-
sus qui est représenté debout et s'appuyant
sur sa mère. Des colonnes, dont les retom-
bées soutiennent des arcs à plein cintre, en-
cadrent ce groupe principal et les figures
isolées de quatre apôtres qui sont placés
1. « Ecclesiam autein Dei Geni- L'église de la Mère de Dieu,
tricis, semper que Virginis Ma- Marie toujours vierge, appelée
riœ, quœprimitus antiqua, nuuc dans l'origine l'ancienne , main-
autemnova vocabatur, quamDo- tenant la nouvelle, avait été en-
minus Léo IV papa a fundameotis tièrement reconstruite par le pape
construxerat, sed et picturis eam Léon IV; ce bienheureux pontife
decoratam iste beatissimus Praesui Toma de peintures, la décora
pulchris et variis depingi colori- d'une variété de couleurs, en
bus, augens decorem et pulchri- augmentant l'éclat et la beauté,
tudinem, corde puro ornavit spe- — Livre pontifical,
ciebus. »
NEUVIÈME SIÈCLE. 77
debout, deux à la droite, deux à la gauche
de la Vierge, et sont désignés par leurs noms :
s. lOHS, s. lAGOBS, S. PETRVS , S. ANDREAS. Saint
Jacques et saint Pierre y qui sont les plus
rapprochés du centre, tiennent un volumen
de la main gauche et sortent la droite du
manteau dont ils sont drapés; saint Jean et
saint André ont la main droite levée et ser-
rent de l'autre un volumen.
On remarque au sommet de la guirlande
de fleurs et fruits qui encadre la voûte, le
monogramme du Christ.
La croix , accompagnée de deux palmes, et
la main tenant une couronne au-dessus de la
tête de Marie et de son divin fils , sont mêlés
aux ornements disposés sur une sorte de
coquille qui décore le couronnement de la
voûte.
Au-dessous de la Vierge et des saints, règne
une inscription de deux vers en lettres d'or
sur fond bleu lapis :
cÔtinet in gremio coelvm te in domo
genitrix progeres comitatur erilem
[a Le ciel te porte en son sein^ ta mère en cette maison,
les grands accompagnent le fils du maître. »]
DOUZIÈME SIÈCLE
&AINTE-MAftl£-IN-TaAST£Y£Afi.
A Sadîte-Marie-ïn-Tiiastevere, sur la façade
renouvelée sous le pOTitificat cPïnnocent ÎI
(1130-1143), hs vierges sages et les vierges
filles.
La vierge Marie j assise sur un isiége tithfe-
ment orné, t)ccupe le milieu; elle présente
le sein à Tenfani Jésus. Cinq femmes sont
debout à sa droite et cinq k isa gaucîie;
toutes sont nimbées et Tichement Têtues. Les
cinq premières ont une couronne sur la tête
et portent une lampe surmontée d'une flamme.
Dti côté opposé, trois* sont telles que cel-
1. On peut croire qa'ume restauration iniatfltligeDte a fût jéiaUir
avec les emblèmes des vierges sages ces trois flgares, qui durent être
dans l'origine semblables aux deux qui les accompagnent, et^ompléter
le nombre cinq , qui est celui des vierges folles. On lit dans l'Évangile
selon saint Mathien> cbap. xiv : « A3oM le foynume des 'Cienx lera sem-
blable à dix vierges qui, ayant pris leurs lampes, s'en allèrent au-
devant de Wpoux et de Tépouse. H y en avaît cinq d'eritre tfles qui
étaient folles et oi&q sagM. — Lm eiaq qm-éliéwt feltes^ «yMl pris
DOUZIÈME SIÈCLE. 7^
les-ciy deux seulement sont sans couronne, et
les lampes qu'on voit dans leurs mains sont
sans flammes.
Nota. La parabole des vierges sages, dont le sens et
rintention sont faciles à interpréter^ offrait une application
toute naturelle aux vierges chrétiennes et martyres; aussi
vùit«-^n^ suf quelques«>uns des plus anciens monuments
sacrés, des feounes ayiuit près d'elles un vase ou canthare,
d'où s'échappe une pointe qui figure une flamme : c'est
aiîlsi que sainte Pudentienfie et sainte Praxède^ fflles du
sétiateut Puden»^ qm reçurent le baptèine Abis mains de
l'apôtre Pierre, sont représentées en des médaillons taillés
dans le marbre qui forme la frise de la principale porte de
l'église de Sainte-Pudentienne; vues de face et figurées en
buste 5 comme elles pourraient l'être sur une monnaie^
elles ont près d'elles un vase tel que je viens de dire. L'al-
lusion à la parabole des vierges sages ne peut être mise en
doute^ car des épigraphes aCconfipagnent les deux médail-
leurs lampes, ne prirent pas d'huile avec elles. — Les sages, an con-
traire, prirent de Thuile dans leurs vases avec leurs lampes. — Et
r^épous tardant à yenir, elles s'«ssoap«vent toutes et 4s'endomiirent. -^
Mais sur le minuit on entendit un grand cri : Voici l'époux qui vient,
allez au-devant de lui. — Aussitôt toutes ces irierges ^e levèrent et
préparèrent leurs lampes. — Mais les folles dirent aux sages : DonneK-
nous de votre huile, parce que nos lampes s'éteignent. — Les sages
leur répondirent : De peur que ce que nous en avcfns ne suffise pas
pour nous et pour vous, allez plutôt à ceux qui en vendent et ache-
tez-en ce qu'il vous en faut. — Mais pendant qu'elles allaient en ache-
ter, répoux vint, et celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui aux
noces, et la porte fat fermée. — Enfla les autres Vierges vinrent aussi
et lui dirent : Seigneur, Seigneur, ouvrez-nous. — Mais 11 leur répon-
dit : Je vous dis et je vous en assure que je ne vous conmais point. •—
Veillez donc, parce que vous ne savez ni le jour ni l'houe. »
80 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
Ions; Tune est : Yirgo Pydenqtiana Coram Stat Lampade
Plena. Protège Preclara nos Virgo Pvdenqtiana; et
l^autre : Occvrrit Sponso Praxedis Lyminb Claro. Nos
PiA Praxedis Prece Sanctas Confer Ad Edes.
Dans la même église de Sainte-Marie-in-
Trastevere, renouvelée^ sous le pontificat
d'Innocent II ( il 30-1 1 43 ), la voûte hémisphé-
Tique et le grand arc en avant de V abside.
1' La voûte. Un même trône, richement
orné, réunit Jésus-Christ et la Vierge Marie ^
tous deux assis : le Christ a la main droite
posée sur l'épaule de sa mère, et soutient de
la gauche un livre où sont écrits les mots :
VENI ELEGTA MEA ET PONAM IN TE THRONVM MEVM
[ce Viens, mon élue, et je placerai en toi mon
trône »]. La Vierge, qui occupe la droite de
son fils, tient une banderole sur laquelle on
lit : LEVA EIVS SVB CAPITE MEC ET DEXTERA ILLIVS
AMPLEXARiTVR ME [ « Sa gauche est sous ma
tête et sa droite me tient embrassée »]. Trois
saints personnages sont placés debout à la
droite de Marie, et quatre à la gauche du
1. « Cum moles ruitura vêtus foret, hinc oriiindus
Innoceutlus haDC renovavit papa secundus. »
Extrait de rinscription qui accompagne la mosaïque de l'abside. —
Voir page 83.
DOUZIÈME SIÈCLE. ai
Christ. Le pape Caiixte /*' est le plus pro-
che de la Vierge et est désigné par Fiii-
scription calixtvs. pp; il bénit de la droite
et porte sous le bras gauche un évangéliaire.
Ce fut lui qui, Tan 224, érigea un oratoire
que Ton croit avoir été la première église
publique de Rome, en ce lieu qu'occupait
antérieurement la Tabema meritoria, maison
de retraite pour les hommes de guerre. Saint
Laurent vient ensuite; sa main droite est
ouverte et levée, la gauche porte un livre
et soutient une longue croix. Le nom lav-
RENTivs est écrit près des pieds. L'inscription
iNNOCEN pp et un édicule qui désigne comme
restaurateur de Féglise de Sainte -Marie le
pontife qui le porte, font reconnaître, dans
le troisième personnage qui est le dernier à
gauche , le pape Imiocent II. Si Ton se re-
porte du côté opposé, saint Pierre est le plus
rapproché de son divin maître; sa main
droite, sortant de la toge, est relevée et ou-
verte, la gauche tient un volumen déroulé;
le nom petrvs est écrit près des pieds. Les
inscriptions cornelivs. pp. et ivlivs. pp. dési-
gnent les deux pontifes <*am/ Cornélius et
82 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
saint Jules 1^ qui ont occupé le trône pon-
tifical, le premier l'an 251, le second de 337
à 352, et furent les protecteurs de l'antique
église : l'un tient de la main droite un évan-
géliaire, l'autre bénit et porte sous le bras
gauche le livre de vérité. Le quatrième per-
sonnage et dernier à la droite du spectateur,
qui bénit d'une main et soutient de l'autre un
missel, est un prêtre du nom de Calepodius,
ainsi qu'on le peut lire en l'inscription placée
près des pieds : galepodivs pbr. Une demi-
rosace, dont la forme et les divisions rappel-
lent une coquille, décore le point culminant
de la voûte; on y. distingue, mêlé» à d'élégants
ornements, la croix ^ Y agneau rédempteur ^
et au-dessus de la tête de Jésus -Christ, la
main divine qui tient une couronne. Le
monogramme du Christ forme la clef de
l'arc en feuillages qui encadre toute la com-
position. V agneau nimbé posé sur un tertre
d'où s'écoulent les quatre fleuves du para-
dis, les douze brebis divisées en deux trou-
peaux, les villes saintes de hiervsalem et
BETHLEHEM, sout figurés sur uuc zouc allongée
qui occupe la partie inférieure. Entre cette
DOUZIÈME SIÈCLE. 83
zone et la composition principale règne une
inscription en lettres d'or^ de six vers dispo-
sés sur deux lignes et formant trois sections
séparées par des croix.
HEC IN HONORE TVO* PREFYLGIOA BTATER HONORIS
REGIA DIVINr RVTILAT FVLGORE DECORIS
IN QVA CRISTE SËDES MANET VLTRA SEGYLA SEDES
DIGNA TVIS DEXTRIS EST QVÂ TE6IT AVREA YfiSTIS
CV MOLES RVITVRA VETVS FORET HINC ORIVNDVS
INNOCENTIVS HANC RENOVAVIT PAPA SECVNDVS
[a C'est en ton honneur, brillante mère d'honneur, que
ce palais étincelle d'un éclat divin. Christ, un trône y reste
jusqu'au delà des siècles, un trône digne de tes mains;
c'est celui que couvre un vêtement d'or. L'antique masse
était prête à s'écrouler, le pape Innocent II l'a renou-
velée. »!
2"* L'arc en avant de T abside. Au sommet
est une croix aux bras de laquelle sont sus-
pendues les deux lettres A et co, première
et dernière de l'alphabet grec, « princi-
pium et finis ^. » Aux côtés de la croix sont
i. L*on lit au-dessus du siège épiscopal qui occupe, au fond de
Tabside, la position consacrée : prika iEDEs deipar^ dicata.
2. « Je suis l'alpha et l'oméga^ le commencement et la fin, dit le
Seigneur, qui est, qui était et qui doit venir, le Tout-Puissant. »
« Aussitôt je me tournai pour voir de qui était la voix qui me par-
lait; et, étant tourné, je vis sept chandeliers d'or. » — Apocalypse de
saint Jean, chap. i.
84 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
sept chandeliers d'or y en deux groupes, de
trois et quatre; et vers les extrémités, les
animaux symboliques : le lion, l'ange, l'ai-
gle, le bœuf, ailés, le premier et le dernier
tenant un livre , les deux autres portant une
couronne. Ils sont accompagnés des inscrip-
tions MARGVS. MATHEVS. lOHS. LVCAS.
Les parties inférieures de Tare sont déco-
rées de deux grandes figures de prophètes
désignés par les inscriptions isaias ppha,
HiEREMiAS PPHA, qui sout placécs près des
pieds : Isaïe, debout près d'un dattier sur
lequel on voit un phénix, symbole de l'im-
mortalité de l'âme, tient une longue bande-
role où sont ces mots : ecce virgo concipiet
ET PARIET FiLiVM^ [cc Uue vicrgc couccvra et
enfantera un fils »]; Jérémie^ en la même
« Aa moment que je l'aperças , je tombai comme mort à ses pieds;
mais il mit sur moi sa main droite, et me dit : Ne craignez points je
suis le premier et le dernier. »
« Les sept étoiles sont les sept anges des sept églises, et les sept chan-
deliers sont les sept églises. » — Apocalypse de saint Jean , chap. i.
1. « Et Isaïe dit : Écoutez donc, maison de David, ne vous suffit-il
pas de lasser la patience des hommes, sans lasser encore celle de mon
Dieu. C'est pourquoi le Seigneur vous donnera lui-même un prodige.
Une vierge concevra, et elle enfantera un fils qui sera appelé Emma-
nuel. » — Prophéties d'Isaïe, chap. vn.
DOUZIÈME SIÈCLE. 85
pose, ayant également un dattier à ses côtés,
porte aussi une banderole, avec cette in-
scription : XPG DNS GAPTVS E IN PEGCATIS NRIS *
[« Le Christ, notre Seigneur, a été pris à
cause de nos péchés »]. Plus bas que les pro-
phètes sont deux motifs d'ornementation
symbolique^ qui sont la répétition l'un de
l'autre : des génies, soutenant une draperie
semée de fleurs, et au milieu un vase près
duquel sont deux colombes volant.
Nota. Le nimbe du Christ est crucifère et gemmé; la
mère de Dieu est nimbée. Si Ton examine les quatre ani-
maux symboliques, l'ange et Taigle sont les seuls qui aient
le nimbe. Les deux prophètes^ les saints^ les pontifes ne
sont pas nimbés. Il y a là un retour vers la règle des pre-
miers temps qui a été observé incidemment dans la belle
mosaïque de Sainte- Pudentienne, et qui semble se repro-
duire aux époques où Tart renaît en même temps que le
sentiment religieux. Le Christ, dont la droite est posée
sur répaule de sa mère, ne bénit pas^ mais en la place où
les yeux de l'observateur cherchent la main qui bénit, ils
rencontrent celle de la mère de Dieu, dont le pouce , Tindex
et le médium sont droits et les deux derniers doigts repliés,
conformément au mode de bénir de TÉglise moderne.
1. « Le Christ, le Seigneur, l'Esprit et le souffle de notre bouche a été
pris à cause de nos péchés, et nous lui avons dit : Nous vivrons sous
votre ombre, paimi les nations. » — Lamentations de Jérémie, chap. iv.
2. « Vaisseau insigne de la dévotion. Rose mystique.... Arche d'al-
liance. » — Litanies de la Sainte Vierge.
TREIZIÈME SIÈCLE
SAINT-PAUL-HORS LES MURS
Dans la basilicpie de Saint-Paul-hors-les-
Murs, sont conservés cpielques fragments*
des mosaïques exécutées sous le pontiGcat de
Honorius III (1216-1227) et en grande par-
tie anéanties par l'incendie qui, dans la nuit
du 15 au 16 juillet 1823, détruisit la basi-
lique la plus ancienne de la chrétienté.
1* Une tête colossale^ dont les cheveux et
la barbe sont blancs, sans nimbe, sur fond
d'or (ce fut une tête de saint Pierre).
2* Une tête y nimbée, sur fond d'or; la barbe
et les cheveux sont blancs (ce fut une tête de
saint Jean).
1. Ces débris sont engagés dans les murs de la salle d'entrée qui
conduit au monastère et donne accès à la nef de la croisée de la basi-
lique.
TREIZIÈME SIÈCLE. 87
3* Une tétCj nimbée, sur fond d'or, dont la
barbe et les cheveux sont bruns (ce fut une
tête de saint Jacques).
4"* Quatre débris d'ornements : trois sont
sur fond d'or et un sur fond lapis. On y
distingue des oiseaux mêlés à des feuil-
lages.
La voûte de Vabside et Varc qui l'en-
cadre, d'où proviennent les fragments décrits
ci- dessus, ont été rétablis depuis l'incendie,
ainsi que l'atteste l'inscription qu'on lit au
sommet de l'arc : gregorivs xvi restitvit an.
MDCCGxxxvi ; le nom d'Honorius III, qui avait
fait faire les mosaïques au xiu® siècle , se lit
près de la figure du pape qui embrasse les
pieds du Christ : honorivs. pp. ut, et le même
honneur lui a été rendu en l'inscrivant de
nouveau dans un médaillon circulaire qui
occupe le sommet de la bordure formant
soffite.
L'arc qui fait face et qui n'est que la
contre-partie de celui dit de Placidie, com-
plètement détruit par l'incendie, a été ré-
tabli en son entier, et porte cette inscrip-
tion :
88 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
«REGORIVS XVI OPVS RESTITVIT. ANNO MDCGGXL.
[et Grégoire XVI a rétabli cet ouvrage Tan 4840. i»]
Sur la voûte sont figurés Jésm-Christ as-
sis sur un trône, le pape Honorius à ses
pieds, les douze apôtres debout.
Les deux arcs en regard se complètent l'un
par l'autre. Sur l'un est la Vierge Marie ,
saint Jean- Baptiste^ les symboles des évan-
gélistes Mathieu et Jean; sur l'autre, une
image en buste de Jésus-Christ bénissant,
les symboles des évangélistes Luc et Marc ,
et, sur les côtés, saint Paw/ portant une épée,
saint Pierre tenant deux clefs.
TREIZIÈME SIECLE. 89
SAINT-CLËMENT
Dans l'église de Saint -Clément, construite
sur remplacement de la maison de Clé-
ment P', pape et martyr (91-100), église dont
l'existence au v* siècle est authentique, qui
fut plusieurs fois restaurée , la voûte de V ab-
side et Varc en avant de la tribune.
1* La voûte. Le sommet est orné d'une
demi-rosace dont' la coupe et les divisions
rappellent une coquille ; une croix, l'agneau
rédempteur, la main divine tenant ime
couronne, sont mêlés à des animaux et d'é-
légants fleurons. Le milieu est occupé par une
grande croix de crucifiement sur laquelle
est attaché le Sauveur du monde, et, à
côté, sont posés debout la Mère de Dieu et
l'apôtre saint Jean. On remarque sur les bras
de la croix des colombes^ blanches, sym-
1. a Soyez donc prudents comme des serpents et simples comme des
colombes. » — Évangile selon saint Mathieu^ chap. i, 16.
90 MOSAÏQUES CHRETIENNES.
boles de simplicité, au nombre de douze,
qui est celui des apôtres de Jésus-Christ :
trois sur le bras supérieur, deux sur chacun
des latéraux, cinq sur l'inférieur; le pied de
la croix se perd dans un buisson de grands
feuillages découpés qui s'épanouit sur un mon-
ticule d'où découlent les quatre fleuves du
paradis; deux cerfs ^ sont représentés se
désaltérant en ces eaux. Du buisson s'échap-
pent à droite et à gauche des branches qui
se répandent de l'un et l'autre côté de là
croix sur toute la surface de la voûte, et
décrivent de nombreux enroulements se ter-
minant par des fleurons; plusieurs motifs
d'ornementation y sont mêlés : Dans le haut
des oiseaux, plus bas des génies montés sur
des dauphins; au-dessous des groupes où
sont représentés l'homme en sa maturité, la
femme, l'enfant; puis, sur les terrains qui
indiquent le sol, les travaux des bergers et
les soins des troupeaux, deux paons, des oi-
seaux d'eau, un dauphin, figurent symboli-
quement les créatures et les animaux qui
1. « Gomme le cerf soupire après les eaux, de môme mon cœur sou-
pire vers TOUS , ô mon Dieu. » — Psaume xli , 2.
TREIZIÈME SIÈCLE. 91
peuplent Tair, la terre, et l'eau. Quatre per-
sonnages, d'un caractère particulier, se dis-
tinguent dans les vides des enroulements, des
figures capricieuses qui les entouriînt : ce
sont les quatre docteurs de l'Église, saint
Jérôme y saint Augustin, saint Grégoire,
saint Ambroisej qui sont représentés assis,
écrivant, et sont désignés par les inscrip-
tions : s lERONiM, — AGV (Agustiuus) ,
s. GG (Gregorius), — s^ ambrqsivs. Les groupes
ou les figures isolées qui en sont proche, sont
reliés à l'action de ces saints personnages
et viennent les consulter ou les entendre.
Sur une zone allongée qui forme le soubas-
sement de la voûte, sont figurés Jésus -Christ
rédempteur, sous la forme d'w« agneau^ et les
douze apôtres représentés par six et six bre-
bis^ sortant des villes saintes de bethleem et
HiERvsALEM. Entre cette zone et la partie su-
périeure, règne une inscription de quatre vers
disposés sur une seule ligne : -f ecglesiam
GRISTI. NTI. SIMILABIMVS ISTI. -|- DE LIGNO GRVGIS.
lAGOBI DENS. IGNATII Q[ue] : INSVPRA SGRIPTI •
REQVIESGVNT. GORPORE • GRISTI + QVAM LEXARE
NTEM. SET GRVS FAGIT EXERENTEM + [« NoiiS
9Î MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
ressemblerons à l'Église de N. S. Jésus-
Christ. — Du bois de la croix, la dent de
Jacques, celle d'Ignace. — Ceux qui sont in-
scrits ci^ dessus reposent en Jésus-Christ. —
Elle était relâchée, la croix lui rend sa
force ^ »]. La bordure qui décrit un arc enca-
drant la voûte est composée de fleurs et de
fruits, et a pour clef le monogramme du
Christ accompagné des lettres A et to, pre-
mière et dernière de l'alphabet grec.
S' L'arc. Au centre est l'image de Jésus--
Christ^ représenté en buste, bénissant et te-
nant sur le bras gauche le livre de vérité.
Les quatre symboles des évangélistes sont
disposés sur les côtés, ailés, à demi cachés
par des nuages : le lion tient un livre, Y ange
une couronne, Y aigle une couronne, le bœuf
un livre. Au-dessous du lion de saint Marc,
deux personnages sont groupés , assis et vus
de face : l'un qui porte en ses mains un vo-
lumen, est l'apôtre saint Paul désigné par
les mots : agios pavlvs; l'autre, qui tient une
1. Le second et le troisième vers sout interposés; le quatrième com
plète le sens du premier. « Nous ressemblerons à l'Église de N.-S. Jésus-
Christ; elle était rélâcliée^la croix lui rend sa force. »
TREIZIÈME SIÈCLE. 93
croix de la main gauche et a les pieds posés
sur un gril enflammé, est saint Laurent j
protomartyr; au-dessous du gril sont dispo-
sés, sur deux lignes, les mots qui suivent :
DE GRVGE LAVRENTi PAVLO FAMVLARE DOGENTI.
[c< Laurent, parle de la croix à Paul docteur
(des Gentils). »] — Plus bas est le prophète
haie , debout ; son nom est écrit près du vi-
sage, isAïAs : il tient un volumen déroulé sur
lequel on lit : vidi dominvm sedentem svp
soûvM*. [c< J'ai vu le Seigneur assis sur un
trône. »] — Au-dessous du bœuf de saint
Luc et correspondant au groupe des saints
Paul et Laurent, sont placés Y apôtre Pierre
et saint Clément, pape et martyr. Tous deux
sont assis; saint Pierre, désigné par les mots
AGIOS PETRVS, accompaguc ses paroles d'un
geste de la droite et tient un volumen de la
main gauche ; saint Clément indique, par un
mouvement de la droite, l'ancre de fer qu'il
porte en l'autre main, et qui rappelle son
martyre 2, de même qu'une barque et deux
1. «K L'année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur un
trône sublime et éleré^et le bas de ses vêtements emplissait le temple.»
— Isaïe, cbap. yi.
2. L'empereur Trajan l'exila dans la Ghersonèse Taurique^ et plus
94 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
dauphins sur des eaux qui sont près ses pieds,
font allusion à son exil et à la mer où il fut
jeté. Une inscription y est jointe : respige p
MIS SVM CLEMENS AME TIBI XVM. [« Vois à mes
pieds, je suis Clément; aime le Christ pour
toi-même, »] — Plus bas est \q prophète Je-
rémie, debout; son nom est écrit près du
visage : ieremias ; il tient un volumen déroulé
sur lequel on lit : hic est ds nr • et nesti-
MABiT ALivs. [c< Il ost Notre-Scigueur et un
autre ne croira pas. »]
Nota. Le nimbe du Christ est crucifère. L'ange et Taigle
sont les seuls des quatre symboles évangéliques qui soient
nimbés. Les prophètes , les saints^ les martyrs, ne sont pas
nimbés. La règle observée dans la mosaïque de Sainte-
Marie-in-Trastevere est maintenue ici. Le mode de bénir est
semblable.
tard ordonna qu'il y fût mis à mort. Afin que les chrétiens n'eussent
pas la consolation de recueillir les restes du pieux pontife^ il fut jeté
à la mer avec une ancre attachée au col.
TREIZIÈME SIÈCLE. 95
SAINT-JEAN-DE-LATRAN
Dans la basilique de Saint-Jean-de-Latran,
qui fut fondée par Constantin, réparée et
ornée par le pape Nicolas IV (1288-1294),
presque ei]itièrement détruite en 1307 par
un incendie, V abside^ commandée par Nico-
las IV en 1291^, exécutée par Jacques de
Torrita, et frère Jacques de Camerino;
terminée par Gaddo Gaddi^.
Au sommet est l'image en buste du Sau-
veur^ accompagné de nuages et àe chéru-
1. Elle a été réparée au xtii« siècle, comme l'atteste Tinscription
qui se lit en avant de Tare :
ALEXANBER. VU. P. M. LABANTEM ABSIDEM REPARAVIT.
ORNAVIT ANNO MDCLXIII.
2. «Oaddo fut appelé à Rome^ Tan 1308 (ce fut Tannée après Tincen-
die qui brûla Téglise et les palais de Latran ) ^ par Clément Y ^ pour
qui il termina en mosaïque quelques travaux laissés imparfaits par
frère Jacques de Turrita. » — Vasari^ Vie de Gaddo Gaddi.
96 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
bins qui, au nombre de neuf, forment un arc
à l'entour de lui.
Plus bas est la sainte croiXy gemmée, sur-
montée d'une colombe dont le bec projette
des rayons lumineux qui se confondent avec
l'instrument de la Rédemption. La croix est
placée sur la montagne du paradis dont les
quatre fleuves, désignés par les inscriptions
GION, FISON, TIGRIS Ct EVFATES , s'éCOUlcut CD
autant de courants près desquels sont repré-
sentés, sous la forme de deux cerfs et de
deux groupes de brebis^ les fidèles se désal-
térant. La montagne est entr'ouverte, et laisse
voir une cité dont l'entrée est défendue par
un ange armé d'une épée.
La Mère de Dieu et plusieurs saints dont
les noms sont écrits sur des lignes verticales,
forment deux groupes à droite et à gauche
de la croix, debout et en adoration devant le
signe sacré de la Rédemption.
La Mère de Dieu^ mr ov ((jiiqtyjp ©eoO), te-
nant la main gauche élevée, appuie la droite
sur la tiare du pape Nicolas IV qui, les
mains jointes, est agenouillé et est désigné par
l'inscription ; nicolays • pp • un. sge • di •
TREIZIÈME SIÈCLE. 97
Dâf GENiTRi • SERVI [« Le pape Nicolas IV, servi-
teur de la sainte Mère de Dieu »]. Non loin
suf est saint François d' Assise ^ s, frangisgvs, qui
jettf fut canonisé par Grégoire IX en 1228; ses
ivft mains sont jointes pour l'adoration et portent
é l'empreinte de sa vision miraculeuse. Saint
les Pierre, s. petrvs, est représenté plus loin, la
lis main droite élevée, portant de l'autre deux
îii clefs et un voluraen déroulé sur lequel on
}- lit : TV ES xps FiLivs DEi vivi ^ [« Tu es le
? Christ, fils du Dieu vivant »], Le dernier est
saint Pauly s. pavlvs, en une pose à peu près
semblable; on lit sur le volumen déroulé
qu'il tient de la main gauche : salvatorem
EXPEGTAMvs DNM. iG ^ [« Nous attcudous Ic Sau-
veur Notre-Seigneur Jésus-Christ »]. C'est
près des pieds de saint Paul qu'existe l'in-
scription : UGOBVS. TORITI. PIGT. OH. OP. FEGIT ^
1. « Simon-Pierre lui répondit : Nous croyons et nous savons que vous
êtes le Christ , fils de Dieu. » — Évangile selon saint Jean, chap. vi, 70.
2. « Mais pour nous, nous vivons déjà dans le ciel, comme en étant
citoyens; et c'est de là aussi que nous attendons le Sauveur notre Sei-
gneur Jésus^Christ.» — Épitre de saint Paul aux Philippiens, chap. m, 20.
3. « Fra Jacopo da Turrita , de Tordre de Saint-François, ayant
fait les ouvrages en mosaïque qui sont dans la Scarcella^ derrière Tautel
de SaintrJean ( à Florence ), bien qu'ils fussent peu dignes d'éloges
en fut payé très-largement et puis conduit à Rome comme un excellent
maître; il y fit quelques travaux dans la chapelle du grand autel de
7
98 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
[« Jacques de Torrîta peintre a fait cet ou-
vrage »], inscription qui nous a conservé le
nom du mosaïste représenté plus bas (entre
les apôtres Simon et Jacques), eu habit de
moine, agenouillé et travaillant à l'aidé d'un
compas et d'une équerre.
Si de la figure de saint Paul on se reporte
au côté opposé, le personnage le plus rappro-
ché de la croix est saint Jean-Baptiste ,
r. lOHANNES BAOTisI, Ics dcux mains levées; en
arrière de lui, saint Antoine de Padoue, de
l'ordre de Saint- François , et canonisé en
1232, un an après sa mort, par le pape Gré-
goire IX ; puis saint Jean, évangéliste , s.
lOHANNES V, dont la main droite est levée, et
qui tient de la gauche un volumen déroulé
où sont écrits : in principio erat verbv [« Au
commencement était le Verbe »], premières
paroles de son évangile*. Le dernier de ce
côté est saint André, s. andreas, frère de
Saint-Jean de Latran et dans celle de Sainte-Marie-Majenre. » — Vasari ,
Vie d'Andréa Tafl. — N. Les mosaïques de la tribune de SaintJean, à
Florence, portant le miUésime mccixv, l'assertion de Vasari, sur ce
point seulement, est plus que douteuse.
1 . « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et
le Verbe était Dieu. » — Évangile selon saint Jean, chap^ i, 1.
_J
TREIZIÈME SIÈCLE. 99
Pierre *, qui porte en la main gauche un vo-
lumen où sont écrits les mots : tv es magist.
MEvs • XG. Q : [c< Tu es mon maître et le
Christ »]. Les terrains qui forment le sol sont
émaillés de fleurs et de feuillages; on voit
s'y jouer des enfants, et, de places en places,
sont posés des oiseaux. Sur le devant est
figuré par des eaux le fleuve de la Terre
Sainte, désigné par son nom iordanes, et
animé par des enfants et des génies que le
caprice du peintre, inspiré par les souvenirs
de l'antiquité, a représentés en des actions
variées : l'un pêche à la ligne, un autre pour-
suit un cygne, un troisième tient une voile
enflée par le vent; deux conduisent une bar-
que, deux se jouent avec des canards : sym-
boles gracieux de la nature figurée par les
êtres créés qui peuplent et animent la terre,
l'air et les eaux. Au-dessous de cette grande
composition^ règne sur une seule ligne qui
en occupe tout le développement, l'inscrip-
tion qui suit :
1 . « Or un jour qu'il marchait le long de la mer de Galilée , il vit Si-
mon et André son frère, qui jetaient leurs filets dans la mer, car ils
étaient pécheurs, et Jésus leur dit : Suivez-moi, et je vous ferai deve-
nir pécheurs d'honmies. » — Évangile selon saint Marc.
100 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
ESTERIOREM ET ANTERIOREM RYINOSAS HVIVS SANCTI TEMPLI
A FYNDAMENTIS + REEDIFIGARI FEGIT ET ORNARI OPE MOSTACO
NICOLAVS PP IIII FILIVS REATI FRANCISCI + SACRV VVLTV
SALVATORIS • NTEGV. REPONI ~I LOGO VRI PRIMO MIRACYLOSE
APPARVIT QVÂDO FVIT ISTA ECGL*1A CÔSEGRATA ANNO DNl
MCC«NONAGESIMO.
[a Le pape Nicolas IV, enfant de saint François, a fait
rebâtir depuis les fondations, et orner d'une œuvre en mo-
saïque ce saint temple, dont Textérieur et la façade étaient
en ruines. Il a fait replacer en entier Timage sacrée du Sau-
veur au lieu même où d'abord elle apparut miraculeuse-
ment, quand cette église fut consacrée. Tan du Seigneur
1290. »]
Trois des douze apôtres, Pierre, Jean et
André, étant figurés dans la partie de l'ab-
side que j'ai décrite ; les neuf autres sont re-
présentés au-dessous, de plus petite propor-
tion, debout, et désignés par leurs noms :
ivDAS, SIMON, lACOB (j'ai déjà dit qu'entre Si-
mon et Jacques le Majeur, est agenouillé sur
le sol, travaillant avec les instruments de son
métier, le mosdiste Jacques de Torrita)\ puis
s^. THOMAS, s. lACOB (Jacques le Mineur), s.
PHILIPP, s. BARTHOLOM, S. MATHEYS , S. MATIAS.
Entre l'apôtre saint Barthélémy et l'apôtre
saint Mathieu, un moine, agenouillé et tra-
TREIZIÈME SIÈCLE. 104
vaillant avec un marteau, occupe une place
correspondante à celle de Jacques de Torrita,
sur le côté opposé : ce moine est Jacques de
Camerino^ qui fut associé au Torrita pour les
travaux de cette abside; l'inscription qui se
lit auprès de lui en fait foi : fr. iacob. de
CAMERINO. SOCi'mAGRI. OPIS REGONMDAT SE
iTis BEATi io"is [« Frère Jacques de Camerino,
compagnon du maître de l'œuvre, se recom-
mande à l'intercession du bienheureux Jean »].
Des inscriptions sont placées au-dessous des
apôtres; elles sont : heg est papalis sedes et
poNTiFiGALis ^ [« Ce siégo est le siège papal et
pontifical»], residet et xpi dei ivre vigarivs
isTi [a et c'est avec raison que s'y asseoit le
vicaire de Jésus-Christ »] neg débet vere
Nisi soLvs PAPA sedere [« et le pape seul s'y
doit asseoir»], et qvia svblimis aui svbdvntvr
NYMis [« parce que tout autre est placé trop
au-dessous de sa hauteur »].
i. La basilique de Saint- Jean-de-Latran, ecclesia Urbis et Orbis,
Mater et caput ecclesiarom^ est la cathédrale du souverain pontife.
10$ MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
SAINTE-MARIE-MAJEURE.
Dans la basilique de Sainte-Marie-Majedre,
la décoration de V abside^ commandée par le
pape Nicolas IV (1288-1294), exécutée par
Jacopo da Torrita, terminée après 1307 par
Gaddo Gaddi^. La composition principale est
le Couronnement de la Vierge^ une suite de
tableaux qui règne au-dessous de la voûte,
représente plusieurs traits de la vie de
Marie, Mère de Dieu, et sa mort.
Le couronnement de la Vierge est figuré
au centre de la voûte : un même trône, fort
richement orné, réunit Marie et Jésus-Christ
assis l'un près de l'autre. Le Sauveur du
monde pose une couronne sur la tête de sa
mère; il tient de la main gauche le livre de
vérité. Deux troupes d'archanges, en adora-
\ . « Gaddo fut appelé à Rome en Tannée i 308 (ce fnt celle après Tin-
cendie qui brûla l'église et les palais de Latran), par Clément V, pour
qui il termina en mosaïque quelques travaux laissés imparfaits par
frère Jacques de Turrita. » — Vasari, Vie de Gaddo Gaddi. '
TREIZIÈME SIÈCLE. i03
tion, se pressent aux côtés du trône qu'en-
cadre une auréole étoilée. Au-dessous de ce
groupe sacré , sont écrits sur le fond d'or :
MARIA VIRGO ASSVPTA E AD ETHEREV THALAMV IN
Qvo REX REGv STELLATO SEDET souo [« La Vierge
Marie est montée en la demeure ëthérée où
le roi des rois est assis sur un trône étoile » ] ;
et sur le terrain : exaltata est sangta dei
GENITRIX SVPER CHOROS ANGELORVM AD GELESTIA
REGNA [c< La sainte Mère de Dieu a été portée
par les chœurs des anges jusqu'aux célestes
royaumes »]. Près des chœurs d'archanges
sont agenouillés et en prière, deux prélats dé-
signés par des inscriptions : celui à gauche
est le pape Nicolas /F, + nigolavs pp iiii, qui
fit exécuter la mosaïque; l'autre est le car-
dinal Jacques Colonna , dns • iagobvs. de
G0LV..I En arrière du pontife, trois saints
sont représentés debout, élevant la main en
signe d'adoration : ce sont saint Pierre^
saint Paul et saint François d'Assise, ca-
nonisé en 1228. Leurs noms sont écrits près
de chacun d'eux et sur une ligne verticale :
s. PETRvs, s. PAVLVS, S. FRANCTSGvs. Saiut Pierre
porte une clef et un volumen où Ton lit : tv
104 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
ES xps FiLi^. Di vivi * [« Tu cs le Christ, fils du
Dieu vivant»]; sur le volumen que tient saint
Paul, sont tracés les mots : mi"' vive xge. [c< Vis
en moi, ô Christ! »] Saint François est vêtu de
l'habit de son ordre, et Ton voit sur sa main
l'impression miraculeuse des stigmates de Jé-
sus-Christ. En arrière de saint François s'élève,
comme un arbre , une succession d'ornements
en feuillages qui s'épanouissent l'un au-dessus
de l'autre, et projettent sur l'or du fond des
enroulements auxquels sont mêlés des oiseaux
au riche plumage. Tout à fait vers l'angle,
on peut lire : + iagob; torriti. pigtor. h' op'
MosiAG FEG. [« Jacqucs de Torrita, peintre, a
fait cet ouvrage de mosaïque. »] Si de la
gauche les yeux se reportent à droite, l'on
retrouve, à la suite du cardinal Colonna, et
dans une disposition semblable à celle du
côté opposé, saint Jean - Baptiste ^ saint
Jean évangéliste , saint Antoine de Pa--
doue, et près de chacun d'eux les inscrip-
tions verticales : s. iohs • b, s. iohs • evag,
s. ANTONivs. Sur le volumen que porte saint
1. « Simon-Pierre lui répondit : Nous savoûs que vous êtes le Ghrist,
le Fils de Dieu. » — Évangile selon saint Jean^ chap. vi, 70.
TREIZIÈME SIÈCLE. 105
Jean -Baptiste, on lit : ecce agn" di^ [« Voici
l'Agneau de Dieu »] ; sur celui que tient saint
Jean , évangéliste : in pringipio erat ver 2
[c< Au commencement était le Verbe »]. Un
arbre, orné comme celui qui s'élève près de
saint François d'Assise, se dresse en arrière
de saint Antoine de Padoue, et couvre de ses
enroulements tout un côté de la voûte. Près
de ses racines est une date où l'on a cru re-
connaître le millésime 1295. En avant des
terrains qui forment le sol, le mosaïste a
figuré le fleuve de la Terre Sainte, le Jour-
dain, animé par des enfants qui se jouent sur
les eaux; les figures et les groupes sont la
répétition de ceux que l'on voit à Saint- Jean-
de-Latran, et l'on retrouve également ici,
vers le milieu, la montagne et l'enceinte du
paradis, deux cerfs se désaltérant; les qua-
drupèdes, les oiseaux, les poissons, représen-
tant les êtres créés qui peuplent la terre,
l'air et les eaux.
1. « Le lendemain, Jean ?it Jésus gai venait à loi, et il dit : Voici
TAgnean de Dieu, voici celui qui ôte les péchés du monde. » — Évan-
gile selon saint Jean, chap. i, 29,
2. « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et
le Verbe était Dieu. » — Évangile selon saint Jean, cbap. i, 1.
106 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
Les compositions qui décorent l'abside en
la partie qui règne au-dessous de la voûte,
entre les fenêtres, sont au nombre de sept.
La première, à gauche, est la Purification
d'Anne, mère de Marie^ qui est représentée
agenouillée devant le prêtre. La seconde est
Y Annonciation-^ la troisième, la Nativité.
Celle qui suit et occupe le milieu est plus
considérable; la Mort de la Vierge y est
figurée : Marie est étendue sur un lit, mou-
rant et, au moment où le Sauveur lui appa-
raît, entouré des chœurs des anges et des
habitants de la Jérusalem céleste. Le petit
enfant que Ton voit dans les bras de Jésus
est l'âme de sa mère qu'il reçoit et emporte
dans le séjour de l'immortalité. Les apôtres
et des disciples forment deux groupes sur les
côtés. Le quatrième tableau est V Adoration
des rois Mages. Le cinquième est la Purifia
cation de Marie ^ qui présente son fils au
temple, suivie de saint Joseph, et en présence
de la prophétesse Anne. Le personnage qui,
debout près de l'entrée du temple, fait seul le
sujet du septième tableau, est le vieillard Si-
méon qui vint au temple, le jour de la Purifica-
TREIZIÈME SIÈCLE. 107
tion, par un mouvement de l'esprit de Dieu...
et bénit Dieu en disant : « C'est maintenant,
Seigneur, que vous laisserez mourir en paix
votre serviteur, selon votre parole, puisque
mes yeux ont vu le Sauveur que vous nous
donnez... » — Évangile selon saint Luc,
chap. II.
Nota. Dans cette mosaïque, comme dans celle qui pré-
cède, tous les sainte sont nhiibés. Le peintre a donné aux
figures une grandeur en rapport avec le respect qui leur
est fîft : rimage de JéBUs-Christ est colossale; la mère de
Dieu, saint Jean le Précurseur, saint Jean rÉvangéliste ,
les sainls apôtres, Pierre, Paul et André ^ sont de grande
proportion; François fi 'Assise et Antoine de Patlouej cano-
nises au conimeTicement du siècle , et cofvsidéres comme
do moindres saints sont de denii-grandeur. Il en est da
mc^nie du pape Nicolas IV ^ qui est agenouillé et n'est pas
nimbé* Le peintre Jacques ih^ Torritïi et son compagnon
frère Jacques de Canierino, a genoux et humblenmnt incli-
oés sur leur travail , sont représentés plus petits encore*
108 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
SAINT-PIERRE AU VATICAN.
Sous LE PORTIQUE DE LA BASILIQUE DE SaINT-
PiERRE- AU -Vatican, la Nacelle (la Navicella),
reproduction de l'œuvre exécutée par Giotto,
en 1298^
Une barque, dont la voile est enflée par le
vent, est portée sur des eaux agitées et con-
tient onze apôtres dont les attitudes diverses
expriment Teff'roi; saint Pierre ^ marchant
sur les vagues qui s'enfoncent sous lui, étend
les mains vers Jésus-Christ qui le soutient 2.
1. « Jacques Stefaneschi, neveu de Boniface VIIl et petit -neveu de
Nicolas m, homme lettré et de bieu^ chanoine de Saint -Pierre,.... fit
faire par un très -fameux maître de ces temps, appelé Jatto Florentin,
une nacelle de mosaïque qui représente quand, les apôtres naviguant
et voyant le Christ marcher sur les eaux, saint Pierre se jeta hors de
la barque pour aller à sa rencontre.... Cette nacelle coûta à. ce cardinal
stefaneschi deux mille deux cents florins, comme il est noté dans le livre
des bienfaiteurs de cette basilique, écrit sur parchemin, en la biblio-
thèque, au fol. 87. » — Torrigio , le Sacre grotte Vaticane, p. 90.
2. « Jésus obligea ses disciples de monter dans la barque et de
passer à l'autre bord avant lui... Cependant la barque était fort battue
des flots au milieu de la mer, parce que le vent était contraire. Mais
à la quatrième veille de la nuit, Jésus vint à eux marchant sur la
mer. Lorsqu'ils le virent marcher ainsi sur la mer, ils furent troublés.
TREIZIÈJME SIÈCLE. 109
L'attitude calme du Sauveur, debout sur les
vagues qui le portent sans fléchir, contraste
avec la terreur de ses disciples. Les quatre
evangélistes sont disposés en deux groupes,
dans des nuages qui dominent la composition,
et au-dessous d'eux des démons soufflant vio-
lemment dans des trompes représentent la
fureur des vents et la rage des esprits malins
déchaînés contre la barque en péril , image
de la sainte Église sauvée par le Christ. Un
homme péchant à la ligne ^ placé à l'angle
gauche sur un pan de rocher, et des pois-
sons que l'on voit dans les eaux non loin de
lui, rappellent le miracle des cinq pains et
des deux poissons. Du côté opposé, l'on re-
marque , en prières aux pieds du Sauveur et
à demi caché par les eaux, le pape Clément X,
dont l'image fut mise en ce lieu par Orazip
et ils disaient : C'est un fantôme, et ils s'écrièrent de frayeur. Aussitôt
Jésus leur parla et leur dit: Rassurez-vous, c'est moi, ne craignez
point. Pierre lui répondit : Seigneur, si c'est vous , commandez que
j'aille à vous en marchant sur les eaux. Jésus lui dit : Venez, et Pierre
descendant de la barque marchait sur l'eau pour aller trouver Jésus.
Mais voyant un grand vent, il eut peur; et il commençait à enfoncer,
lorsqu'il s*écria : Seigneur, sauvez-moi. Aussitôt Jésus , lui tendant la
main, le prit et lui dit : Honmie de peu de foi, pourquoi avez-vous
douté? Et étant montés dans la barque, le vent cessa. » — Évangile
selon saint Mathieu, chap. xiv.
110 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
Mannetti, chargé par le pontife, en 1674,
de refaire la mosaïque de Giotto détruite par
le temps et de fréquents déplacements.
Nota. Baldinucci a tracé rhisiorique des remaniements
successifs qui ont fait vivre jusqu'à nos jours la composition
de Giotto^ en détruisant chaque fois quelque chose de
l'œuvre de ses mains : a On la voyait autrefois dans le pa-
ct radis ou atrium de la basilique, ainsi que nous Tavons dit.
a Paul V la fit transporter dans la muraille , au-dessus de
a Tescalier, le U août 1617, avec l'aide de Marcello Pro-
a venzale da Cento, qui refit de sa main la figure du pé-
a cheur, avec d'autres dans l'air, et la restaura en quelques
a places...^. Mais, comme en cet endroit elle était exposée
« à l'inclémence de l'air et se détruisait, le 12 juin 1639
a Urbain YIII la fit transporter dans Tintérieur de l'église,
a au-dessus de la porte majeure, où une autre inscription
a indiquait le nom du peintre et celui du pontife. Ensuite
a la mosaïque fut reportée par Innocent X au lieu o^ elle
a avait auparavant été placée par Paul Y. Plus tard^ Alexan-
a dre YII, ayant fait les nouveaux portiques, la fit lever,
a Cette œuvre vénérable était réduite au dernier degré
a de son existence, et déjà s'en était allée se consumant
a peu à peu, quand Clément X (1670-1676), de sainte mé-
a moire, la fit restaurer de la main d'Orazio Mannetti Sabin,
« ou pour mieux dire rejaire en entier^ pour la placer,
« d'après le dessin du Cav. Lorenzo Bernini, au-dessus
a de la porte du milieu, en dedans, en entrant dans le por-
a tique, exactement en face de la grande porte d'entrée de
a saint Pierre, d
C'est alors que dut être fait le carton qui se voit de nos
TREIZIÈME SIÈCLE. 111
jours dans l'église des Capucins; exécuté sans doute pour
retracer exactement Tœuvre en partie détruite du Giotto,
et comme une image fidèle^ transportable et qui pût rester
près des yeux du mosaïste pendant toute la durée de son
travail. Ce beau dessin a conservé assurément beaucoup
plus du caractère expressif et du style de Giotto^ que la
mosaïque modernisée et affaiblie d'Orazio Mannetti.
112 mosaïques chrétiennes.
MAISON DE LA SAINTE-TRINITÉ.
Sur la porte d'une ancienne maison de
rOrdre de la Sainte -Trinité et des Captifs,
située sur le mont Cœlius, près l'église de
Sainte-Marie-in-Dominica, un médaillon cir-
culaire, fond d'or, encadré et garanti par un
arc en marbre blanc que soutiennent des co-
lonnettes.
Le Rédempteur y est représenté assis , vu
de face, attirant à lui de l'une et l'autre main
des captifs qui sont debout à droite et à
gauche. L'un des captifs est blanc, porte une
croix et a des chaînes aux pieds; l'autre est
nègre et est chargé de fers. On lit autour du
médaillon que surmonte une croix : -f si-
GNVM • ORDINIS • SANCTAE • TRINITATIS • ET •
CAPTivoRVM • [« Signe de l'ordre de la Sainte
Trinité et des Captifs »]; sur le marbre, sont
gravés les mots : + magister iacobvs cvm
TREIZIÈME SIÈCLE. 113
FIGLIO SVO GOSMATO FEGIT HOG OPVS [« Maître
Jacques, avec son fils Cosmati, a fait cet ou-
vrage »].
414 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
SAINTE-MARIE-MAJEURE.
Dans la basilique de Sainte-Marie-Majeure,
un tableau votif, compris dans la décoration
du tombeau de Consalvo Rodrigo, évêque
d'Albe.
La Vierge Marie, m o ((xvitiqp Geou) [« la
Mère de Dieu »], y est représentée assise, te-
nant en ses bras Xenfant Jésus qui bénit. A
leurs pieds, est agenouillé Y évêque d'Albe.
Aux côtés de la Vierge sont placés, debout,
l'apôtre saint Mathias et saint Jérôme, doc-
teur de Téglise. Les noms de l'un et de l'au-
tre sont inscrits près de chacun d'eux : s^.
MATHIAS, s. lERONiM. Le premier tient de la
main droite un volumen déroulé où sont
écrits les mots : me tenet ara prior [« J'ap-
partiens d'abord à l'autel »]. On lit sur le vo-
lumen que porte le second : recvbo psepis ad
ANTRV [ce Ma couche est en un antre »],
Une inscription, gravée sur le marbre qui
TREIZIÈME SIÈCLE. 415
forme le soubassement du tombeau, fait
connaître le nom de l'artiste qui Fa exé-
cuté .:
+ HIC DEPOSITVS FVIT QVONDA ONS GVNSÀLVVS EPS ALBANÊn
ANÎÎ DNÎ M''GG''LXXXXV11II
+ HOC OP' ' FKC ■ lOHES MÂGHI COSME ClYtS ROMANVS
[a Ici a été déposé celui qui fut le seigneur GonxalvTj
évêque d'Albe^ Tan du Seigneur 1299. Jean, fils de maître
Cosme, ctloyen romain, a fait cet ouvrage* »]
146 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES
SAINTE-MARIE-SUR-MINERVE.
Dans Téglise de Sainte -Marie -sur -Minerve,
un tableau votifs compris dans la décoration
du tombeau de Guillaume Durante, évêque
de Mima.
La Vierge Marie ^ mp ôv ([xt^ttip ©eou) [« la
Mère de Dieu »], assise sur une chaise ornée,
tient en ses bras Xenfant Jésus. Guillaume
Durante est agenouillé et en adoration, sou-
tenu par un évêque que désigne une inscrip-
tion : s^. PRIVAT. Du côté opposé est saint
Dominique^ fondateur de Tordre des Frères
prêcheurs, debout, sous le costume de son
ordre.
On lit sur le marbre du tombeau, en la
partie qui forme le soubassement : + hoc est
SEPVLCRVM DNI GVILIELMI DVRATI EPI MIMATENSIS •
ORD • PRiE. + lOHS FILIVS MAGRI • GOSMATI • FEG •
HOC • OP. [« Ce tombeau est celui du seigneur
TREIZIÈME SIÈCLE. 117
Guillaume Durante, évêque de Mima, de
Tordre des Frères prêcheurs. Jean, fils de
maître Cosmati, a fait cet ouvrage »].
TREIZIÈME ET QUATORZIÈME SIÈCLES
SAINTE-MARIE-MAJEURE.
Sur la façade de la basilique de Sainte-
Marie- Majeure, a été conservée, derrière les
constructions modernes qui comprennent le
balcon d'où le saint Père donne la bénédiction
pontificale, une partie de Vancienne orne-
mentation. La composition supérieure porte le
nom de Philippe Rossuti; les quatre tableaux
qui sont au-dessous et forment un ensemble
architectural, fort élégamment disposé, re-
présentent les visions et les faits miracu-
leux qui précédèrent la construction de la
basilique libérienne . ie les crois de la main
de Gaddo Gaddi^ qui, comme on Ta déjà vu,
fut appelé à Rome^ l'an 1308.
1 . « Et aidant à finir qaelqnes histoires qui sont à la façade de
Sainte-Marie-Majenre, de mosaïque, il améliora d'autant le style et
TREIZIÈME SIÈCLE. 119
!• La partie supérieure. Jésus-Christ ^ bé-
nissant^ tenant de la main gauche un livre
où sont écrits les mots : ego svm lvx mvndi
QVi [« Je suis la lumière du monde qui... »],
est vu de face, assis sur un trône fort orné. Le
nom est écrit près de la tête en lettres grec-
ques, -iG- xc; un disque étoile forme une
auréole et un cadre à la figure entière, et
c'est près des pieds que Ton peut lire : phi-
Lipp'. RvsvTi • FECiT • HOC • ovs. [« Philippe
Rossuti a fait cet ouvrage »]. Quatre anges
entourent la gloire du Christ : deux sont re-
présentés dans les airs tenant des encensoirs,
deux sont agenouillés sur le sol et portent des
flambeaux. Les symboles des évangélistes,
portant le livre des évangiles, à demi cachés
par des nuages, sont disposés à la droite et
à la gauche du Sauveur, au-dessus de la
Vierge et des apôtres qui sont debout, de
l'un et l'autre côté , désignés par des inscrip-
tions. La Vierge Marie, mp (i^rivrip) [a la
Mère de Dieu »], est la plus rapprochée de son
divin fils; saint Paul suit, ses- pavlvs, ayant
s'éloigna un peu de la manièic grecque^ qai n'avait en soi rien de
bon. » — Vasari , Vie de Gaddo Gaddi.
iSO MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
une épée en la main droite, et en la gauche
un volumen déroulé où sont les mots : hihi
VIVE ic* [« Vis en moi, Christ »J. Vers l'extré-
mité gauche, est saint Jacques, ses. ugobvs.
Du côté opposé, saint Jean- Baptiste y ses
lOHES BAPSTA , (à demi caché par la retombée
d'un arc); saint Pierre, ses • petrvs, qui
porte en la main gauche un volumen sur le-
quel on lit : TV es xpc nu' dei vivi * [«Tu es
le Christ, le fils du Dieu vivant»]. Le dernier
est saint André, ses andreas.
2* Les visions et les faits miraculeux qui
précédèrent la construction de la basilique
libérienne, sont figurés dans quatre tableaux :
dans le premier, à gauche, est représenté le
pape LibériuSy couché et dormant; un
homme veille assis au pied du lit , et la tiare
est posée près de la tête ; la vision du pontife
est le sujet du motif supérieur où l'on voit
la Vierge Marie portant V enfant Jésus, sur
1. Que si nous sourîmes morts avec Jésus-Christ, nous croyons que
nous vivrons aussi avec Jésus - Christ. » — Épltre de saint Paul aux
Romains, chap. vi, 8.
2. « Simon-Pierre lui répondit : Nous croyons et nous savons que
vous êtes le Christ^ fils de Dieu. » » Évangile selon saint Jean^ cha-
pitre VI, 70.
QUATORZIÈME SIÈCLE. 121
des nuages et au milieu d'une gloire que sou-
tiennent quatre anges; les paroles qu'elle
adresse au pontife et le miracle qu'elle prédit,
sont rappelés par un ciel étoile d'où décou-
lent des neiges. L'inscription qui règne au-
dessous de la composition générale, les pré-
cise mieux encore : vit pp libio diges fag
M EGC 7 MOTE • SVPAGIO SI G NIX I DIGAT [« Quaud
la Vierge apparut au pape Libérius , disant :
Fais-moi une église sur la montagne, à l'en-
droit que la neige indique »]. Une action
semblable est représentée dans le tableau qui
suit; mais le personnage couché et dormant
est le patricien Jean; c'est sa femme qui
veille assise près de son lit, et un serviteur
endormi est penché sur un rideau qui couvre
le fond. Là encore, la Vierge Marie, ayant
Jésus dans ses bras, apparaît sur des nuages et
dans une gloire que soutiennent deux anges,
et l'inscription dit : + qn eadI nogte • ap-
PVIT • lOHI • , PATGIO • IDEM DICÊS • NONIS •
AVGvsTi [c< Quand la même nuit, elle apparut
à Jean le patricien disant de même, aux
noues d'août »]. Le sujet du troisième tableau
est le récit fait par Jean, le patrice, au pape
in MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
Libérius de la vision que tous deux avaient
eue. Le pontife est assis et bénit , Jean est
agenouillé, ainsi que trois personnages qui
l'accompagnent; on voit en dehors du palais
un jeune homme qui tient par la bride deux
chevaux. L'inscription dit : qv iohs • pat.
IVIT • AD • PAPA LIB'iV • P VISlÔi QVÂ VIDERAT
[c( Quand Jean le patricien alla chez le pape
Libérius à cause de la vision qu'il avait
vue »]. L'on voit, dans le quatrième tableau,
le pape Libérius en habits pontificaux qui,
de la main droite bénit, et de la gauche
désigne le champ consacré pour la construc-
tion de la basilique placée sous l'invocation
de la Mère de Dieu. Une neige abondante
tombe du ciel en s'échappant d'une gloire où
sont réunis le Christ et la Mère de Dieu :
xpoi, MP • ôv, que quatre chérubins entou-
rent. En arrière du pape Libérius, sont grou-
pés le patricien Jean^ un diacre tenant près
du pontife un parasol, un autre portant une
croix, des prêtres y des laïques, des femmes
et deux enfants. L'inscription est : + qv pp
< IOH'eS • pat • CV • CLRO POPO. ROM • RIVE
PSA • beat • V • IRVER...*. [« Qu€ind le pape
QUATORZIÈME SIÈCLE. 123
avec Jean, le clergé et le peuple romain,
consacre le lieu respectueusement à la bien-
heureuse Vierge »].
124 mosaïques chrétiennes.
SAINTE-MARIE-IN-TRASTEVERE.
Dans l'église de Sainte-Marie-in-Traste-
VERE, abside, au-dessous de la mosaïque du
XII® siècle, décrite page 80, une suite de six
compositions empruntées à V histoire de la
Vierge^ exécutées en 1351 par Pietro Caval-
lini, romain, mort en 1364^. Elles repré-
sentent : La Naissance de Marie. — V An-
nonciation. — La Nativité. — L'Adoration
des rois mages. — La Présentation au tem-
ple. — La Mort de la Vierge.
1® La Naissance de la Vierge. Sainte Anne,
mère de Marie, est couchée sur un lit de
repos; son nom y est inscrit : sca. anna.
Deux femmes s'approchent d'elle, l'une qui
tient une aiguière, l'autre présentant un bas-
sin. Une troisième, assise au pied du lit, sou-
tient l'enfant qui vient de naître, et de la
\ . Vasari, édition de Florence, 1846, t. ii, p. 81.
QUATORZIÈME SIÈCLE. 125
main gauche essaie le degré de chaleur d'un
baîn qu'une quatrième femme emplit en dé-
versant l'eau d'un vase qu'elle tient des deux
mains. Le nom de maria se lit près de l'en-
fant, et trois vers sont écrits au-dessous du
tableau :
HVMANI GENERIS SATOR ET QVI PARGERE LAPSIS
INSTITVIS ; MACVLAS VETERIS RVBIGINIS AVFER
ARGENTO. THALAMVS TIBI SIT QVO VIRGO REFVLGENS
[« Créateur du genre humain^ qui entreprends d'épar-
gner les déchus, enlève à l'argent les taches de Fancienne
rouille. Bénis la couche où resplendit la Vierge. »]
2' L'Annonciation. La Vierge Marie est
assise au centre d'un petit édicule fort élé-
gant; près d'elle est un vase d'où sort un lys,
et aussi une assiette de fruits. Vknge est
debout, parlant à Marie. On voit sur le fond du
ciel la tête de Dieu le père d'où s'échappent
des rayons qui enveloppent le Saint-Esprit
figuré par une colombe blanche. Les trois
vers inscrits au-dessous du tableau sont :
TVQUE SVPER CVNCTAS BENEDICTA PVERPERA : SALVE
VIRGVLA QVE SPONSVM NESCIS. QVAM GRATIA SACRI
FLAMINIS IRRADIAT • CELO MARIS ANNVE SIDVS
[a Et toi. Mère bénie par dessus toutes les mères, salut!
iî6 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
Vierge qui D*a8 pas connu ton époux. Toi qu'inonda de ses
rayons la grâce du souflDie sacré, dans le ciel, étoHe annuelle
de la mer. »]
3* La Nativité. La Vierge Marie, étendue
sur une sorte de matelas, est abritée par une
grotte qui contient un bœuf et un âne. L* en-
fant Jésus, emmailloté, repose dans une petite
crèche. Saint Joseph est assis vers l'angle
gauche. Non loin sont deux anges en adora-
tion; une étoile brille dans le ciel au-dessus
du Messie. En arrière et vers le haut de la
montagne, un ange tient de la main gauche
une banderole où sont inscrites les paroles
qu'il adresse à un berger : annvtio vobis
GAVDivM MAGNv[«je VOUS aunouce une grande
joie»]. Plus bas, un second berger assis, souf-
flant dans une corne, et près de lui, un chien,
des moutons, une chèvre. Au-dessous de la
Vierge est un petit édicule que désigne une
inscription : taberna meritoria^, en souvenir
de la maison qui occupa cet emplacement
1. Cétait le nom d'une maison existant sous l'empire^ pour recneillir
les soldats qui avaient bien mérité de la patrie. L'empereur Alexandre-
Sévère l'accorda aux chrétiens; ils y établirent un oratoire que Ton
croit avoir été la première église pnbUque de Rome.
QUATORZIÈME SIÈCLE. iî7
avant l'église. Les trois vers qui se lisent au-
dessous du tableau sont :
lAM PVERVM • lAM SVMMH: PATER POST TEMPORA NATYM
ACCIPIMVS • GENITVM • TIBI QVEM NOS ESSE COEVVM :
GREDIMVS HINC OLEI SCATVRIRE LIQVAMINA TÏBRIM *.
et plus bas, la date mgglgi, que je crois être
1351.
[a Père éternel, nous recevons Tenfant né après les temps,
et le croyons comme toi de toute éternité. Nous croyons
que du Tibre ont jailli des courants d'huile. »]
4"* L'Adoration des Mages. Deux hommes ^
richement habillés et couronnés, portant des
boites, sont inclinés; un vieillard agenouillé
présente un coffret à V enfant Jésus, que
Marie, assise, tient en ses bras. Saint Joseph
est debout près de Marie, et une étoile brille
1. Baronius et d'antres écrivains ecclésiastiques disent qne Téglise
de Sainte-Marie-in-Trastevere, située près du Tibre, sur remplace-
ment de la Tabenia Meritoria, fut érigée en un lieu déjà sanctifié par
le miracle d*une fontaine d'huile qui en jaillit spontanément dans la
nuit de la Nativité. Ce miracle est rappelé par plusieurs inscriptions
qui se lisent dans Téglise. L'une d'elles :
IN HAC PRIMA DEI MATRIS MHZ
TABEBMA OLIH HBRITORU
OLE! FONS E SOLO ERVMPENS
CHRISTI ORTVM P0RTEND1T.
128 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
dans le ciel au-dessus du Messie, On lit au-
dessous de cette composition :
GEirriBVS IGNOTVS STELLA DVCE N0SC1T?R INFAMS
IN PRESEPE JACENS CELI TERRE Q PROFYNDl
CONDITOR ATQ HAGI MYRRAM THYS ACGIPIT ATRYM
[a Inconnu aux nations, l'Enfont est désigne par l'étoile
conductrice. Celui qui a créé le ciel, la terre et les pro-
fondes abîmes gtt en une crèche. H reçoit la myrrhe^ Ten-
cens et Tor du Mage, d]
5* La Présentation au Temple. Marie, sui-
vie de saint Joseph qui porte deux colombes
blanches, remet Yenfant Jésus au grand-
prêtre. Derrière celui-ci est Anne la prophé-
tesse. On lit au-dessous de ce tableau :
+ SISTITVR IN TEMPLO PVER ET SIMEONIS IN VLNAS
AGGIPITUR GVI DANDA QVIES NAM LVMINA SERVI
GONSPEXERE DEYM GLARVM JYBAR OMNIBVS ORTVM
[a L'Enfant est porté dans le temple et reçu dans les bras
de Siméon, dont l'âme soit en paix, car les yeux du servi-
teur ont vuTéclat de Dieu, astre qui se lève pour tous. »]
6* La Mort de la Vierge. La mère de Dieu
est étendue sur un Ut. Jésus-Christ lui appa-
raît au moment de la séparation de Tâme,
figurée par un Jeune enfant que le Christ
tient en ses bras. Deux^nges sont aux côtés
QUATORZIÈME SIÈCLE. ' 129
cle la gloire qui enveloppe le Sauveur. A la
tête du lit est saint Pierre agitant un encen-
soir; au pied, ^am/ Paw/ essuyant ses larmes.
D'autres apôtres et diisciples de Jésus-Christ
sont groupés, de l'un à l'autre, dans des atti-
tudes qui expriment la douleur. Les trois
vers inscrits au-dessous de ce dernier tableau,
sont :
AD SVMMYM REGINA THRONVM DEFERTVR IN ALTYN
ANGELICIS PRELATA CHORIS CVI FESTINAT IRE
FILIVS OCCVRRENS • MATREM SVpER AETHERA PONIT :
[a La Reine est transportée sur le trône sublime, portée
par les chœurs des Anges; son fils se hâte, se présente,
place sa mère dans les cieux. »]
Au-dessous de cette suite de tableaux, et en
la place qui correspond au trône épiscopal,
est une image de la mère de Dieu, -mhp.
ov- vue jusqu'aux genoux, tenant en ses
mains V enfant Jésus. Sur les côtés sont repré-
sentés saiîit Paul et saint Pierre^ tous deux
debout, l'un tenant une épée et un livre, le
second un livre de la gauche, tandis qu'il
appuie la main droite sur la tête d'un per-
sonnage agenouillé, dans la pose consacrée
130 mosaïques chrétiennes.
pour les donateurs. Une inscription se lit sur
le fond :
VIRGO DEVM COPLEXA SINV
SERVANDO PVDOREM
VIRGINEYM MATRIS FVNDANS
PER SECVLA NOMEN
RESPICE COMPTNCTOS ANIMOS
MISERATA TVO
[a Vierge^ qui as contenu un Dieu en ton sein^ en gardant
ta pudeur^ établissant de par les siècles le nom vii^inal
de Mère^ reçois en ta miséricorde nos cœurs pleins de
componction. »]
puis Fécusson * du donateur, et son nom :
BERTOLE.
1. De gueules, à trois fasces d'argent chargées de six croissants du
chef, trois, deux, un.
SEIZIÈME SIÈCLE
SAINTE-CROIX-EN-JÉRUSALEM.
Dans la basilique de Sainte-Croix-en-Jéru-
SALEM, qui fut fondée par Hélène, mère de
Constantin, en l'honneur de la sainte croix
que cette princesse retrouva miraculeusement
à Jérusalem, et consacrée par le pontife saint
Sylvestre , la voûte d^une chapelle souterraine
dédiée à sainte Hélène. Ces mosaïques sont
attribuées à B. Perruzzi, + 1537.
Au centre est l'image en buste de Jésus-
Christ qui tient un livre où sont écrits les
mots : EGO svM lvx mvndi. a et ft * [c< Je suis
la lumière du monde, le commencement et
la fin»]; au-dessus est un chœur de petits
Anges : l'un frappe un triangle, un autre
joue de la guitare, un troisième chante en
lisant dans un livre, un quatrième souffle
1. «Je suis l'alpha et Toméga, le commencement et la fin, dit le Sei-
gneur, qui est, qui était et qui doit venir, le Tout-Puissant. » — . Apo-
calypse de saint Jean, cliap. i, 8.
132 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
dans deux flûtes; on en voit un autre qui
frappe des cymbales, et deux en arrière
qui suivent le concert. Autour est une cou-
ronne formée par des têtes de chérubins.
Les figures en pied des quatre Évangélistes^
accompagnés des animaux symboliques, sont
disposées dans des médaillons ovales qui se
rattachent diagonalement au cercle central.
Saint Jean est assis sur des nuages, prêt à
écrire en un livre; Fâigle est à ses pieds.
Saint Mathieu est en une pose semblable,
et l'Ange posé près de sa tête semble lui dic-
ter ce qu'il écrit. Saint Marc lit; le lion est
couché sur les nuages. Sain f Luc est de même
assis et lisant, et le bœuf est posé en arrière
sur les nuages. Quatre tableaux, dont les
figures sont de petite proportion, remplissent
les intervalles entre les Évangélistes; les faits
qui ont précédé, accompagné et suivi l'Inven-
tion de la sainte Croix y sont représentés * :
1. La mère de Constantin s'étant rendue à Jérasalem et y cherchant^
sous l'inspiration de Dieu , les saintes reliques de la passion , trouva
trois croix renversées et le titre de la croix de Jésus-Christ, qui avait
été détaché. Rien ne permettait de distinguer Tune des autres; saint
Hélène les fit transporter sur la place de Jérusalem, se confiant en la
grâce de Dieu. Or en ce moment même passait une troupe d*hommes
qui allaient enterrer un mort hors des murs de la ville. Ce moi t fut
SEIZIÈME SIÈCLE. 133
1° Le débarquement en Terre-Sainte. Sainte
Hélène est sortie du navire que Ton aperçoit
sur le rivage, et deux hommes opèrent le
débarquement. Trois croix dressées sur une
montagne indiquent le Calvaire et rappellent
le pieux motif du voyage de l'impératrice
Hélène; 2^ le contact de la croix de Jésus-
Christ ressuscite un mort. Le mort, placé
sur la croix qui est couchée à terre, se sou-
lève, et Hélène lui tend la main; non loin
est Judas Simon ^ emportant une croix, qui
est celle de l'un des larrons. Trois hommes
assistent, et près d'eux est un enfant; 3** la
croix est portée à Rome. Un cavalier^ ayant
sur la tête la couronne, porte la croix et
se dirige vers la ville, en suivant un che-
min couvert de tapis et jonché de fleurs. Uu
soldat court en avant et des hommes d'armes
à cheval forment un cortège en arrière ;4^ Vado-
ration de la croix. Une croix gemmée se dé-
tache dans le ciel sur un fond d'or; des têtes
de chérubins sortent des nuages qui l'entou-
l'instrument choisi pour faire connaître la vérité. Deux croix furent
approchées de lui sans succès, le contact de la troisième le rappela à
a vie. — Extrait d'une lettre de Paulinius.
1. Il fut dans la suite consacré et fait évèque de Jérusalem.
134 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
reiit. Sur les terrains qui sont au-dessous,
deux pontifes sont en contemplation, et l'un
d'eux, dont la tête est coiffée d'une tiare , est
le pape saint Sylvestre. Sainte Hélène et une
autre femme sont placées à droite, à genoux
et en adoration. — Les encadrements sont
composés d'élégants rinceaux, auxquels sont
mêlées quelques figures de génies et des
paons au riche plumage.
Les sofïîtes des arcs qui correspondent à la
fenêtre et à la porte d'entrée sont décorés d'un
médaillon circulaire, de deux grandes figures
debout, et d'élégantes arabesques. Sur l'un
est figuré, par \ Agneau paschaly le sacrifice
de Notre Seigneur Jésus-Christ, et les deux
figures qui l'accompagnent sont les apôtres
Pierre et Paul^ désignés par les inscriptions
s. PETRus, s. PAULus. Le premier tient en la
main droite une croix d'argent et une clef
d'or, et en la gauche un livre; le second,
une longue épée dont la pointe touche la
terre, et aussi un livre. Sur l'autre soflite
(celui qui surmonte la porte) : au milieu, la
réunion des instruments de la passion; l'une
des grandes grandes figures représente le
SEIZIEME SIECLE. 135
pape saint Sylvestre vêtu du costume ponti-
fical, OD lit sur la base : s. silvest, l'autre
est la mère de Constantin, sainte Hélène^
désignée par son nom : s. helena. La grande
croix que porte cette princesse rappelle qu'elle
alla chercher à Jérusalem et apporta à Rome
l'instrument sacré de la mort de Jésus-Christ.
Elle appuie la main droite sur un prélat age-
nouillé qui est Bernardin Carvajal, Espagnol.,
cardinal créé par Alexandre VI , plus tard titu-
laire de Sainte-Croix-en-Jérusalem, qui res-
taura l'église et l'orna de mosaïques*.
1. Fuiielti rapporte une inscription qu'il dit avoir existé de son
temps dans l'église : « fornigem ipsym ac figvras mysivas denyo ab
INSTAR PRIORYM REFECIT. »
136 MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
SAINTE-MARIE-SCALA-CCELI.
Dans l'église de Sainte-Marie-Sgala-Cceli ,
(aux trois fontaines) érigée sur le cimetière
de Saint -Zenon, renouvelée par le cardinal
Alexandre Farnèse en 1584, une voûte en
arrière de Tautel, exécutée par Francesco
Zucchio, Florentin, sur le dessin de Jean de
Vecchis.
La Vierge Marie y est représentée tenant
Y enfant Jésus qui bénit; trois têtes de ché-
rubins sortent des nuages qui la portent, et
deux Anges volant dans les airs suspendent
une couronne au-dessus de la tête de la Reine
des cieux.
Sur le terrain qui règne au-dessous sont
placés : le pape Clément VIII ^ Aldobrandini,
agenouillé, ayant la tiare pontificale près de
ses pieds; saint Anastase martyr, debout,
tenant une palme de la main gauche; saint
Bernard^ abbé; saint Zenon ^ guerrier et
SEIZIÈME SIÈCLE. 137
martyr; saint Vincent, l'un des plus illustres
martyrs de l'église d'Espagne, portant une
palme et un livre. Le dernier personnage à
droite, agenouillé, ayant près de ses pieds le
chapeau insigne de la dignité ecclésiastique,
est le cardinal Pierre Aldobrandini. Sur un
caillou que l'on voit près de saint Zenon, est
inscrite une date que je crois être 1594.
FIN
TABLE
DES BASILIQUES ET DES ÉGLISES DE ROME
SUIVANT l'ordre CHRONOLOGIQUE
qui a été observe dans la description des mosaïques chrétiennes qu'elles contiennent.
Pages.
Inirodiictiou va xxx
DESCRIPTION.
Saiute-Gonstance, mosaïques du iv« siècle 1
Sainte-Sabine, mosaïque du v« siècle \
Saînte-Marie-Majeure, mosaïques du v® siècle G
Saint-Paul-hors-les-MurSi mosaïque du v« siècle (repioducliou
d'une) 18
Saint- Jean Tévangéliste (oratoire de), mosaïque du v« siècle. . . 2i
Saints Cosme et Damien, mosaïques du vi» siècle 24
Saint-Laarent-hors-les-Murs, mosaïque du vi« siècle 29
Sainte -Agnès, mosaïque du vii« siècle , . . . 33
Saint- Venance (oratoire de), mosaïques du vu® siècle 36
Saint-Étienne, mosaïque du vn« siècle 40
Saint-Pierre-aux-Liens, mosaïque du vii« siècle 42
Sainte-Marie-in-Gosmedin, mosaïque du viii» siècle 43
Saint-Théodore , mosaïque du VII i« siècle 46
Sainte-Pudentienne,mosaïqueduviiie siècle 48
Triclinium-du-Latran, mosaïque du viii« siècle. ( Repi-oiluc-
tion du) 50
Saints Nérée et Archillée, mosaïque du ix® siècle 57
Sainte-Marie-de-la-Nacelle, mosaïque du IX» siècle 59
Sainte-Praxède, mosaïques du ix« siècle 62
liO TABLE CHRONOLOGIQUE.
Pages.
Sainte-Cécile, mosaïque du IX* siècle . 72
Sàinte-Françoise-Romaine^ mosaïque du ix« siècle 76
Sainte-Marie-in-Trasteyere, mosaïques du xii« siècle 78
Saint-Paul-hors-les-Murs, mosaïques du xui« siècle 86
Saint-Clément, mosaïques du xiii« siècle 89
SaintrJean-de-Latran , mosaïque du xm« siècle 95
Sainte-Marie-Majeure, mosaïque du xiii« siècle J02
Saint-Pierrfr^u -Vatican, mosaïque du xui« siècle 108
Maison de la Sainte-Trinité, mosaïque du xin« siècU*. . . 112
Sainte-Marie-Majeure, mosaïque du xni« siècle 114
Sainte-Marie-sur-Minerve, mosaïque du XIII» siècle 116
Sainte-Marie-Majeure, mosaïques des XII i« et xiv« siècles. ... 118
Sainte-Marie-in-Trastevere, mosaïque du xiv« siècle 124
Sainte-Croix-en-Jérusalem, mosaïque du xvi« siècle 131
Sainte-Maric-Scala-cœli, mosaïque du xyi« siècle 130
TABLE ALPHABETIQUE
DES BASILIQUES ET DES ÉGLISES DE ROME
CONTENANT DES MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.
Pages.
Agnès (Sainte ). La voûte hémisphérique de V abside, vu* siècle. . . 33
Cécile (Sainte). La voûte de V abside ix^ — 72
Clément (Saint). La voûte de V abside et Varc en
avant de la tribune xiii« — 89
Constance (Sainte). Deux compositions sacrées . . iv« — 1
Cosme*et-Damien (Saints). Lare et la voûte de
V abside vi* — 24
Groix-en-Jérasalem (Sainte). La voûte dune cha-
pelle souterraine, xvi« — 131
Etienne (^\iA), La voûte d un autel • vii« — 40
Françoise-romaine ( Sainte). La voûte de V abside., jx» -r- 76
Jean-rÉvangéliste (oratoire de Saint). La décora-
tion de la voûte Y« — 22
Jean-de-Latran i Saint). Ir'a65tde xiiie — 95
Latran (Tricliniom du). Un arc et une voûte.
Reproduction du viii* — 50
Laurent-hors-les-Murs (Saint). Le grand arc. . . vi« — 29
Marie-in-Cosmedin (Sainte). Un tableau en mo-
sciique viii« — 43
Marie-Majeure (Sainte). Le grand arc en avant
de r abside v® — 6
— Nef y deux suites de tableaux v« — 12
— La décoration de V abside xiii« — 102
— Un tableau votif. xiii« — 114
— Une partie de Fancienne ornementation
de la façade ^ xm« et xiv« 118
i'
UNIVERSITY OF MIÇHIQAN
i
3901506279 2778^^^^^
MAY 11 1933
LiBRARY